Incidents lors du match Bastia-Lyon : que risque le club corse ?

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FOOTBALL - L'arrêt de la rencontre entre Bastia et Lyon à la suite des échauffourées entre supporters corses et joueurs lyonnais pourrait coûter cher au club de l'île de Beauté. Explications.

Quand une arène sportive se transforme en champ de bataille. La rencontre de Ligue 1 entre Bastia et Lyon a donné lieu à des scènes de chaos, dimanche à Furiani : une cinquantaine de supporters bastiais ont interrompu l'échauffement des Lyonnais en les prenant violemment à partie. Des heurts qui ont repris au retour aux vestiaires, quand une altercation entre le gardien lyonnais Anthony Lopes et le secrétaire général de Bastia a dégénéré. Des incidents qui pourraient coûter cher au club corse.

Après avoir été arrêté par la Ligue de football professionnel (LFP), le match a en effet pris un tournant judiciaire : une enquête en flagrance pour "violences" a été ouverte, a annoncé le procureur de la République Nicolas Bessone. L'enquête a été confiée à la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) et le club de Bastia sera dès jeudi visé par l'ouverture d'une procédure disciplinaire. Sa direction a d'ailleurs rapidement annoncé "réunir d'ores et déjà tous les éléments nécessaires afin de prendre les mesures fortes et adéquates suite à ces incidents" qu'elle a "condamnés fermement".

Des incidents qui s'inscrivent dans un contexte déjà houleux : le Sporting venait tout juste d'enregistrer la réouverture de sa tribune Est, qui avait été fermée pour trois journées à la suite de cris racistes proférés fin janvier contre un joueur de Nice. A cette occasion, la commission de discipline de la LFP avait infligé à Bastia le retrait d'un point avec sursis.

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Des joueurs de l'OL agressés par des supporters du SC Bastia

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"Les clubs qui reçoivent sont chargés de la police du terrain"

La nouvelle salve après ce dimanche pourrait être également douloureuse. Car tous les textes réglementaires et législatifs vont dans le même sens : le club est responsable des désordres pouvant se dérouler pendant un match. Ainsi, la "Loi Pasqua" du 21 janvier 1995 stipule que "l’organisateur d’une manifestation sportive est responsable de la sécurité des personnes à l’intérieur de l’enceinte où se déroule la manifestation". L’article 129 des règlements généraux de la Fédération française de football (FFF), lui, mentionne que "les clubs qui reçoivent sont chargés de la police du terrain et sont responsables des désordres qui pourraient résulter avant, pendant ou après le match du fait de l’attitude du public, des joueurs et des dirigeants ou de l’insuffisance de l’organisation". Même tonalité du côté du règlement de la Ligue de football professionnelle (LFP), lequel prévoit que chaque club doit nommer un directeur de l’organisation et de la sécurité.

Après des incidents en championnat, la commission de discipline de la Ligue peut sanctionner des clubs. Par exemple l’Olympique de Marseille, en 2015, condamné à la fermeture partielle d’une tribune du stade Vélodrome après des jets d’objets sur le terrain pendant un match contre… Bastia. Ces sanctions sont accompagnées d’une amende qui peuvent aller jusqu’au huis clos complet du stade. Voire même de l’éviction du club de certaines compétitions.

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Au cours des incidents, des caméras ont également filmé une scène peu anodine : un stadier, vêtu de son gilet orange, s'en prenant à un joueur lyonnais. Un stadier qui dépend directement du club organisant la manifestation.  A noter que le statut de ce service d’ordre est encadré par la loi, un décret stipulant par exemple que les stadiers doivent être formés. 

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