Incidents OM-OL : "J'ai vraiment cru qu'ils allaient me tuer", raconte un supporter lyonnais tabassé

Incidents OM-OL : "J'ai vraiment cru qu'ils allaient me tuer", raconte un supporter lyonnais tabassé

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LIGUE 1 - Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné, ce mardi, trois supporters de l'OM à des peines de quatre à six mois de prison ferme pour avoir pris part, dimanche soir, à des échauffourées à proximité du stade Vélodrome. Une des victimes livre un témoignage glaçant.

On n'a malheureusement pas fini de parler du match OM-OL (1-1) et, surtout, de ses dommages collatéraux. Outre les jets de bouteilles de bière et de fumigènes sur les joueurs et les forces de l'ordre depuis les tribunes, plusieurs supporters lyonnais ont été agressés autour du stade Vélodrome avant et après la rencontre. Des faits qui ont conduit, ce mardi, à la condamnation de trois fans de l'OM à des peines de quatre à six mois de prison ferme en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Marseille.

Une ITT de cinq jours

Laurent Chanfray, un agent d'assurances lyonnais de 34 ans, fait partie de ceux qui n'ont même pas pu voir le match de dimanche soir. Traqué par des supporters marseillais au moment de se rendre au stade, il affiche ce mercredi son visage tuméfié dans le quotidien Le Progrès . Et raconte, dans le détail, le calvaire qui lui a coûté de nombreuses contusions, une hospitalisation à la Timone et une interruption temporaire de travail de cinq jours.

"On est parti à neuf, avec toutes les précautions d’usage : aucun signe ostentatoire et deux voitures qui ne sont pas immatriculées 69. On s’est garé dans un parking souterrain que l’on connaît, tout près du Vélodrome. Pour rejoindre le parking, on a évité de marcher en groupe. L’un d'entre nous a d’abord été abordé par des Marseillais sortis d’un bar. Ils voulaient vérifier s’il était lyonnais et lui ont demandé d’enlever sa veste et même sa pièce d’identité. Il a réussi à se sortir de cette situation en prenant l’accent marseillais." On pourrait presque en rire si l'on ne devinait pas la suite.

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"C'est un Lyonnais !"

Il poursuit : "Moi, j’étais resté à proximité, mais tout seul, pour m’assurer qu’il n’y aurait pas de problème. Et tout à coup, j’ai été moi-même pris à partie et encerclé. Ils étaient une quinzaine au moins. Ils m’ont joué le même scénario. Puis ont voulu voir dans mon sac. J’ai refusé, ils me l’ont arraché. Ils ont vu l’écharpe. J’ai alors entendu 'c'est un Lyonnais !' et les coups sont partis. J'en ai pris plusieurs en plein visage. J’ai réellement cru qu’ils allaient me tuer. Après, c’est le trou noir. C’est un maître-chien qui rentrait chez lui et m’a vu sur le trottoir qui a prévenu les secours. Mes amis étaient éparpillés car les Marseillais étaient à leur recherche."

Une autre traque a désormais lieu : celle des autres agresseurs et des fauteurs de trouble dans le stade, menée conjointement par les services de police et le club phocéen. Deux autres supporters, poursuivis pour les mêmes faits mais ayant sollicité un délai pour préparer leur défense, seront jugés le 25 octobre. "J'ai même pas de la haine. Plutôt de la peine pour ces types qui me sont tombés à quinze dessus, conclut Laurent Chanfray. Si l’inverse s’était produit à Lyon, je me serais interposé." Rappelons quand même qu'il ne s'agissait que d'un match de football.

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