Coupe de France : Pontivy, une ville et deux clubs à jamais dans l'histoire du foot français

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AVENTURE - Commune du Morbihan, Pontivy va vibrer ce week-end. Ses deux clubs, le Stade Pontivyen et la Garde Saint-Ivy, jouent pour un billet pour les 16es de finale de la Coupe de France. Le premier affronte Guingamp, le second joue le PSG. Une grande première pour une ville d'une si petite taille, à l'histoire déjà riche.

Deux équipes, une même ville. À Pontivy, commune du Morbihan de quelque 14.000 âmes, le Stade Pontivyen et la GSI disputent ce week-end les 32es de finale de la Coupe de France, une grande première pour une ville de cette taille à ce stade de la compétition. "C'est une énorme fierté, pour nous et pour Pontivy", confiait Mickaël Le Sauce, président du Stade Pontivyen, après le tirage au sort. "C'est quelque chose d'incroyable pour une commune de 15.000 habitants. C'est tout simplement inespéré", ajoutait Jérôme Prevost, son homologue de la Garde Saint-Ivy, l'autre équipe phare de Pontivy.


Les deux pensionnaires de National 3, l'équivalent du cinquième échelon du football français, ont, qui plus est, tiré le gros lot. Les deux clubs vont "accueillir" deux équipes de Ligue 1. Le Stade va croiser le fer avec l'En Avant Guingamp ce samedi 5 janvier à 15h, la GSI défiera le PSG, quadruple tenant du titre et favori à sa propre succession, dimanche 6 à 20h45.

Une passion pour la Coupe de France

Par le passé, les deux clubs historiques de la cité morbihannaise ont connu des glorieuses épopées dans la Coupe nationale. On retient bien sûr le très beau parcours de la Garde Saint-Ivy de Michel Jarnigon, tombée en 2000 face à l'AS Monaco en huitièmes de finale (4-0). "La GSI a une culture Coupe et a déjà connu plusieurs beaux parcours", raconte l'entraîneur du club entre 1986 et 2004 à nos confrères de Ouest France. "Une fois qu'il y a eu 2-3 parcours, on peut dire que ça fait partie de l'ADN du club. Ce sont tellement des sensations qui sortent de l'ordinaire que les joueurs aiment ça, ils se subliment." 


On se souvient sans doute un peu moins du Stade Pontyvien, première formation de DH à jouer un huitième de finale... en 1953, battu par Lille (7-0), futur vainqueur de la Coupe de France. "Tout le monde était derrière nous. On jouait le dimanche, mais les patrons avaient donné congé le samedi à tous les employés et l'inspecteur d'académie avait fait pareil pour les écoliers et les enseignants", se remémore pour Le Télégramme l'un des rares survivants, André Mallardé, 86 ans aujourd'hui. Mais jamais les deux équipes de Pontivy n'étaient parvenues à vivre simultanément la même aventure.

D'une rivalité exacerbée à une fusion totale

Si elles cohabitent aujourd'hui en National - cette année, pour la première fois depuis 26 ans, Pontivy a eu droit à son derby en la GSI et le Stade (0-0), qui vient de remonter - les deux équipes ne sont pas toujours tenues en respect. Pendant longtemps, les Verts de la Garde Saint-Ivy, club issu du patronage et fondé par un abbé en 1909, et les Jaunes du Stade Pontivyen, équipe laïque créé en 1920, se sont disputés la position de meilleur club de la commune. Mais, avec le temps, les querelles de clochers se sont arrêtées et les divisions politiques se sont dissipées. La rivalité s'est transformée en une concurrence saine.

À tel point que la fusion, autrefois inimaginable, apparaît aujourd'hui inéluctable pour faire perdurer le football pontivyen à un haut niveau. Celle-ci ne devrait toutefois pas avoir lieu avant au moins un an, date anniversaire du centenaire du Stade. "Dans nos structures et nos budgets actuels, on est au maximum de ce qu'on peut faire. Il faudrait réunir tout le monde, mais aussi des gens de l'extérieur", assure Mickaël Le Sauce, son président, dans un entretien croisé au Télégramme. Un constat partagé par Jérôme Prévost, président de la GSI : "Maintenant que les deux clubs sont au même niveau, c'est le meilleur moment !"

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