Cris racistes envers Koulibaly, affrontements meurtriers entre supporters : onde de choc en Italie après le match Inter Milan-Naples

Cris racistes envers Koulibaly, affrontements meurtriers entre supporters : onde de choc en Italie après le match Inter Milan-Naples

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JOUR SOMBRE - Ce mercredi 26 décembre 2018, la rencontre opposant l'Inter Milan à Naples en Serie A a été émaillée de nombreux incidents, d'abord dans les tribunes, avec des chants et cris racistes adressés à l'encontre du Sénégalais de Naples Kalidou Koulibaly, puis en dehors du stade, avec des affrontements coûtant la mort à un ultra de l'Inter Milan.

En cette période de fêtes de fin d’année, le mercredi 26 décembre 2018 fut un jour sombre pour le football italien. Déjà gangrené par de nombreuses affaires de racisme dans les stades, à l’instar du Français de la Juventus Turin Blaise Matuidi cible de cris racistes en janvier dernier à Cagliari et décembre 2017 à Vérone, le milieu du ballon rond transalpin a connu un événement du même genre lors du choc opposant l’Inter Milan au Napoli (1-0), à San Siro. 


Des insultes et cris racistes ont alors jailli des travées du stade milanais, tout au long de la rencontre, à l’encontre du défenseur international sénégalais de Naples Kalidou Koulibaly, exclu après deux cartons jaunes reçus coup sur coup, dont un après avoir applaudi l’arbitre. Après la rencontre, Koulibaly, considéré par les observateurs comme un des meilleurs défenseurs centraux au monde, a réagi sur les réseaux sociaux.

"Déçu de la défaite et surtout d'avoir abandonné mes frères. Mais je suis  fier de la couleur de ma peau. D'être Français, Sénégalais, Napolitain. D'être  un homme", a ainsi tweeté en italien le joueur formé à Metz. Son entraîneur, l’ancien boss du PSG Carlo Ancelotti, a déploré sur la chaîne Sky le manque d’initiatives des autorités durant la rencontre : "On a demandé trois fois la suspension du match et il y a eu trois annonces. Mais le match a continué."


Ce triste événement a été dénoncé quelques heures plus tard par la superstar portugaise de la Juventus Turin Cristiano Ronaldo qui, dans un post Instagram, a dit "non au racisme et à toutes offenses et discriminations." Acteur hyper influent du football mondial et nouvel agent de Koulibaly, Mino Raiola a également réagi : "Si l'Italie ne parvient pas à battre ce cancer, alors elle n'a pas d'avenir. Le football est  un miroir de la société. Il faut un objectif unique, il faut du courage, il faut des idées saines, il faut des 'couilles'."

Le maire de Milan demande "pardon" à Koulibaly

Après la rencontre, la Fédération italienne de football a également communiqué via son nouveau président, Gabriele Gravina. "Nous condamnons toute forme de violence, qu'elle soit physique ou verbale, la discrimination raciale étant un facteur aggravant. Nous n'acceptons pas que de tels comportements abîment le football", a déclaré le dirigeant italien, qui souhaite simplifier le règlement pour permettre aux arbitres d'interrompre plus facilement une rencontre.


Quant au maire de Milan, Giuseppe Sala, il a déclaré avoir eu "honte" des cris racistes et demandé "pardon" à Koulibaly au nom de sa ville. L'instance disciplinaire de la Ligue italienne de football a annoncé ce jeudi que l'Inter Milan disputera deux matches à huis-clos à San Siro comme sanction à ces cris racistes et "chants insultants" envers Koulibaly. Un huis-clos partiel a également été infligé à l'Inter concernant seulement le Virage Nord, où sont installés les principaux groupes de supporters du club nerazzurro.

Trois ultras de l'Inter arrêtés

En marge de cette rencontre, de nombreux affrontements entre supporteurs ont eu lieu en dehors du stade mercredi soir, causant le décès jeudi matin d'un fan de l'Inter de 35 ans, renversé par un véhicule en marge d'une attaque menée par une centaine d'ultras contre des minibus transportant des tifosi napolitains. 


Selon Marcello Cardona, ancien arbitre de Serie A et désormais préfet de police de Milan, des dizaines d'ultras de l'Inter, mais aussi de Varese et de Nice, "ont participé à cette attaque 'ignoble'". Quatre supporteurs napolitains ont été blessés dans ces affrontements. La police italienne a procédé à trois arrestations, trois ultras de l'Inter Milan, alors que le préfet a annoncé qu'il demanderait l'interdiction des déplacements de supporteurs de l'Inter jusqu'à la fin de la saison.

Ce n'est pas possible de mourir pour un match de foot.Le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini.

Le ministre de l'Intérieur du gouvernement italien Matteo Salvini a annoncé qu'il convoquerait en janvier dirigeants et ultras de Serie A et B. "Ce n'est pas possible de mourir pour un match de foot", a-t-il déclaré, sans évoquer l'incident survenu à l'encontre de Kalidou Koulibaly.


Ces dernières années, de nombreux joueurs d'origine africaine ont été la cible des ultras italiens à travers des chants et cris racistes. Ainsi, les Ghanéen Boateng, Muntari, le Nigérian Omolade, l'Ivoirien Zoro ou encore l'illustre buteur camerounais Samuel Eto'o ont déjà été confrontés à des actes racistes.

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