La lettre poignante de Kylian Mbappé aux jeunes de Bondy (et d'ailleurs)

La lettre poignante de Kylian Mbappé aux jeunes de Bondy (et d'ailleurs)
Football

FOOTBALL - L'international français a publié une lettre à l'adresse des enfants de sa ville natale de Bondy, mais aussi de toute la jeunesse.

Il y avait eu, en pleine Coupe du monde 2018 en Russie, les confessions intimes du footballeur Romelu Lukaku, décrivant dans le détail toute la dureté de son enfance défavorisée en Belgique. Ou encore, en avril 2019, le texte du basketteur Kyle Korver sur "le privilège d'être blanc" aux Etats-Unis, y compris en NBA, sonnant comme un écho au témoignage du footballeur sénégalais de Naples, Kalidou Koulibaly, se demandant s'il est "anormal d'être noir dans ce monde". Ou encore celle de la star norvégienne de l'OL Ada Hegerberg, rappelant qu'"elle n'était pas là pour danser". Depuis sa création par Derek Jeter, ancienne star du base-ball, le 1er octobre 2014, le site The Players' Tribune n'a de cesse d'être alimenté en textes riches par des sportifs du monde entier, sans filtre médiatique, pour faire passer leurs messages. Aujourd'hui, c'est au tour de Kylian Mbappé.

La réalité est que quand j’étais petit, j’avais l’habitude de voir certains des gars les plus durs de mon quartier porter les courses de ma grand-mère.- Kylian Mbappé

La star des Bleus et du PSG y signe une "lettre aux jeunes Kylian", s'adressant "aux enfants de Bondy", sa ville natale en Seine-Saint-Denis, "aux enfants d’Île-de-France", "aux enfants des banlieues", en fait à toute la jeunesse. Il y décrit son parcours, ses aspirations, ses "rêves" ("Avec mes copains, on n'espérait pas, on rêvait"), tous forcément liés au milieu social dont il est issu. "Les gens en dehors de France parlent toujours des banlieues de façon négative mais quand vous n’êtes pas de là-bas, vous ne pouvez pas comprendre ce que c’est, clame-t-il ainsi. Les gens parlent de délinquants comme s’ils avaient été inventés là-bas. Mais il y a des délinquants partout dans le monde. Il y a des gens qui galèrent partout dans le monde. La réalité est que quand j’étais petit, j’avais l’habitude de voir certains des gars les plus durs de mon quartier porter les courses de ma grand-mère."

Il y raconte aussi ce souvenir, soulignant la puissance de sa passion pour le football : "Quand j’avais trois ans, mon père m’a offert pour mon anniversaire un petit 4×4. Vous savez, ceux avec un petit moteur électrique. Vous pouvez vous asseoir à l’intérieur et les conduire. Il y avait des pédales et tout ça. Mes parents me laissaient le conduire depuis notre maison jusqu’au terrain de foot de l’autre côté de la rue, comme si j’étais un vrai footballeur qui conduisait pour aller à l’entraînement. Je prenais ma routine très au sérieux. Tout ce qu’il me manquait, c’était ma trousse de toilette. Mais à peine arrivé en bas de chez nous, je laissais la voiture dans un coin pour aller jouer au ballon. Jouer au foot était bien plus important que traîner dans cette voiture qui faisait pourtant rêver mes copains. Pour moi, le ballon c’était tout."

"Je dois enlever mes chaussures ?"

La dernier extrait que nous vous proposons concerne, lui, sa première rencontre avec Zinedine Zidane. "Juste avant mon 14e anniversaire, j’ai eu une incroyable surprise, raconte-t-il. Mon père a reçu un appel de quelqu’un du Real Madrid qui m’invitait en Espagne pour un stage d’entraînement pendant les vacances scolaires. C’était un choc parce qu’ils ont carrément dit à mon père : 'Zidane voudrait voir votre fils'. À cette époque-là, Zizou était le directeur sportif du club. (...) Je n’oublierai jamais le moment où on est arrivé au centre d’entraînement depuis l’aéroport. Zidane nous a accueillis sur le parking près de sa voiture et c’était une très belle voiture, bien sûr. Il montrait le siège passager, genre : 'Vas-y, monte'. Mais je me suis liquéfié et j’ai demandé : 'Je dois enlever mes chaussures ?' Ahahaha ! Je ne sais pas pourquoi j’ai dit ça. Mais c’était la voiture de Zizou ! Il a trouvé ça très marrant. Il a répondu : ‘Bien sûr que non, allez, monte.’ Il m’a conduit jusqu’au terrain et je me disais dans ma tête, je suis dans la voiture de Zizou. Je suis Kylian de Bondy. Ce n’est pas vrai. Je dois encore être en train de dormir dans l’avion. Parfois, même quand tu vis vraiment quelque chose, cela te paraît être comme dans un rêve."

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