Pourquoi Neymar retrouvera le FC Barcelone le 27 septembre... au tribunal ?

Football

MERCATO – Après avoir fait des pieds et des mains durant tout l’été pour revenir jouer au FC Barcelone, Neymar sera opposé à son ancien club devant la justice le 27 septembre prochain. Retour sur un litige ayant éclaté lors du départ du Brésilien pour Paris il y a deux ans.

L’air de "Je t’aime, moi non plus" n’a pas fini de résonner entre Neymar et le FC Barcelone. Le Brésilien, parti à Paris dans un bruit de vaisselle cassée grâce à sa clause libératoire de 222 millions d’euros à l’été 2017, n’a eu de cesse, deux ans plus tard et trois mois durant, de tenter de forcer son retour en Catalogne. En vain. Le PSG a tenu à récupérer le pécule dépensé pour s’attacher ses services, et le Barça ne disposait pas, semble-t-il, des fonds nécessaires. Hasard du calendrier et ironie de l’histoire : le n°10 brésilien et le club blaugrana vont se retrouver, ou plutôt se confronter, le 27 septembre prochain... au tribunal. 

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En cause : une prime de 26 millions d’euros, censée être versée un an après la prolongation du contrat du joueur avec le FC Barcelone jusqu’en 2021, signée le 1er juillet 2016. C’est cette même prolongation de son bail qui avait d’ailleurs fait passer sa clause libératoire (un montant à partir duquel un employeur est obligé de laisser partir son joueur) de 200 à 222 millions d’euros. Mais, quelques semaines après l'échéance du 1er juillet 2017, le PSG a levé ladite clause pour arracher le Brésilien au nez et à la barbe du Barça, lequel a répliqué en décidant de ne pas lui verser ladite prime, affirmant que "la somme a été déposée chez un notaire" et arguant que son départ rendait, de facto, leur accord initial caduc.

Attaques et contre-attaques

En conséquence de quoi, Neymar Senior, le père et agent de l’attaquant star (à qui la prime devait être versée), a saisi la Chambre de résolution des litiges de la Fifa, mais sa demande a finalement été classée sans suite en février 2018. Un an plus tard, le quotidien El Mundo a, en outre, révélé que cette prime faisait l’objet d’une enquête du Trésor public espagnol, au motif que les impôts liés à son versement n’ont pas été payés... Charge donc, désormais, à la seule Chambre sociale (sorte d’équivalent de nos Prud’hommes) du tribunal supérieur de justice de Catalogne de trouver une issue à cette affaire.

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Cela ne s'annonce pas simple car, si le clan Neymar réclame à son ancien employeur les 26 millions d’euros susmentionnés, le Barça, lui, n’a pas manqué de contre-attaquer en poursuivant à son tour son ex-attaquant, devant cette même cour, pour rupture unilatérale de contrat, réclamant au Brésilien quelque 75 millions d’euros. En toile de fond, c’est l’épineuse question des clauses libératoires qui doit être tranchée. En ayant lui-même inclus une clause de ce type dans le contrat de Neymar, le Barça peut-il s’estimer lésé ? Est-il dans son bon droit en refusant de verser une prime initialement prévue à la signature d’un contrat de quatre ans, après avoir constaté le départ du signataire un an plus tard ? 

Article 17

Autant de réponses qui pourraient faire jurisprudence. Détail savoureux : si d’aventure Neymar était parvenu à revenir chez les Blaugranas cet été, un arrangement à l’amiable aurait sans doute été trouvé entre les deux parties pour s’éviter cet embarrassant procès... Celui-ci aura donc bien lieu, et il y a même fort à parier que chacun campera fermement sur ses positions. Malgré la volonté établie du Brésilien et du club catalan de réussir enfin à se retrouver l’été prochain.

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À ce sujet, il est intéressant de noter que le quotidien catalan Mundo Deportivo a révélé mercredi que Neymar et son clan, aidés par des avocats spécialisés, envisagent, pour parvenir à quitter le PSG en 2020, de recourir à l’article 17 du règlement de la Fifa, permettant à un joueur... de rompre unilatéralement son contrat après trois années dans un même club sans l’avoir prolongé. Dans ce cas, ce serait à la chambre des litiges de la Fifa de fixer le montant à verser à l’employeur pour compenser cette perte.  Et si celui-ci n’y trouvait pas son compte, il pourrait ensuite se tourner vers le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne, légitime à fixer un nouveau montant. Ce qui, si cela arrivait l’an prochain, engagerait un nouveau bras de fer judiciaire de plusieurs mois, cette fois entre le PSG et Neymar.

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