France-Islande (4-0) : les trois points d’importance de la balade des Bleus

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FOOTBALL – L’équipe de France masculine n’a eu aucun souci pour écraser l'Islande (4-0) lundi soir au Stade de France, dans sa deuxième rencontre de qualification à l'Euro 2020, dont le contenu a été particulièrement riche en enseignements.

Le bonheur, parfois, c’est simple comme un match de football. Chacun garde, bien sûr, en tête la douce et folle liesse du 15 juillet dernier, soir de sacre mondial après une finale victorieuse, mais un petit match de qualification pour l’Euro, même dans un groupe déséquilibré, avec ces joueurs-là, cette équipe-là, cet esprit-là, suffit à ébahir le téléspectateur, à réchauffer de l’intérieur le supporter transi de froid dans les tribunes du Stade de France, redevenu bruyant dans ce sillage. En a témoigné le récital tricolore de lundi soir face à l’Islande (4-0), exécuté comme dans un rêve, qui en dit aussi très long sur ces Bleus et leur réalité. Sur ce qu’ils sont. Focus sur trois points saillants, plus importants que ceux glanés au classement du groupe H. 

Un "club France"

C’est ainsi que l’équipe de France étaient souvent surnommée par les champions du monde et d’Europe durant l’âge d’or des années 1998-2000. Une stabilité, propre aux effectifs de clubs, qu’a réinstaurée le capitaine de l’époque, aujourd’hui sélectionneur, en équipe nationale. "Ce n'est pas évident pour ceux qui sont sur le banc deux fois en trois jours mais il y a une question d'automatismes, d'habitudes. On a réalisé beaucoup de très bons enchaînements, il y a eu de la fluidité, de la cohérence, des affinités techniques. Ils (les joueurs) se trouvent de mieux en mieux. Ça n’a pas toujours été le cas mais c’est à force de répéter, de rejouer ensemble, qu’ils jouent les uns pour les autres. C’est aussi pour ça que j’ai choisi de remettre la même équipe (que vendredi). Ils se connaissent", a ainsi mis en avant Didier Deschamps lundi soir.


C’est cette volonté de créer des repères et un cocon protecteur en sélection qui a, par exemple, poussé le coach à titulariser Samuel Umtiti malgré une condition physique précaire, au regard de son importance dans le groupe ("Sam, c’est Sam", avait justifié Deschamps en annonçant sa dernière liste), à rappeler Layvin Kurzawa malgré un temps de jeu famélique au PSG ("Il connaît le groupe"), ou à maintenir Olivier Giroud dans son onze, quand son club de Chelsea le snobe... En gros à privilégier le sentiment d’appartenance à l'équipe plutôt que la forme du moment de tel joueur. Un choix pour le moins payant.

Un engagement de tous les instants

Il y avait quelque chose d’exaltant à voir cette équipe de France, lundi soir, continuer à se battre sur chaque ballon comme si le match en dépendait encore, alors qu’elle avait déjà deux ou trois buts d’avance au tableau d’affichage. Les Bleus se sont dépouillés, face à l’Islande, comme s’il s’agissait d’un match de Coupe du monde. Preuve que le sélectionneur sait motiver ses troupes au-delà du contexte en soi. Et que ça marche. 


"Je pense qu'on a progressé, pris de l'expérience avec la Coupe du monde, où on a joué beaucoup de matchs fermés de ce genre, a expliqué Paul Pogba au coup de sifflet final. Il fallait marquer un but puis rester haut, presser le ballon, rester dans leur camp. C'est ce qu'on a fait sur les deux matchs." Blaise Matuidi, lui, l’a formulé ainsi : "On a démontré qu’on est vraiment une grande nation." C’est ce qui les fait courir, désormais, du début à la fin.

Un Mbappé pas fâché

On l’avait laissé chafouin, nerveux, agacé contre ses partenaires qui ne le servaient pas assez vite, et bien, à son goût. On l’a retrouvé souriant, mobile, serein, taquin, audacieux même, comme sur la talonnade ayant lancé Antoine Griezmann sur le quatrième but, ou sa tentative du coup du foulard pour centrer avant le but de Giroud. On parle, évidemment, de Kylian Mbappé, buteur et double passeur décisif, lundi soir. Totalement libre de ses mouvements. En symbiose totale avec ses partenaires d’attaque.


Car à chaque permutation du Parisien, il y avait le travail de sape d’Olivier Giroud dans l’axe, et les courses de compensation, parfois de plus de 40 mètres, d’Antoine Griezmann. Lequel, buteur et passeur décisif (pour Mbappé) lui aussi, a encore fait la différence. "Vous (les médias) dites qu’on ne se trouve pas avec Kylian, mais c’est juste parce qu’on n’avait pas assez joué ensemble. Plus les matchs vont avancer, mieux on va se comprendre", a insisté l’attaquant de l’Atlético de Madrid après coup. Avant que Didier Deschamps n’y aille de son petit commentaire réjoui : "Quand je vois la complémentarité, notamment entre Kylian et Antoine... Ça s'appelle la complicité et ça vient avec le temps." Même pour un jeune homme aussi pressé que Kylian Mbappé, devenu lundi le plus jeune joueur à inscrire 12 buts en sélection depuis 1960 en Europe. Et ce n'est pas fini.

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