France-Allemagne (2-1) : les Bleus expliquent comment ils ont renversé la vapeur

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FOOTBALL - Logiquement menée à la pause, l’équipe de France s’est transfigurée pour arracher la victoire (2-1) dans le second acte, mardi soir face à l’Allemagne en Ligue des nations. Focus sur les ressorts de ce renversement.

"On méritait de gagner car on était la meilleure équipe sur le terrain." Ces mots, lâchés par le sélectionneur allemand Joachim Löw après France-Allemagne (2-1) mardi soir en Ligue des nations, ne sont pas seulement empreints de dépit. Ils traduisent aussi la réalité de ce match, remporté par les Bleus en seconde période, grâce à un penalty généreux, en étant au bord de la rupture sur chacune des (nombreuses) occasions de la Mannschaft.

À la mi-temps, le coach nous a demandé de courir mieux, c’est-à-dire tous ensemble. On faisait les efforts en première période, mais mal.Raphaël Varane

Pourtant, au-delà de ce débat sur une supériorité collective supposée, qu’avaient aussi revendiquée la Belgique ou la Croatie durant la dernière Coupe du monde, le constat s’impose : les Bleus, même secoués par l’adversaire, ou dominés, gagnent ces chocs qui comptent, et cela ne peut pas s’expliquer que par la chance. Cette dernière victoire face à l’Allemagne, arrachée elle aussi dans la difficulté, après une première période pour le moins délicate, est un cas d’école : elle révèle presque à elle seule les ressorts des succès de ces Bleus. Alors ? La parole aux principaux intéressés.

Antoine Griezmann

"En première période, comme jeudi contre l’Islande (2-2), nous n’étions pas nous-mêmes, au niveau de l’état d’esprit. À la pause (mardi soir), le coach et plusieurs joueurs ont pris la parole. Après, on a revu cette équipe championne du monde, chiante à jouer, et dont les joueurs travaillent les uns pour les autres. C’est ça qu’on veut, et c’est ça qu’on recherche. Avec le ballon, ça va toujours, mais c’est quand on ne l’a pas, dans les moments compliqués, qu’on voit les grandes équipes."

Hugo Lloris

"Déjà, on a été solides et efficaces jusqu’à la mi-temps, pour ne pas laisser les Allemands prendre définitivement l’ascendant. Ensuite, on a trouvé des solutions grâce à notre générosité, à notre mental et à notre talent. Cette victoire situe notre niveau de confiance, notre personnalité. Avec le statut qu’on a, tous nos adversaires se préparent pour faire le match parfait contre nous. On n’est jamais à l’abri, ça fait partie du jeu. On doit garder notre mentalité."

Raphaël Varane

"Passer à trois au milieu (avec Blais Matuidi repositionné dans l’axe, ndlr) après la pause, avec N’Golo (Kanté) devant la défense et Paul (Pogba) un peu plus haut pour créer du jeu, nous a permis de moins courir dans le vide, et d’être dans le bon timing au niveau du pressing. C'est ce qui a mis les Allemands en grosse difficulté. À la mi-temps, le coach nous a demandé de courir mieux, c’est-à-dire tous ensemble. On faisait les efforts en première période, mais mal. Et les Allemands parvenaient à nous mettre en difficulté sur les côtés. C’était surtout un réajustement pour nous permettre d’être plus efficaces dans le repli défensif. Nous avons eu également des moments compliqués pendant la Coupe du monde, et nous avons fait le dos rond. Désormais, nous savons de quoi nous sommes capables. On sait souffrir, gérer, et se souder derrière sur nos points forts défensifs. Ensuite, on a de la qualité devant."

Les systèmes sont ce qu'ils sont mais il y a aussi ce qu'on y met. Didier Deschamps

Olivier Giroud

"Au-delà du réajustement tactique, je pense que c'était à nous d'en faire un peu plus, de faire les efforts les uns par rapport aux autres et pour les autres, tous ensemble collectivement. En première période, on restait un peu trop dans ce qu'il fallait qu'on fasse, sans dépasser notre fonction ou aider le partenaire. C'est le mental qui a joué en notre faveur aujourd'hui."

Didier Deschamps

"Ce serait facile pour moi de vous dire que mon changement de système à la mi-temps a fait la différence. J'aurais l'impression de me la raconter un peu (sourire). J'ai pris cette décision car on n'avait pas un bloc suffisamment compact, pour que nos attaquants gardent une grande liberté et pour éviter de se faire transpercer comme lors de la première demi-heure. Les systèmes sont ce qu'ils sont mais il y a aussi ce qu'on y met. Quand on voit qu'on n'est pas dans un bon soir, il faut modifier des choses, le système ou les joueurs. Mais avec cette équipe de France, ça ne lâche pas et c'est ce qu'il faut garder. Notre solidarité, c'est notre force, il ne faut pas la perdre. Le haut niveau, c'est ça."

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