France-Islande : comment les Vikings en sont arrivés à ne plus faire peur

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QUE DEVIENNENT-ILS ? - Révélés lors du dernier Euro en France, où ils ont atteint à la surprise générale les quarts de finale, les Vikings retrouvent les Bleus ce jeudi (à 21h sur TF1) en amical au Roudourou. Malgré une première participation à la Coupe du monde, l'Islande vit actuellement une crise de résultats, loin de l'euphorie de l'été 2016.

Deux ans après, l'Islande est de retour en France. Les Vikings avaient enchanté l'été 2016, grâce à leur combativité hors norme et leur ferveur populaire, en atteignant les quarts de finale pour le premier Euro de leur histoire. La sélection de cette île de moins de 350.000 habitants avait renversé l'Angleterre (2-1) en huitièmes de finale avant d'être stoppée au tour suivant par la France (5-2), future finaliste de la compétition. Dans la foulée de son parcours inattendu, exploit remarquable pour un "Petit Poucet", le petit pays volcanique avait décroché la première qualification de son histoire pour un Mondial, en s'adjugeant la première place de son groupe devant la Croatie, finaliste face aux Bleus, l'Ukraine et la Turquie. 


"C'était la première participation de l'Islande à la Coupe du monde et l'équipe a eu une chance de se qualifier pour les huitièmes de finale jusqu'à la toute fin du dernier match de la phase de poules", se remémore pour LCI Kristján Jónsson, journaliste au Morgunblaðið, l'un des quotidiens les plus tirés d'Islande. "Si les supporters étaient satisfaits de la prestation globale de l'équipe, les joueurs eux étaient un peu déçus car ils auraient voulu sortir de leur groupe."

Tombés dans la "poule de la mort", avec l'Argentine, le Nigeria et la Croatie, les Nordiques avaient été éliminés au premier tour. Après avoir accroché l'Albiceleste (1-1) lors de leur premier match de Coupe du monde, marqué par un penalty de Messi repoussé par le gardien Hannes Halldórsson, ils avaient été battus par les Super Eagles (2-0) et les Vatreni (2-1).

Un nouveau cycle post-Mondial

Après le Mondial, un nouveau cycle s'est enclenché. Certes, l'effectif n'a guère évolué. Neuf titulaires du quart de finale de l'Euro 2016 sont du voyage en France cette semaine. La faute sans doute à un vivier qui peine à se renouveler avec seulement 23.000 licenciés. Mais si ça n'a pas bougé au pied, il y a eu du changement à la tête du volcan. Heimir Hallgrímsson, promu co-sélectionneur en 2014 avec Lagerbäck avant de prendre seul les rênes de l'Islande après l'Euro 2016, a quitté son poste en juillet dernier en dépit de la volonté de sa Fédération de le voir prolonger. Erik Hamrén, sélectionneur de la Suède de 2009 à 2016, lui a finalement succédé avec l'ambition, sans renier le passé, d'enclencher une nouvelle dynamique.


Ses premiers mois à la tête des "Garçons" ("Strákarnir okkar" en VO) n'ont pas été faciles avec pour débuter une humiliation à Saint-Gall face à la Suisse (6-0), une première depuis le 6 octobre 2001 contre le Danemark. "Pour sa première sur le banc, l'équipe a fait un match terrible", concède le journaliste islandais, Kristján Jónsson, qui trouve toutefois des circonstances atténuantes. "Il manquait des joueurs clés comme Jóhann Guðmundsson, Alfreð Finnbogason (le premier buteur islandais de l'histoire en Mondial, ndlr) ou encore le capitaine Aron Gunnarsson, qui est le leader de l'équipe et très important au milieu." Trois jours plus tard, les Islandais se sont à nouveau inclinés à domicile face à la Belgique (3-0).

Deux déculottés qui ont laissé quelques traces. "Les gens sont inquiets notamment après le 6-0 concédé en Suisse. Les Islandais ont pratiquement abandonné et ça ne leur ressemble pas. C'est inhabituel", estime Kristján Jónsson. "Après concernant la Belgique, on savait que c'était une équipe beaucoup plus forte. L'Islande n'avait pas beaucoup de chances."

Un seule victoire depuis janvier

Incapables de gagner depuis le 14 janvier dernier, et un succès face à la modeste équipe d'Indonésie (4-1), les Islandais ont pris froid. Ils n'ont remporté qu'un seul de leurs dix matches (sept défaites et deux nuls), avec pour unique fait d'arme le nul contre une Argentine aux abois (1-1). "L'Islande est dans le creux de la vague mais les rencontres cette année ont aussi été difficiles. Lors des cinq derniers matches, l'équipe a affronté cinq équipes supposément plus fortes : l'Argentine, le Nigéria, la Croatie, la Suisse et la Belgique", analyse le journaliste au Morgunblaðið. "Et puis, l'Islande ne fait pas de bons résultats lorsqu'ils jouent en amical. Ça a rarement été le cas. Sans doute parce qu'ils ne déploient pas le même esprit de combativité."


Au-delà de cette panne de résultats, c'est donc l'état d'esprit de l'équipe qui est remis en cause. Où sont passées la solidité et la solidarité qui faisaient la force de l'Islande jusqu'alors ? Pas vraiment rassurant à l'heure d'affronter les Bleus, ce jeudi soir à Guingamp (à 21h sur TF1 et en direct commenté sur LCI). L'Islande s'attend d'ailleurs à vivre "un match extrêmement difficile" contre les champions du monde. "Il y a un profond respect des Islandais pour la France. Encore plus après leur victoire en Coupe du monde", avoue Jónsson. "Les joueurs français sont bien connus en Islande, notamment ceux qui évoluent en Angleterre chaque week-end." Après avoir été giflés, les Vikings auront à cœur de ne pas tendre l'autre joue.

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