Football Leaks : le PSG affirme n’avoir "jamais eu connaissance d’un système de fichage ethnique", mais...

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RÉACTION – Selon Mediapart, le PSG a fiché des jeunes joueurs en fonction de leur origine ethnique, en faisant un critère de recrutement. Le club répond qu’il n’était pas au courant.

Le feuilleton des Football Leaks se poursuit ce jeudi avec un nouvel épisode : "De 2013 à 2018, le PSG a fiché des adolescents selon leur couleur de peau. Le non-recrutement d'un jeune joueur noir en 2014, en raison de ses ‘origines’, a suscité un scandale en interne. Mais la direction a réussi à enterrer l'affaire et la politique s'est poursuivie jusqu'au printemps dernier", écrit Mediapart. La réplique du club parisien n’a pas tardé, sous la forme d’un communiqué, publié ce jeudi après-midi. 

Il y a un problème sur l'orientation du club, il faut un équilibre sur la mixité, trop d'Antillais et d'Africains sur Paris.Extrait du compte-rendu d'une réunion au PSG

"Début octobre, dans le cadre de la préparation d’un reportage, des journalistes du consortium de media EIC (à l’origine des Football Leaks, ndlr) ont contacté le club à propos de formulaires qui étaient utilisés par les salariés du département recrutement ‘hors Île-de-France’. Ce formulaire contenait un champ d’identification inacceptable. La Direction générale du club n’avait jamais eu connaissance d’un système de fichage ethnique au sein d’un département recrutement ni eu en sa possession un tel formulaire. Au vu des informations qui y sont mentionnées, ces formulaires trahissent l’esprit et les valeurs du Paris Saint-Germain", peut-on notamment y lire.

La direction PSG reconnaît ainsi l’existence du fichage, mais affirme donc ne pas avoir été mise au courant. Le "jeune joueur noir" évoqué par Mediapart se nomme Yann Gboho. En 2014, Serge Fournier, recruteur du PSG en Normandie, recommande chaudement de faire signer ce moins de 13 ans du FC Rouen. Mais Marc Westerloppe, alors directeur de la cellule recrutement au niveau national hors Île-de-France, et à l’origine des fameuses fiches ethniques, refuse.

"On ne va pas revenir sur ce sujet, disait-il lors d’une réunion qui s’est tenue le 14 mars 2014 à ce sujet. Il y a un problème sur l'orientation du club, il faut un équilibre sur la mixité, trop d'Antillais et d'Africains sur Paris." En clair : il s’agissait pour lui de recruter des joueurs blancs hors de l’Île-de-France, pour compenser le nombre de joueurs non blancs venant de la région parisienne. L’authenticité du compte-rendu de ladite réunion n’a jamais été contestée par le PSG. Dans ce compte-rendu, Wersterloppe ajoutait d’ailleurs : "Si le recrutement a été ouvert au national, c'est dommage de retrouver les mêmes profils qui sont déjà sur Paris, c'est une demande de la direction." En l’occurrence d’Olivier Létang, directeur sportif du PSG de l’époque.


"Olivier Létang lui-même aurait tenu des propos identiques" à ceux de Westerloppe, précise Mediapart. En outre, Westerloppe a fait lui-même l’objet d’une réunion, au sujet de ces fiches, le 16 juin, et a ensuite été convoqué à un entretien préalable à une sanction... Qui restera sans suite. Autant d’éléments qui mettent à mal la défense du PSG.

"L’enquête du consortium de media EIC fait un lien avec des propos condamnables qui auraient été tenus en 2014 par le responsable de la cellule de recrutement du centre de formation dédiée aux territoires hors Île-de-France. Saisie à l’époque par le Comité d’entreprise, la direction avait fermement rappelé les règles et les valeurs qui devaient guider le recrutement d’un joueur au club. Aucun élément concret n’ayant alors permis de corroborer ces propos, le club n’avait pu mettre en œuvre les mesures disciplinaires appropriées", se justifie aujourd’hui le club parisien. Qui indique avoir lancé une enquête interne... "Dès le premier contact avec les journalistes du consortium", il y a un mois.

Pour la petite histoire, Létang est aujourd’hui président du Stade rennais, où il a fait venir Westerloppe en tant que "responsable du suivi et du développement individuel des joueurs professionnels", ce qui inclue aussi les plus jeunes. Parmi lesquels un certain Yann Ghobo, signataire de son premier contrat professionnel, avec Rennes, au mois de mai dernier.

La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a exprimé sa "consternation" après les révélations de Mediapart et a demandé à la Fédération française de football (FFF) et à la Ligue (LFP) "d'examiner ce dossier". "Si ces faits de discrimination sont avérés, ils sont passibles de sanctions disciplinaires voire pénales. On ne peut pas tolérer que des personnes soient identifiées, recrutées selon leur couleur de peau ou leur origine", a affirmé la ministre. 

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