Fair-play financier : quelle(s) sanction(s) pour le PSG ?

Fair-play financier : quelle(s) sanction(s) pour le PSG ?

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FOOTBALL - Si on sait que le PSG sera très bientôt sanctionné par l'UEFA dans le cadre du fair-play financier, difficile de mesurer dans quelle proportion. Une forte amende devrait cependant permettre au club parisien d'en faire un moindre mal. Décryptage.

Plusieurs médias l'assurent désormais. Il faut dire que Michel Platini lui-même avait plus ou moins lâché le morceau . "Je ne suis pas sûr que le PSG respecte les règles du fair-play financier . Pas sûr du tout même", prévenait en effet le président de l'UEFA en fin de semaine dernière. Cet été, l'instance européenne mettra concrètement en application sa nouvelle mesure, qui oblige chaque club engagé dans une compétition continentale à ne pas dépenser plus que ce qu'il gagne.

Tout est dans le verbe "gagner". Car si Paris, dont les comptes affichent un déficit anecdotique de 3,5 millions d'euros, figure bien au premier rang des équipes considérées comme en infraction, c'est en raison d'un contrat de sponsoring singulier suscitant de nombreux doutes. Toutefois, selon Le Parisien de ce mardi , les dirigeants auraient négocié un allégement des sanctions prévues en échange d'une amende de plusieurs dizaines de millions d’euros.

Le contrat signé entre le PSG et l'office du tourisme du Qatar (QTA) pose problème à deux égards. Premièrement, il s'agit d'un accord entre deux "parties liées" à un même actionnaire ultime : l'État du Qatar. Deuxièmement, son montant de 200 millions d'euros par an (représentant la moitié des recettes du club) ne correspond pas à ce que le règlement du fair-play financier appelle "une juste valeur", c'est-à-dire aux tarifs en vigueur sur le marché (jusqu’ici, le plus gros contrat de sponsoring dans le foot était celui de Manchester United avec General Motors pour 65 millions annuels).

L'UEFA permet de négocier les sanctions

Le club parisien parle, lui, d’un modèle économique nouveau, "le 'nation branding', autrement dit la promotion d’un pays à travers le sport", s'appuyant sur l'exposition colossale offerte par un club de football. C'était tout le débat et on sait aujourd'hui que l'argument n'a pas convaincu les experts mandatés par l'UEFA.

L'éventail des "sanctions significatives" évoquées par Michel Platini est large. Si Paris est a priori à l'abri de se voir exclu de la prochaine Ligue des champions, ses prochaines recrues estivales pourraient ne pas avoir le droit d'être alignées dans la prestigieuse compétition. La masse salariale du club risque aussi d'être sévèrement encadrée. Mais avant qu'on en sache plus à ce sujet, au tout début du mois de mai, Le Parisien nous apprend que l’instance de contrôle permet à tout club visé de choisir la manière dont il se verra sanctionner.

Le PSG des Qataris, solvables en gazo-dollars et dont les fonds ont une provenance parfaitement identifiée et claire, ce qui n’est pas très répandu dans le foot, privilégierait donc, lui, de régler une amende salée afin de conserver la plus grande marge manœuvre possible sur le marché des transferts.

Un nouveau train de vie pour le PSG ?

Reste désormais à savoir dans quelle mesure cette amende atténuerait les autres sanctions. Car si l’UEFA refusait, par exemple, d’inscrire les nouvelles recrues parisiennes sur la liste des joueurs pouvant disputer la Ligue des champions (la sanction la plus probable, et de loin), aucun joueur de grand standing n’accepterait plus de rallier Paris. Indépendamment du salaire, la Ligue des champions figure l’exigence absolue des stars du foot. En revanche, si l'instance européenne limitait simplement le nombre de joueurs pouvant être inscrits dans cette liste, la sanction ne serait pas très contraignante pour le club de la capitale.

Une certitude : qu'il s'agisse de l'une ou l'autre, elle serait assortie d’objectifs financiers à respecter d’ici un an, avec un très gros contrat de sponsoring possiblement revu à la baisse. Pas un drame sur le plan sportif mais au moins un coup d'arrêt dans la folle dynamique lancée par les propriétaires qataris depuis leur arrivée en 2011. Une contradiction totale même, dont personne ne sait encore si elle sera seulement provisoire.

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