Fifa : pourquoi Sepp Blatter a vraiment du souci à se faire

Fifa : pourquoi Sepp Blatter a vraiment du souci à se faire

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SCANDALE - Ce n'est pas parce que Sepp Blasser a lâché son poste de président de la Fifa qu'il a dit son dernier mot. Et ce n'est pas non plus pour ça que la justice américaine va le lâcher.

"Pourquoi je démissionnerais ? Ça reviendrait à reconnaître une faute", se justifiait Sepp Blatter vendredi soir, juste après sa réélection à la tête de la Fifa. Et puis, quatre jours plus tard, dans une conférence de presse organisée en urgence, le Suisse annonçait sa démission  (entre décembre 2015 et mars 2016). Que diable s'est-il passé entre temps ? À l'heure actuelle, tous les fantasmes sont permis. Mais voici trois éléments bien concrets qui permettent de penser que le futur ex-dirigeant a de bonnes chances d'aller faire un petit tour derrière les barreaux.

Les retournements de vestes
La stratégie de la justice américaine est limpide : en faisant en sorte que son coup de filet spectaculaire ait lieu deux jours avant l'élection, elle a fait en sorte de nuire le plus possible au président de l'instance. Procédant méthodiquement au démantèlement de celle-ci en grimpant un à un les échelons de la hiérarchie, tout en mettant la pression sur le mode : "La coopération ou la prison à vie ?" Le membre du comité exécutif Chuck Blaser s'est couché, le vice-président Jack Warner aussi, en attendant le n°2 Jérôme Valcke, le dernier fusible, et qui ensuite, à votre avis ?

"Au moment où tout le monde est en train d'essayer de sauver sa peau, il y a une course à celui qui retournera sa veste le premier", a en effet lâché une source interne au FBI à la chaîne ABC , le New York Times assurant de son côté que de nombreux inculpés avaient plaidé coupable et étaient passés aux aveux. Avant que Warner ne dégoupille ce jeudi : "J'ai compilé une série de documents, dont des chèques et des déclarations corroborées, où il est question de ma connaissance de transactions internationales au sein de la Fifa, incluant son président M. Sepp Blatter." Nous y voilà déjà.

Chuck Blazer détient encore (au moins) une bombe
Autre point crucial de ce dossier contenant, en tout et pour tout, 150 millions de dollars de malversations : ce qui n'a pas encore filtré de l'audition de Chuck Blazer devant le tribunal fédéral du district de New York le 25 novembre 2013. Outre les pots-de-vin pour les Mondiaux 1998 et 2010 (en présence de Blatter, indique Blazer), le compte-rendu fait état d'un passage au crible de ses communications avec 44 hauts responsables de la Fifa, dont Sepp Blatter. Notons enfin que, dans la version qui a été rendue publique, une de ses réponses a été remplacée par un gros carré noir sous la question "Que savez vous d'autre ?"

"Don Mafia"
Plus le temps passe et plus les langues se délient. Ainsi, sur la chaîne CBS, Alexandra Wrage, ex-membre du comité international de gouvernance de la Fifa, révèle ce jeudi qu'en interne, les salariés de la Fifa surnommaient Sepp Blatter "Don Mafia" pour "son arrogance et sa poigne". Et assure que le Suisse employait, au quotidien, les méthodes et même les répliques du film Le Parrain. Ça ne s'invente pas.

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