PSG, Platini, l'UEFA et Manchester City : ce qu'il faut retenir des "Football Leaks" de Mediapart

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FOOTBALL - Selon les révélations de nombreux médias d'investigation dont Mediapart, ce vendredi, l'UEFA aurait couvert le PSG et Manchester City dans leur stratégie de contournement du fair-play financier.

Ils promettent que les révélations vont durer un mois. Pour l'heure, ce sont le PSG et Manchester City qui sont ciblés. Mediapart révèle dans sa rubrique Football Leaks, comment l'UEFA aurait couvert ces deux clubs pour contourner le fair-play financier. D'après cette enquête, l'UEFA aurait "en connaissance de cause aidé les clubs (PSG et City) à maquiller leurs propres irrégularités, pour des 'raisons politiques'".


Pour rappel, le fair-play financier (FPF), règle édictée par l'UEFA, interdit à un club engagé en compétition européenne de dépenser plus que ce qu'il ne gagne en propre. Les sanctions peuvent aller du simple blâme jusqu'à l'exclusion des compétitions.  

Des contrats de sponsoring surévalués ?

L'enquête de "Football Leaks" dénonce, entre autres, un contrat "douteux" qui porterait "sur 1,075 milliard d'euros promis sur cinq ans au PSG par l'Office du tourisme du Qatar (QTA), soit 215 millions d'euros par an" alors "que deux cabinets d'audit missionnés par l'UEFA ont valorisé ce contrat à... 123.000 euros par an pour l'un, et 2,8 millions d'euros par an pour l'autre". Soit "entre 77 et 1.750 fois moins que le montant affiché". 


Selon Mediapart, le Qatar, propriétaire du club, aurait injecté "1,8 milliard" dans le club depuis 2011. Et Abou Dhabi, propriétaire de Manchester City aurait "apporté la somme hallucinante de 2,7 milliards d'euros au club en sept ans, grâce à son actionnaire et à des contrats de sponsoring surévalués". 

L'intervention de Gianni Infantino en faveur de Manchester City

Gianni lnfantino, à l'époque N.2 de l'UEFA présidée par Michel Platini, aurait "négocié directement un accord avec Manchester City, en court-circuitant (...) l'organe d'enquête interne théoriquement indépendant". Il aurait ainsi adressé un mail aux dirigeants du club anglais avec "un beau cadeau": "20 millions d'amende ferme au lieu de 60. Les 40 millions restants ne seront dus que si le club ne revient pas à l'équilibre financier à l'avenir".


Un mail dont serait en copie Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, "fervent supporter du PSG, habitué du Parc des Princes et grand ami du Qatar" mais qui aurait "aussi aidé, dans le plus grand secret, son rival, voisin et ennemi d'Abou Dhabi" dans ses démêlés avec le FPF. "En sa qualité d'avocat, Nicolas Sarkozy n'a eu aucune activité de conseil auprès des personnes que vous mentionnez", fait savoir à Mediapart son attachée de presse. Le PSG a au final, "eu le même traitement, très accommodant", insiste Mediapart. Aujourd'hui, le PSG est à nouveau ciblé par la FPF après les achats à l'été 2017 de Neymar et Mbappé pour plus de 400 M EUR.

Le "dopage financier" du PSG couvert par l'UEFA

Toujours selon Mediapart, le PSG aurait réussi un sacré tour de passe-passe de dopage financier. Une manœuvre réalisée en dehors des règles édictées par le fair-play financier de l'UEFA, qui interdit aux clubs engagés en compétitions européennes (Ligue des champions, Ligue Europa) de dépenser plus d'argent qu'ils n'en génèrent par leur activité propre. Sous peine de sanction allant de la simple amende, à l'exclusion de la Ligue des champions.


Dans le cas du PSG, le montage aurait été rendu possible grâce des "contrats fictifs de sponsoring" passés avec des institutions directement liées à l'Etat du Qatar. L'enquête révèle ainsi que deux cabinets d'audit missionnés par l'UEFA, les agences Repucom et Octagon, auraient valorisé ce contrat respectivement "à 123.000 euros par an pour l'un, et 2,8 millions d'euros par an pour l'autre, soit entre 77 et 1.750 fois moins que le montant affiché". Mais alors que le club parisien était sous le coup de sanctions, l'UEFA, et ses deux patrons de l'époque Michel Platini et Gianni Infantino, devenu le nouveau président de la Fifa, auraient "couvert les faits" pour des "raisons politiques". 

En 2014, le PSG n'avait finalement écopé que de 60 millions d'euros d'amende, et de deux ans de restrictions financières (plafonnement de la masse salariale, limitation du nombre de joueurs, ...) Depuis les arrivées spectaculaires de Neymar et Kylian Mbappé contre plus de 400 millions d'euros à l'été 2017, le PSG fait de nouveau l'objet d'une enquête de l'UEFA, sous la pression de plusieurs places fortes du football européen.

Le PSG répond aux accusations

En réaction à cette publication, le club parisien a diffusé un communiqué. Il explique avoir "toujours agi dans le respect absolu des lois et des réglementations édictées par les institutions sportives. Le club s’est toujours strictement conformé aux lois et réglementations en vigueur et dément fermement les allégations publiées ce jour par Mediapart". Et la direction du PSG  d'ajouter que "depuis la mise en place du fairplay financier,  [Paris] a été l’un des clubs les plus audités et les plus surveillés de l’histoire."

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