Équipe de France : qui est Mattéo Guendouzi, le nouveau chouchou de Didier Deschamps ?

Équipe de France : qui est Mattéo Guendouzi, le nouveau chouchou de Didier Deschamps ?
Football

BLEUS – Pour remplacer Blaise Matuidi, blessé, le sélectionneur Didier Deschamps a décidé de rappeler à sa place le joueur d'Arsenal Mattéo Guendouzi, convoqué initialement avec les Espoirs, comme en septembre lorsqu'il avait fallu remplacer Paul Pogba. Qui ça ?

Dans notre époque toujours plus visuelle, l’apparence, plus qu’autre chose, nous distingue, nous fait remarquer. Inconnu au bataillon au moment de son transfert de Lorient à Arsenal à l’été 2018, Mattéo Guendouzi, 20 ans aujourd’hui, a ainsi vite crevé l’écran en déboulant sur les pelouses de la Premier League anglaise, non pour sa facilité déconcertante ballon au pied, mais plutôt pour son épaisse touffe de cheveux frisés évoquant son coéquipier brésilien David Luiz ou, pour les plus anciens, Tahiti Bob, l’un des méchants emblématiques du dessin animé "Les Simpson".

On a revu cette forêt bouclée, agitée par le vent glacial soufflant sur le centre technique national de football Fernand-Sastre de Clairefontaine, lundi soir, lors du premier entraînement de l’équipe de France masculine visant à préparer les deux derniers matchs des éliminatoires de l’Euro 2020, face à la Moldavie ce jeudi, puis en Albanie dimanche. Le jeune milieu, initialement convoqué chez les Espoirs (moins de 21 ans), était déjà là. Il a fait, comme en septembre, la navette jusqu’au château de l’équipe A, pour pallier cette fois le forfait de Blaise Matuidi, après avoir remplacé numériquement Paul Pogba il y a deux mois. Dit autrement : petit à petit, l’oiseau fait son nid.

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L’œuf a éclos non loin de Clairefontaine, à Poissy, dans ce même département des Yvelines, à la toute fin du XXe siècle. Sorti de la catégorie Poussins dans sa ville natale, il ne s’éloigne pas du secteur, atterrissant au centre de formation du PSG, à Saint-Germain-en-Laye. Et puis, au bout de sept ans, en 2014, il s’envole pour un autre centre, celui de Lorient, avant même que sa formation ne soit achevée. "C’était pour essayer d’avoir du temps de jeu le plus vite possible. Après il y avait des particularités par rapport à son profil, il était relativement frêle à l’époque et Paris s’appuyait plus sur des profils athlétiques, notamment Boubakary Soumaré maintenant à Lille, qui était en concurrence avec Mattéo et qui passait avant lui", a expliqué, a posteriori, son agent Philippe Nabe, sur RMC.

L'"intime conviction"

Le jeune Mattéo Guendouzi, qui savait donc déjà ce qu’il voulait, et ce qu'il valait, prend même une petite revanche sur le PSG dès 2015, en étant sacré champion de France U17 (moins de 17 ans) avec Lorient après avoir battu son ancien club en finale. Il continue de franchir les étapes à grande vitesse (cheveux au vent) et débute chez les professionnels en octobre 2016, à 17 ans à peine. Puis devient titulaire de l'équipe première la saison suivante, après la relégation du club en Ligue 2. Tous évoquent alors sa "maturité", dans l’hygiène de vie comme dans la vision du jeu, lui permettant de compenser son déficit physique.

Une "maturité" qui n’empêche pas quelques coups de sang, comme celui du 24 novembre 2017, quand, à la mi-temps d’un match contre Valenciennes, il s’en prend verbalement à plusieurs de ses coéquipiers, pas assez actifs à son goût, ce qui lui vaudra une mise à l’écart pour "raisons disciplinaires", selon les termes de son entraîneur d’alors, Mickaël Landreau, joint par LCI, mais qui n’a pas souhaité s’exprimer sur le joueur. Il faut dire que le dossier est sensible : d’autres incidents de vestiaire surviennent (en avril 2018, par exemple, il reproche à son coach de l'avoir laissé au repos), provoquant de vives tensions entre l’entourage de Mattéo Guendouzi et la direction du club breton. Laquelle devra bien se résoudre à le vendre, sous peine de le voir filer à la fin de son contrat, c'est-à-dire gratuitement.

Cette impulsivité caractérielle (qu’on a revue à travers l’invraisemblable plaquage ci-dessus) ne retient pas Arsenal de miser 8 millions d’euros sur lui. Ce que les Gunners n’ont pas eu à regretter. Au contraire : dans une équipe à la dérive, l’élégant milieu surnage, avec une constance remarquée. "Si on lui montre ses défauts, ça ne lui fait pas plaisir, mais il va les corriger très vite", expliquait à l'AFP Régis Le Bris, le directeur du centre de formation de Lorient. Et de fait, Sylvain Ripoll, le sélectionneur des Espoirs, loue son "état d'esprit irréprochable" depuis un an... Le principal intéressé, lui, n'a toujours pas froid aux yeux. "J'avais l'intime conviction qu'un jour je serais en équipe de France, clamait-il dans L’Équipe en septembre, après sa première convocation. Ce n'est pas une fin en soi mais le début de très grandes choses, j'espère." Didier Deschamps aussi.

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