Football : le fair-play financier, comment ça marche ?

Football : le fair-play financier, comment ça marche ?

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ARGENT - Michel Platini n'est "pas sûr du tout" que le PSG respecte le fair-play financier. L'occasion de se pencher par le menu sur des règles financières instaurées par l'UEFA qui pourraient bien faire trembler la planète football dans les prochaines semaines.

Le football draine beaucoup d'argent. Et si les salaires des stars sont mirobolants, les pertes des clubs, elles, peuvent être colossales. Désireux d'assainir les finances d'un football européen endetté jusqu'au cou, Michel Platini a été le grand artisan de la mise en place du fair-play financier en sa qualité de président de l'UEFA, l'instance dirigeante du football sur le vieux continent. Focus sur des mesures qui pourraient bien se muer en cauchemar des dirigeants du PSG .

Pourquoi le fair-play financier ?
L'UEFA a souhaité instaurer une discipline budgétaire et rationaliser les finances des clubs afin de "garantir la stabilité à long terme du football", un sport où le surendettement des clubs européens atteignait 8,2 milliards d'euros en 2012. Pour ce faire, l'instance du football a mis sur pied, en juin 2012, l'Instance de contrôle financier des clubs de l'UEFA (ICFC), chargé de surveiller l'ensemble des clubs européens en se basant sur les critères suivants : l'absence de fonds propres négatifs, la possibilité financière pour le club de poursuivre son activité, l'équilibre financier et l'absence de dettes envers d'autres clubs, des joueurs ou le fisc. Ce projet obéit à une logique implacable : un club de football est censé ne pas dépenser plus d'argent qu'il en gagne

Où en est le fair-play financier ?
Adopté le 1er juin 2010, le fair-play financier est entré en vigueur l'an dernier. Le délai autorité pour se mettre en conformité, 2018, ne sera pas de trop au regard des finances actuelles des clubs. Si l'objectif final est de limiter le déficit à 5 millions d'euros sur une période de trois ans, les pertes autorisées pour la période 2013-2015 sont de 45 millions d'euros. Elles passeront à 30 millions de 2015 à 2018. Fin février, les inspecteurs financiers ont demandé à 76 clubs – sur un total de 237 – de clarifier leur dossier. Début mai, chaque club concerné verra son identité dévoilée sur la place publique et saura s'il est dans les clous ou si son dossier sera référé à la chambre de jugement pour sanction. Celle-ci rendra ses décisions finales mi-juin, laissant ainsi le temps, selon l'UEFA, aux clubs éventuellement sanctionnés de faire appel devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) avant le coup d'envoi de la prochaine saison.

Quelles sanctions pour les clubs ?
Théoriquement, les sanctions vont de l'amende à la limitation du nombre de joueurs pouvant participer à une coupe européenne. La masse salariale pourrait aussi être encadrée comme une interdiction d'aligner ses recrues estivales prononcée. En dernier recours: l'exclusion du club des compétitions de l'UEFA était évoquée. Michel Platini écarte pourtant cette option, jeudi dans Le Parisien . "Si vous attendez du sang et des larmes, vous serez déçus. Il y aura des choses dures mais pas d'exclusions des compétitions européennes", assure l'ancien meneur de jeu des Bleus.

Quid de son efficacité ?
Le dernier rapport financier de l'UEFA montre que les clubs européens ont assimilé le fair-play financier. Preuve en est, les pertes cumulées des clubs européens sont passées de 1,7 milliard d'euros en 2011 à 1,1 milliard en 2012. "Nous sommes donc en passe de réussir notre pari", estime Platini. "Même si certains clubs sont toujours 'limite'".

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