Euro 2016 : billets nominatifs, c'est quoi le problème ?

Football
BILLETTERIE – A moins d’une semaine du début de l’Euro 2016, une polémique autour des billets nominatifs commence à poindre. D’après le règlement de l’UEFA, il sera en effet impossible d’entrer dans le stade si le nom qui figure sur le ticket n’est ni celui de l’acheteur, ni celui d’un de vos accompagnateurs. Et forcément, ça commence à poser des soucis du côté des fans de foot qui ont hérité des précieux sésames.

Un ami croyait vous avoir fait un cadeau en or en vous offrant des places pour l’Euro 2016 ? Cela pourrait finalement ressembler davantage à un cadeau empoisonné. On s’explique. Dès la mise en vente des tickets, l’UEFA avait prévenu : l'acheteur, dont le nom figure sur le ou les tickets, devra être présent au moment de pénétrer dans l'enceinte. Sans cela, l'entrée peut être refusée en cas de contrôle d'identité. Ce cas de figure pourrait bien se produire pendant la compétition (10 juin-10 juillet) et faire monter la grogne chez les fans de foot : de plus en plus de détenteurs de billets dans l'impossibilité d'assister au match se rendent compte qu'il est interdit de vendre sa place, ou même de la céder à un ami.

Michel Berthouloux, professeur d'économie de 53 ans, avait prévu d'aller voir pays de Galles-Slovaquie à Bordeaux le 11 juin avec son filleul et un ami. Problème, l'ami en question, qui a acheté les places, est infirmier et sera réquisitionné le jour du match pour travailler aux urgences. M. Berthouloux et son filleul contactent l'UEFA pour s'assurer qu'ils pourront bien assister à la rencontre. Réponse: "Si le demandeur ne peut pas se présenter à l'entrée du stade, les billets seront considérés comme perdus", est-il écrit dans le mail qu'ils reçoivent.

Une plateforme de revente fermée depuis... le 31 mars !

Et M. Berthouloux n'est pas seul dans ce cas. Ludovic Tantin, étudiant en droit, a acheté un billet pour le match d'ouverture France-Roumanie le 10 juin, mais ne peut s'y rendre. Il a voulu revendre sa place sur la plateforme officielle mise à disposition par l'UEFA... mais fermée depuis le 31 mars. "C'est complètement aberrant parce qu'ils ont ouvert la plateforme trois mois avant la compétition (le 9 mars) et l'ont refermée deux mois avant", s'indigne-t-il. "Si l'objectif c'est d'éviter le marché noir, pourquoi ne pas la laisser ouverte ? L'UEFA, elle, souligne avoir toujours dit que la plateforme fermerait le 31 mars, pour des raisons de logistique.

"La bourse ne peut se faire que quand la billetterie est dématérialisée", affirme un responsable de la billetterie à l'UEFA, qui a vendu 2,5 millions de tickets pour cet Euro-2016, soit la quasi-totalité. "Une fois les billets envoyés par la poste, on ne peut plus les échanger. C'est une opération extrêmement compliquée parce que les billets sont imprimés sur des machines très sophistiquées et on ne peut plus réimprimer de places une fois qu'elles ont été envoyées."

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L'organisation concède malgré tout "un manque de communication": "On va essayer d'améliorer notre service client". "Nous avons conscience des difficultés et nous sommes très embêtés", affirme ce responsable de la billetterie. Sans nier le risque que comporte une entrée au stade avec un billet qui n'est pas à son nom, l'organisation tempère. "Il faut que l'on assure la fluidité de l'accès aux stades. Nous pensons que ce n'est pas possible d'organiser des contrôles d'identité systématiques. Nous ne sommes pas en faveur de ce genre de pratique. Nous, nous ne réalisons pas de contrôles d'identité, ce sont les autorités françaises qui le font", assure encore ce responsable. En résumé, rien n'empêche de tenter sa chance. Si le code-barre du billet est validé sans histoire, le risque de contrôle d'identité est faible. Dans le cas contraire, l'entrée au stade n'est pas garantie.

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