Thierry Henry à l'AS Monaco, la suite logique d'un long cheminement

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CRESCENDO - À 41 ans, Thierry Henry va donc découvrir le poste d'entraîneur principal. Le meilleur buteur des Bleus, nommé ce samedi en remplacement de Leonardo Jardim, va poursuivre son apprentissage, seul aux commandes, après s'être formé à son rythme.

Thierry Henry saute (enfin) dans l'inconnu. Annoncé à Bordeaux il y a quelques semaines avant que les négociations ne soient rompues, le champion du monde 1998 a trouvé un accord avec l’AS Monaco pour entraîner- jusqu'en 2021 - le club de la Principauté. À tout juste 41 ans, la légende d'Arsenal s'installe donc sur un banc de touche dans la peau de l'entraîneur en chef. 


Une grande première pour lui. Un moment qu'il a longtemps attendu. Cette décision, il l'a mûrement réfléchie. "Depuis l'annonce de ma décision de laisser mon rôle à temps plein à la télévision pour poursuivre mon ambition de devenir manager, j'ai par la suite été lié à un certain nombre de postes à la fois sur le plan national et international", confiait-il début août sur Twitter, en réponse aux rumeurs l'envoyant ici et là, au gré des souhaits et des désirs de chacun. 

"Contrairement aux informations trompeuses, que les gens peuvent avoir lues, ni moi ni mes conseillers n'avons eu de discussions avec un club ou une association nationale. Mon intention a toujours été d'être patient et je prendrai ma décision au bon moment". Cette fois-ci, le "bon moment" semble venu pour le meilleur buteur de l'histoire des Bleus (51 réalisations).

Un apprentissage dans l'ombre

Comme Zinedine Zidane avant lui, Henry a pris le temps d'appréhender le métier d'entraîneur. Retraité en 2014 après une dernière expérience en Major League Soccer (MLS), du côté de New York, il embrasse une carrière - très lucrative - de consultant pour Sky Sports en Angleterre. En parallèle, il assouvit son envie d'entraîner. L'ancien Gunner rejoint l'Academy d'Arsenal, le centre de formation du club anglais, en intégrant l'encadrement des U16 en 2015. Dès lors, et en préparation de sa future reconversion, il s'en va apprendre le métier d'entraîneur au pays de Galles, via le programme de la Fédération au Dragon Park, le centre d'entraînement gallois. 


Là-bas, il décroche en un temps record son diplôme d'entraîneur auprès de l'UEFA, au côté d'un autre Bleu, Patrick Vieira, aujourd'hui en poste à Nice. Armé du précieux sésame, il revient à Arsenal et postule ensuite, à titre bénévole, au poste d'entraîneur adjoint des U18 avec l'aval de l'Academy. Ce que refuse finalement le manager des Gunners, Arsène Wenger, qui n'accepte pas que son ancien protégé allie ses activités de consultant avec ce rôle d'adjoint.

Peu de temps après cet épisode, le meilleur buteur d'Arsenal (228 buts) rebondit en Belgique. Au mois d'août 2016, Roberto Martinez, nommé à la tête de la sélection des "Diables rouges", lui propose de devenir l'un de ses adjoints. Le Français se lance dans l'aventure et prend alors en charge les attaquants, dont Romelu Lukaku qu'il va prendre sous son aile pendant le Mondial 2018, lors duquel la Belgique terminera troisième après avoir été éliminée par la France (1-0) en demi-finale. Une approche similaire à celle de Patrick Vieira, qui a fait ses gammes dans l'univers de Manchester City, et de Zinedine Zidane, qui après être longtemps resté dans l'ombre d'Ancelotti, a pris en main la réserve du Real Madrid avant d'assumer la fonction principale. 

Les débuts d'une nouvelle carrière

C'est bien lors de la Coupe du monde que Thierry Henry se révèle pleinement dans ce nouveau rôle. L'adjoint de Martinez s'émancipe. Il parle, les joueurs l'écoutent. Il acquiert à cet instant la conviction que le métier d'entraîneur est fait pour lui. Adulé par la presse, il fait l'unanimité au sein de la sélection, de part sa connexion avec les joueurs, sa capacité à transmettre son expérience et à apporter le calme nécessaire au bon fonctionnement d'une équipe.

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ARCHIVE - Mondial 2018 : Thierry Henry, un Français au cœur du succès belge

Décidé à se lancer dans le grand bain, le bourreau de travail et fan invétéré de football qu'est Henry se met en quête d'une autre ligne à ajouter à son CV. Dans cette optique, le Français met fin à sa collaboration avec Sky Sports pour se consacrer entièrement à sa carrière. Avant de se pencher sur la proposition monégasque, arrivée sur son bureau après le licenciement de Leonardo Jardim, Henry pensait avoir trouvé son bonheur à Aston Villa, pensionnaire de Championship, le deuxième étage du football anglais derrière la Premier League, puis à Bordeaux. Du moins, le pensait-il, jusqu’à ce que les négociations échouent avec les deux clubs.


Finalement, alors qu'il s'attendait à repousser d'une année son ambition de s'installer sur un banc de touche, la proposition de Monaco est tombée. Après avoir lancé la carrière d'un autre champion du monde 1998, Didier Deschamps en 2001, les Monégasques offrent donc sa première expérience à "Titi". Un retour à la maison, en Principauté, au stade Louis-II, là où tout a commencé pour lui 24 ans auparavant. La suite logique de sa nouvelle vie.

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