Équipe de France : Samuel Umtiti et Adrien Rabiot, jeunes mais (légitimement) ambitieux

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FOOTBALL – Longtemps, la hiérarchie entre titulaires et remplaçants a paru figée chez les Bleus de Didier Deschamps. Mais aujourd’hui, le sélectionneur se doit de préparer l’avenir, qui arrive à grands pas, à savoir la Coupe du monde 2018. Titulaires dans de grands clubs, Samuel Umtiti (22 ans) et Adrien Rabiot (21 ans) ont les dents qui rayent le gazon. Ils ont bien raison.

La valeur, paraît-il, n’attend pas le nombre des années. Et le temps de jeu ? Longtemps, Didier Deschamps a privilégié l’expérience et la logique de groupe, pour accélérer la construction d’automatismes dans son équipe de France. Mais la donne a changé. Forts d’un statut de vice-champions d’Europe, acquis grâce à un vécu commun de quatre ans, les Bleus avancent désormais avec assez de certitudes pour voir plus loin que les deux prochains matchs, en l’occurrence face à la Suède vendredi, pour les éliminatoires du Mondial 2018, puis mardi contre la Côte d’Ivoire, en amical. Hasard ou coïncidence : Samuel Umtiti et Adrien Rabiot, symboles de ces temps qui changent, se sont pointés ce mardi en conférence de presse.

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Umtiti vit un rêve éveillé pour sa première sélection en équipe de France

Le premier, âgé de 22 ans, a rejoint le FC Barcelone cet été, où il fait déjà l’unanimité. "Je ne vais pas offenser Lyon, surtout pas, mais il est performant au Barça, ça prend plus d'ampleur et de valeur", a honnêtement reconnu Didier Deschamps lundi. Le second a 21 ans et, cette saison, il est devenu, de loin, le meilleur milieu du PSG, en plus d’être débarrassé de ses responsabilités en équipe de France Espoirs. "C'est un jeune joueur, mais qui a déjà une expérience en Ligue 1 et en Ligue des champions. Il a commencé très tôt. Dans un club comme le PSG, très exposé, il se met en valeur. Il a une agressivité défensive supérieure à ce qu'il faisait auparavant. Il possède aussi un gros volume de jeu. Il a franchi un palier", en a dit le sélectionneur. 

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Didier Deschamps : "Rabiot répond présent à chaque fois qu'il y a un palier à franchir"

Ces déclarations ne sont pas anodines : elles s’adressent avant tout aux titulaires installés, pour les prévenir que les cartes peuvent être rebattues d’ici à la Coupe du monde en Russie. Car les intéressés, eux, en ont déjà parfaitement conscience. Samuel Umtiti : "C'est dur de défendre au Barça. On fait beaucoup plus de courses. On joue souvent comme un milieu... Mes objectifs sont élevés, certains pensent même trop élevés. Lesquels ? Je les garde pour moi mais c'est ce qui fait que je suis là. Il y a une grande concurrence à mon poste en équipe de France. À moi de travailler pour être sur le terrain."  Cela a le mérite d’être clair. Laurent Koscielny n’a pas intérêt à se manquer.

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Réserviste avant l’Euro, comme l’ex-défenseur de l’OL , Adrien Rabiot, lui, n’a pas disputé la finale du tournoi, comme son coéquipier. Il débarque tout juste chez les A. Mais cela ne l’empêche pas de s’affirmer. "Il ne faut jamais avoir trop de certitudes mais j’ai confiance en moi, je sais ce que je peux faire. Ce n’est pas de l’arrogance. L’équipe de France c’était un objectif depuis tout petit." Comprendre : ma sélection est purement logique. "Je préfère jouer en tant que relayeur, à gauche ou à droite, a-t-il repris. Je répondrai présent aussi comme sentinelle. Je suis venu montrer ce que je sais faire." Comprendre : je peux prendre la place de Paul Pogba ou de Blaise Matuidi.

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Sur la concurrence au milieu avec son partenaire au PSG, Adrien Rabiot a lâché ceci : "Blaise est un modèle. Après, on peut le voir aussi comme un rival parce qu’on évolue au même poste. C’est surtout un exemple. Parce que c’est un mec qui ne lâche jamais rien. C’est la bonne mentalité. Avoir des joueurs comme ça devant soi, ça ne peut que tirer vers le haut." Et d’ailleurs, a-t-il ajouté, "le niveau technique entre le PSG et les Bleus n’est pas très éloigné"... Serait-il déçu de ne pas connaître sa première sélection sur ce rassemblement ? "Un peu, oui." Culotté, n’est-ce pas ? On a alors repensé à cette phrase de Louis-Ferdinand Céline : "Quand on a un bon culot, ça suffit, tout vous est permis, absolument tout, on a la majorité pour soi et c'est la majorité qui décrète ce qui est fou et ce qui ne l'est pas." On dirait bien que Didier Deschamps partage ce point de vue.

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