Le sacre des Bleus suscite un déferlement de commentaires racistes en Italie

Le sacre des Bleus suscite un déferlement de commentaires racistes en Italie

Football
CRITIQUES A L'ETRANGER - La victoire des Bleus a déchaîné un flot d’insultes racistes, à l’encontre de l’équipe de France, dans certains pays.

Les Italiens et les Français, dans le foot, n’ont jamais été très compatibles. Et sont même de sacrés rivaux. Mais la victoire des Bleus, ce dimanche, a semblé laisser un goût assez amer à certains Italiens pour que pullulent des réactions racistes, à l’encontre de l’équipe de France. 


L’Italie avait fait le choix de soutenir la Croatie. D’ores et déjà, les analyses pré-matches n’étaient pas toujours dans la nuance. Pour parler de la Croatie, le Corriere della Sera évoquait ainsi : "L’équipe d'un petit pays qui au cours des vingt dernières années a enseigné le football collectif à tous, sans jamais épuiser la capacité de se renouveler. Comme ils sont dans un mystérieux silence, personne ne les prend par exemple, tout le monde ne les veut que parce qu'ils coûtent moins cher. Mais aujourd'hui, leur mélange de physique et de classe est le plus grand effort fait par l'évolution du football." Pour l’équipe de France : "Ce n'est pas une équipe qui fera école. La somme de ses qualités individuelles est cependant très élevée et ajoute au désir de chacun de devenir collectif. Ce n'est pas la France de Zidane ni celle de Platini, c'est une France de temps maigre. Elle savait qu'elle pourrait être la meilleure et a simplement essayé de gagner."

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La joie des Bleus à l'Elysée

Commentaires racistes

Mais surtout, c’est un journaliste du Corriere della Sera qui, après la victoire, une analyse frayant avec le racisme. "Ce qui frappe dans le monde d'aujourd'hui, c'est qu'il y aura une équipe en tête, la France pleine de champions africains mêlés à de très bons joueurs blancs, et une équipe de blancs seulement au milieu de trois grandes écoles, l'allemande, la slave et l'italienne", écrit le journaliste dans un article repris par un site alternatif. "La Croatie apporte spontanément les avantages du mélange que la France a dû rechercher dans d'autres continents."


Les commentaires de la presse transalpine se sont doublés, après la victoire, d’une avalanche de commentaires racistes sur les réseaux sociaux. Un traitement qui n’est pas appliqué aux autres équipes, comme les sélections belges ou brésiliennes, elles aussi multi-éthniques. "Si ces équipes sont présentées avec enthousiasme, l'équipe tricolore est, elle, vilipendée", analyse le correspondant à Rome des Echos. "La traditionnelle rancœur contre la France se mue en racisme à l'égard de ceux qui la représentent." Le journaliste relève des commentaires à base de "fête pour la victoire du représentant mondial de la Confédération des Etats africains", "la France est la première équipe africaine à gagner un mondial", "des champions du Tiers-monde", "l'équipe des colonies de la France", ou encore "des singes avec un ballon". Et ce, sans compter les tweets partageant les origines des joueurs.

Lesquels étaient parfois repris par les joueurs de l'équipe de France, à l'instar de Benjamin Mendy

A l'image des tensions France-Italie ?

De manière plus générale, les Italiens ne semblent pas vraiment porter les Français dans leurs cœurs. D'après un récent sondage, 80% des Italiens ont une mauvaise image de la France. Les tensions entre les deux pays se sont notamment ravivées autour des questions migratoires. Ces réactions violentes et racistes restent cependant le fait d’une minorité. Mais elles traduisent, rapporte le correspondant à Rome des Echos, un sentiment largement partagé dans la péninsule, le doute sur le "caractère vraiment français" des nouveaux champions du monde.


Reste que le racisme est bien présent dans le pays. Avant le dernier match amical France-Italie à Nice en juin dernier, l'hypothèse que Mario Balotelli soit désigné comme capitaine de l’équipe italienne avait été évoquée. L’avant-centre d’origine Ghanéenne avait répliqué : "Cela ne changerait pas grand-chose pour moi mais ce serait un signe fort contre le racisme dans le pays. Le racisme fait mal, nous devons devenir comme les autres pays, comme la France et l'Angleterre." C’est finalement un autre joueur, Leonardo Bonucci, qui a porté le brassard.

Le Venezuela aussi

A un autre niveau, et pour dénoncer le racisme, cette fois, le président d’un autre pays, le Venezuela, a fait allusion à une victoire du continent africain, après la victoire des Bleus. "L'équipe de France ressemblait à l'équipe d'Afrique, en vrai, c'est l'Afrique qui a gagné, les immigrants africains qui sont arrivés en France (...) L'Afrique a tellement été méprisée et dans ce Mondial, la France gagne grâce aux joueur africains ou fils d'africains", a déclaré le chef de l'Etat Nicolas Maduro en marge d'une cérémonie officielle. Nicolas Maduro a aussi demandé à la France et à toute l'Europe que, après cette deuxième étoile tricolore, cesse le "racisme" et la "discrimination" contre les immigrants africains et latino-américains. 


"Halte au racisme en Europe contre les peuples africains, halte à la discrimination contre les migrants. Je souhaite que la France et l'Europe réalisent que nous, ceux du sud, les africains, les latinoaméricains, nous avons aussi de la valeur et du pouvoir", a-t-il ajouté.  Enfin, il a félicité les Bleus pour avoir joué "divinement bien" et son homologue russe Vladimir Poutine pour l'organisation de ce qu'il a estimé être "la meilleure coupe du monde de football de l'histoire".

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