L'après-Mondial, la génération 2018, Kylian Mbappé... Didier Deschamps se confie dans un entretien fleuve

Football

INTERVIEW - Nommé entraîneur de l'année par France Football, Didier Deschamps sort d'une année 2018 sensationnelle, marquée par le sacre mondial des Bleus en Russie en juillet dernier. Lors d'un long entretien accordé au magazine français, le sélectionneur des Bleus revient sur les mois qui ont suivi la victoire et évoque la mentalité de la nouvelle génération de footballeurs, différente de la sienne.

Lundi, pour la troisième fois de sa carrière, le sélectionneur de l’équipe de France Didier Deschamps a été nommé entraîneur de l’année par France Football. A cette occasion, le boss des Bleus a accordé un long entretien au magazine, n’éludant aucun sujet, de sa façon de gérer un vestiaire au crédit qu’il accorde à ses champions du monde, presque six mois après le sacre.

Malgré le titre de champion du monde glané en juillet dernier, le sélectionneur des Bleus ne semble pas rassasié. "Il y a encore de belles choses à faire, j’en suis convaincu. Même si on a grimpé sur le toit du monde, qu’il n’y a rien au-dessus, la vie ne s’arrête pas pour autant. Je viens de passer la cinquantaine, je n’ai pas un âge pour arrêter. Je me sens bien, je suis épanoui dans ce que je fais, je prends encore beaucoup de plaisir. Je travaille surtout avec l’excellence, et c’est ce que je recherche" indique l’ancien coach de Monaco.

Aucun passe-droit pour les champions du monde

Dans cet entretien, Deschamps confesse ne pas avoir prévu que son groupe du Mondial soit aussi performant : "C’était difficile de l’imaginer avec quatorze joueurs sur vingt-trois qui n’étaient pas à l’Euro 2016. On avait quand même beaucoup de joueurs qui n’avaient connu ni Championnat d’Europe ni Coupe du monde, alors que l’expérience est un élément primordial. Dans deux ou quatre ans, ils sont censés être encore plus performants, si certains ne se perdent pas en route." 

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Didier Deschamps invité exceptionnel de TF1 après la victoire des Bleus en Coupe du monde

"DD" évoque également la nécessité de renouveler le groupe, malgré des résultats récents exceptionnels. Selon lui, les 23 champions du monde sont loin d’être intouchables : "Quatre joueurs ont découvert la sélection nationale depuis le titre : Tanguy Ndombele, Ferland Mendy, Alassane Plea et Benjamin Lecomte, avec une titularisation pour les deux premiers. Cela veut dire que la porte est ouverte. (…) Je n’accorde pas un crédit illimité aux champions du monde. Ils savent qu’ils ne doivent pas s’endormir. Je ne suis pas là pour faire plaisir. Ni à compter un nombre minimal de champions du monde dans mes listes."

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Kylian assume, comme d’autres, de vouloir tout, et tout de suite.- Didier Deschamps à France Football.

L'entraîneur passé par Monaco et la Juventus Turin insiste notamment sur l'importance de rester concentré, et ne surtout pas se relâcher, sous peine de connaître de grandes désillusions : "Il y a une phrase que j'aime bien : c'est dans les plus grandes victoires qu'on fait les plus grosses conneries. Parce qu'on peut avoir l'impression qu'il ne peut rien nous arriver. Mais le haut niveau est impitoyable ! Il faut se souvenir pourquoi et comment on est arrivé là et sur quelles forces on s'est appuyé. C'est le socle. Si on en fait un peu moins, on y a droit !"

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Le patron de l'équipe de France aborde également le changement de mentalité entre sa génération, celle qui a remporté la Coupe du monde 1998, et celle sacrée vingt ans plus tard, qui n'hésite pas à afficher ses ambitions haut et fort, à l'instar de Kylian Mbappé : "Kylian assume, comme d’autres, de vouloir tout, et tout de suite. Il y a vingt ans, un joueur comme lui, avec cette assurance, aurait sûrement pris des claques. Son comportement aurait été mal interprété. Aujourd’hui, c’est la force de ce type de footballeurs."

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