Équipe de France : les enseignements à tirer de la première liste de Didier Deschamps en 2019

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FOOTBALL - Ce jeudi, le sélectionneur des Bleus a livré sa première liste de l’année, en vue du déplacement en Moldavie, le 22 mars, et de la réception de l’Islande, le 25, pour le compte des éliminatoires de l’Euro 2020. Et a expliqué ses choix.

Après la douce euphorie qui a enveloppé l’automne 2018 et les matchs à enjeu (relatif) de la Ligue des nations, conclus par une élimination sans tristesse des Bleus dès la phase de groupes (devant l’Allemagne mais derrière les Pays-Bas), 2019 marque le retour dans le dur pour les champions du monde en titre. L’année 2019 n’est en effet rien d’autre qu’un long tunnel de dix matchs de compétition, durant huit mois, comptant pour les éliminatoires de l’Euro 2020. Huit mois avec au programme, pour commencer, un déplacement inédit en Moldavie le 22 mars, puis la réception, trois jours plus tard au Stade de France, d’une Islande qui avait donné du fil à retordre (2-2) en octobre dernier en amical.

Pour ces deux rencontres, le sélectionneur de l’équipe de France, Didier Deschamps, a livré, ce jeudi après-midi au siège parisien de la Fédération française de football (FFF), une liste de 23 joueurs faisant la part belle à la stabilité, l’idée étant de ne pas rater le démarrage de cette nouvelle campagne qualificative en cherchant de nouveaux repères. Toutefois, confronté à de nombreuses défections ainsi qu’au déclin progressif de certains, le coach a renouvelé son groupe à la marge, ce qui indique quelques tendances pour les mois à venir. Passage en revue.

Au poste d’arrière gauche, tout à rebâtir

Les deux latéraux gauche champions du monde, Lucas Hernandez et Benjamin Mendy, sont blessés, comme le Lyonnais Ferland Mendy, nouvel appelé de l’automne qui a dû quitter ses partenaires en cours de match mercredi soir à Barcelone (5-1) en Ligue des champions. Ce qui a contraint Deschamps à faire de nouveau confiance à Lucas Digne, et à faire appel à… Layvin Kurzawa, actuellement remplaçant de Juan Bernat au PSG. Un choix par défaut ?

L'explication du coach :

"Non, ce n'est pas un choix par défaut. C'est quelqu'un qui était encore avec nous en novembre 2017 puis qui a connu un gros trou avec sa blessure. Il est en train de revenir et de montrer des choses intéressantes même si, évidemment, il profite du fait qu’il y ait moins de concurrence actuellement avec toutes les blessures... Layvin connait le groupe, il n'est pas encore au maximum mais on a vu récemment en Ligue 1 qu’il est sur le bon chemin. Il a eu des expériences de vie à travers sa blessure, il est devenu papa, peut-être qu’il a gagné en maturité, ce qui peut influencer son attitude sur le terrain. Il sait qu’il a fait des erreurs, à lui de mettre tous les atouts de son côté pour s’exprimer au mieux sur le terrain."

En défense centrale, au revoir Rami, rebonjour Umtiti

Adil Rami avait annoncé sa retraite internationale dès le 15 juillet au soir, mais le sélectionneur n’a rien voulu entendre et a continué de le convoquer. Mais c’était avant qu’une succession de blessures et son "burn out" (le mot est de lui) ne viennent empoisonner sa saison. En conséquence de quoi le défenseur marseillais de 33 ans, qui n’a pas joué une minute en 2019, ne reverra sans doute plus les Bleus. Comme fin 2018, Kurt Zouma fait le nombre à sa place dans la liste, ce qui devrait durer.

En parallèle, les Bleus enregistrent toutefois un retour bienvenu, celui de Samuel Umtiti, après plus de cinq mois d’absence (en raison d’une blessure à un genou), bien que le défenseur du FC Barcelone n’ait pas recouvré l’intégralité de ses moyens physiques, ce qui dit toute son importance aux yeux du coach. Lequel avait pourtant été tenté de convoquer Clément Lenglet, titulaire en lieu et place d’Umtiti ces derniers mois avec le Barça... L’ex-Sévillan attendra donc. Presnel Kimpembe et Raphaël Varane conservent, eux, logiquement leur place.

L'explication du coach :

"Je suis toujours dans la réflexion. Sam est avec nous depuis un moment, il retrouve une bonne condition physique, même si l’enchaînement des matchs est certainement précoce pour lui, mais il n'a pas de souci athlétique. Il a une maîtrise du haut niveau, une expérience, par rapport à Clément Lenglet, qui jouent pour lui. Dans ma logique, l'expérience et le vécu ont un poids toujours important, pour maîtriser des événements propres au football international."

Au milieu, au revoir Nzonzi, rebonjour Sissoko

On l’a peu souligné, mais l’entrée en jeu de Steven Nzonzi, pour remplacer un N’Golo Kanté à côté de ses crampons, avait été déterminante en finale de la dernière Coupe du monde. Mais cela ne lui donne aucun passe-droit. La preuve : Deschamps l’a sorti de sa liste pour la première fois depuis le sacre estival, préférant s’appuyer sur un Moussa Sissoko en pleine forme cette saison avec Tottenham, et le jeune Tanguy Ndombele, véritable pari sur l’avenir, pour suppléer l’inamovible trio Matuidi-Kanté-Pogba, tandis que Corentin Tolisso continue de se remettre de sa blessure au genou.

L'explication du coach :

"Tanguy fait partie de la génération Espoirs mais avec nous il a tout de suite démontré son aisance. Il a une marge de progression, notamment dans la régularité, mais c'est un joueur qui a vraiment un potentiel important. Au milieu, il y a beaucoup de concurrence. Steven a montré de très bonnes choses avec nous mais c’est plus compliqué pour lui ces derniers temps avec la Roma, qui a récemment changé d'entraîneur..."

En attaque, pas de remise en cause de Giroud

Le récent repositionnement de Kylian Mbappé à la pointe de l’attaque du PSG, et ses statistiques (29 buts en 33 matchs), ont conforté le sélectionneur dans son idée que le Parisien peut tout à fait tenir le rôle de doublure au poste de n°9 chez les Bleus. Résultat : ni Wissam Ben Yedder, ni Alexandre Lacazette, ni même Alassane Pléa, ne reviennent dans le groupe, malgré leur excellente forme cette saison. Car l’avant-centre titulaire de l’équipe de France reste son meilleur buteur en activité (33 réalisations), Olivier Giroud, malgré un temps de jeu toujours plus famélique avec Chelsea. Dans le secteur offensif, un seul changement est à noter : Ousmane Dembele, forfait, cède sa place à Anthony Martial, un autre revenant.

L'explication du coach :

"Kylian peut occuper tous les postes offensifs, dans différents systèmes. Dernièrement il a plus joué en pointe avec le PSG mais dans une animation différente de la nôtre. Dans cette position il a moins d’espace, se retrouve dos au but, tout dépend des matchs, mais ce n'est pas un souci, plutôt une richesse pour moi. Wissam et Alex font de très bonnes choses, ça complique mes choix, mais leur profil est différent de celui de Giroud, qui a moins de temps de jeu mais s’appuie sur ce qu’il a fait avec nous. C’est difficile, je ne peux pas en prendre trois à ce poste-là. Cette liste, c’est juste la vérité d’aujourd'hui, ce n'est pas irrémédiable. Il faut qu'ils continuent."


"Anthony fait toujours partie de ce groupe. Parfois je ne l’ai pas pris parce qu'il a connu de petits soucis physiques mais quand il est en pleine possession de ses moyens et avec une agressivité suffisante, il a une faculté à créer des différences avec beaucoup de vitesse et de percussion. Comme d’autres, il a des périodes un peu moins bonnes, mais ses qualités spécifiques sont très intéressantes."

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