Fifa : la France va voter pour Infantino

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FOOTBALL - Noël Le Graët a tranché: le patron de la FFF votera pour le candidat de l'Europe Gianni Infantino à l'élection présidentielle de la Fifa, quitte à exacerber encore un peu plus la fracture avec la Ligue et Frédéric Thiriez, partisans du Français Jérôme Champagne.

Le vote de Le Graët ne faisait plus guère de doute depuis le clash survenu avec Jérôme Champagne, ex-secrétaire général adjoint de la Fifa et seul Français en lice. Ce dernier a tenté, en vain, d'obtenir le soutien de la FFF, jeudi dans une brasserie parisienne. Le rendez-vous a tourné à l'altercation verbale entre les deux hommes, selon plusieurs sources. Champagne ayant affirmé qu'il allait "attaquer" cette position, Le Graët lui a asséné, selon plusieurs sources: "Vous êtes un petit monsieur. Je vous emmerde". 

Le choix du dirigeant breton a été avalisé jeudi par la quasi-totalité de son Comité exécutif (11 membres favorables sur douze, seul M. Thiriez ayant voté contre, selon une source proche du dossier). Ce n'est pas une surprise: après le renoncement de Michel Platini, suspendu 8 ans de toutes fonctions officielles par la Fédération internationale, Noël Le Graët a joué la carte de la légitimité en optant pour le N.2 de l'UEFA, le candidat de substitution de l'instance européenne.

Une extrême fidélité à Platini

La FFF a d'ailleurs salué le travail effectué par Infantino aux côtés de l'ex-meneur de jeu de Bleus. "Gianni a toutes les qualités requises pour réussir. Il a l'expérience, le talent, une force de travail et des convictions, ce qu'il a déjà démontré comme secrétaire général de l'UEFA, aux côtés de Michel Platini", a indiqué vendredi la "3F" dans son communiqué. C'est donc par fidélité à Platini, dont Noël Le Graët a toujours été un fervent soutien jusqu'à son retrait de la course, que le président de la FFF appuie la candidature d'Infantino.

Au-delà de l'inimitié que se vouent de longue date Champagne et Platini, des questions stratégiques expliquent également la décision du président de la FFF, selon une source proche du dossier, les chances de l'ancien cadre de la Fifa de l'emporter étant considérées comme nulles. Outre Infantino et Champagne, le Cheikh bahreïni Salman Bin Ebrahim Al Khalifa, patron de la Confédération asiatique (AFC), le Sud-Africain Tokyo Sexwale, ancien militant de la lutte contre l'apartheid avec Nelson Mandela, et le Prince Ali, demi-frère du roi Abdallah de Jordanie, briguent le siège occupé par Joseph Blatter depuis 1998 à la tête d'une Fédération en proie à la plus grande crise de son histoire, sur fond de corruption à grande échelle. Cheikh Salman s'avance pour l'instant comme le favori de l'élection devant Gianni Infantino. Ce sont les 209 fédérations affiliées à la Fifa qui désigneront le successeur de Blatter, le 26 février à Zurich.

La guerre Thiriez - Le Graët en sous texte

La prise de position de la FFF risque de creuser une nouvelle fois le fossé avec la Ligue. Lors du bureau de la LFP, au sein duquel M. Le Graët est représentant de la FFF, certains ont ainsi fait part jeudi de leur préférence pour Jérôme Champagne avec un argument de poids: la candidature de Paris à l'organisation des Jeux Olympiques 2024. En tant que membre de droit du CIO, le futur patron de la Fifa se prononcera en effet en 2017 pour le choix de la ville-hôte des JO.

Les relations entre les deux présidents de la FFF et de la Ligue sont loin d'être au beau fixe. Ils n'ont cessé de s'opposer sur divers sujets depuis plusieurs mois, dont la gouvernance du football professionnel, la question du nombre de montées/descentes entre les trois premières divisions ou la posture à adopter vis-à-vis de Karim Benzema dans l'affaire de la sex-tape. Le 10 décembre, le président de la FFF avait violemment taclé Frédéric Thiriez devant la presse en déclarant: "Je prétends que 100% des journalistes considèrent que Thiriez n'y connaît rien en football. Et je ne discute qu'avec ceux qui connaissent le ballon".     

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