Équipe de France : pourquoi Didier Deschamps ne peut pas se passer de Moussa Sissoko

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FOOTBALL – La liste de joueurs annoncée ce jeudi par le sélectionneur de l’équipe de France, Didier Deschamps, en vue des deux derniers matchs de qualification pour la Coupe du monde 2018 (en Bulgarie le 7 octobre, face à la Biélorussie le 10), ne contient qu’une (petite) surprise : le retour de Moussa Sissoko. Un éternel revenant.

"Il doit montrer à l'entraînement qu’il mérite sa place. Parce que le club a payé le joueur cher, je dois le faire jouer ? Non, il a besoin de travailler dur." Ainsi parlait Mauricio Pochettino le 27 novembre 2016. L’entraîneur de Tottenham venait d’être interrogé au sujet de l’absence de Moussa Sissoko, recruté pour 35 millions d’euros l’été précédent. Un été débuté en fanfare par le milieu de terrain, devenu un titulaire indiscutable de l’équipe de France, au point d’avoir été désigné meilleur joueur de la finale de l’Euro 2016. Cette incompréhension avec son coach en club l’a éloigné des Bleus pendant de longs mois. Jusqu’à ce jeudi, et l’annonce par Didier Deschamps de la liste pour les matchs éliminatoires cruciaux en Bulgarie et face à la Biélorussie.

Moussa Sissoko revient parce que sa situation a changé.Didier Deschamps ce jeudi

Il faut rappeler que Moussa Sissoko était déjà revenu une fois dans le groupe France durant sa traversée du désert, et cela avait surpris pas mal de monde. Mais sa prestation très décevante en Suède (défaite 2-1) semblait avoir sonné le glas… Et voilà que le sélectionneur le convoque de nouveau ! Cela s’explique, d’abord, par l’absence de Paul Pogba, blessé aux ischio-jambiers. Mais aussi par les cinq derniers matchs de Tottenham, que l’ex-Toulousain a tous débutés comme titulaire. "Moussa revient parce que sa situation a changé, a en effet expliqué Didier Deschamps lors la conférence de presse de ce jeudi. Avant il manquait de rythme. Là, il est plus utilisé en club, à différents postes d’ailleurs. Il m’offre une option supplémentaire."

Quand je suis sur le terrain, les autres milieux se sentent plus en sécurité.Moussa Sissoko, durant l'Euro 2016

Rappelons que, durant l’Euro, que ce soit dans l’axe du milieu ou sur l’aile droite, Moussa Sissoko avait à lui seul rééquilibré tactiquement une équipe de France bancale. "J’apporte une certaine sécurité. Je suis un joueur qui peut très bien défendre et se projeter en contre-attaque. Je peux aussi faire la différence par ma puissance, nous avait-il confié durant le tournoi. Je pense que, quand je suis sur le terrain, quel que soit le poste, les autres milieux se sentent plus en sécurité. Ils peuvent se libérer et se projeter plus vers l’avant, comme ils aiment, parce qu’ils savent que je suis milieu relayeur de métier, et que je peux compenser leurs déplacements."

Cette polyvalence, cet alliage de vitesse et de puissance, cette capacité à remporter les duels défensifs et à dévorer les espaces ballon au pied, cette lecture du jeu en fonction des courses de ses partenaires, cette adaptabilité à plusieurs schémas tactiques, font toute la rareté de Moussa Sissoko. En outre, le contexte plaide pour sa présence. "Par rapport au combat qui nous attend en Bulgarie, une équipe qui joue avec beaucoup d’intensité et d’agressivité, il peut aider", a ainsi souligné Didier Deschamps. Qui est aussi bien placé pour savoir que, quand la pression de l’élimination se fait sentir, l’expérience des matchs couperets en sélection est précieuse. Surtout dans un groupe considérablement rajeuni depuis l’Euro.

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