Euro 2016 : Gourcuff et la perte d'identité du football

Football
LEÇON – A quelques heures du départ de l’Euro 2016, Christian Gourcuff s’est longuement livré dans L’Equipe. Ce vendredi, le quotidien publie l’échange dans lequel le nouvel entraîneur de Rennes évoque la perte de style des sélections.

Les championnats d'Europe, la Coupe du monde, les Jeux Olympiques, autant de compétitions censées rassembler les peuples et les ouvrir à une autre réalité. L'Euro 2016 qui démarre ce vendredi 10 juin 2016 n'échappe pas à la règle mais, à lire Christian Gourcuff dans L'Equipe ce vendredi  (lien payant), on pourrait être tenté de penser que ces tournois ne sont pas représentatifs des différences de mode de vie des peuples. 

"Ce n’est pas propre à l’Europe. Aujourd’hui, il y a un tel brassage dans le foot international qu’il y a une perte d’identité dans le football de sélection, note le nouvel entraîneur du Stade Rennais. Je prends l’exemple des équipes africaines, dont les joueurs évoluent en Europe ou y ont été formés pour les binationaux : il y a forcément une perte d’identité. En Amérique du Sud, c’est pareil. Alors qu’autrefois on observait des différences très marquées. Les équipes sud-américaines avaient un style bien à elles. Et même les football brésilien et argentin étaient différents."

"Quand on voit le Qatar…"

Christian Gourcuff, qui voit quelques contre-exemples dans le Chili de Marcelo Bielsa, l'Espagne ou encore l'Allemagne, estime par ailleurs que "la nationalité sportive n’a plus la même valeur, elle s’internationalise." "Quand on voit le Qatar, qui naturalise à fond, comme au handball, c’est le summum, regrette-t-il. Ça n’a plus aucun sens, plus de crédit. Et, pour moi, on va vite y arriver dans le foot. Je ne suis pas optimiste, d’autant qu’il y a aussi des facteurs économiques et psychologiques."

Selon l'ancien sélectionneur de l'Algérie, "la Ligue des champions représente beaucoup plus que la sélection en termes d’implication. Les calendriers sont surchargés, il y a beaucoup trop de compétitions." Dès lors, "on observe une usure physique parce que les joueurs n’ont plus le temps de se régénérer, dit-il. On tient deux ans, puis ça se paye. Et l’usure est aussi mentale. Avant, un match de sélection était un événement."

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