L’arbitrage vidéo arrive en Ligue 1 : quels résultats à l’étranger ?

L’arbitrage vidéo arrive en Ligue 1 : quels résultats à l’étranger ?

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CONTESTÉ - La Ligue de football professionnel (LFP) a adopté ce jeudi l'assistance vidéo, qui débarquera donc en Ligue 1 la saison prochaine. Déjà testé en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Italie, le dispositif ne plaît pas forcément à tout le monde. Petit tour d'horizon.

Ce jeudi, la Ligue de football professionnel (LFP) a adopté l’arbitrage vidéo à l’issue d’un vote de son assemblée générale. Soumis en mars prochain à la validation de l’IFAB, l'organisme international en charge des lois du jeu qui est composé de la Fifa et des fédérations britanniques, l’assistance vidéo devrait donc, sauf retournement de situation, s’inviter sur les pelouses de Ligue 1 en 2018-19. 


Présenté comme une révolution technologique censée gommer les erreurs humaines des arbitres, le dispositif est déjà en place dans plusieurs championnats européens, comme la Belgique, l’Allemagne et l’Italie. Et il est loin de faire l’unanimité. L'IFAB, par la voix de son secrétaire Lukas Brud, cité jeudi par le magazine allemand Kicker, a ainsi reconnu les débuts difficiles de l'assistance vidéo et a concédé que des améliorations étaient nécessaires. 


En Allemagne, de nombreuses polémiques sont ainsi nées après des décisions litigieuses prises avec l'aide de la vidéo. Par exemple, en novembre, le patron du centre de contrôle chargé de superviser l’assistance vidéo à l’arbitrage, Hellmut Krug, a été démis de ses fonctions après de très gros soupçons de favoritisme envers Schalke 04, son club de coeur, intervenus à deux reprises lors de Schalke 04 - Wolfsburg le 28 octobre dernier (1-1). Il avait notamment accordé un penalty en faveur de l'équipe évoluant à domicile.

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La Lazio menace de quitter le championnat

De l'autre côté des Alpes, en Italie, le bilan n'est guère plus réjouissant. En Serie A, la Lazio Rome a vu rouge lors de la rencontre l'opposant au Torino lundi dernier. Défait sur le score de 3-1 sur sa pelouse, le club romain a accusé le dispositif vidéo de ne pas lui avoir accordé un penalty pour une main flagrante d'un joueur adverse dans la surface et d'avoir dans la foulée provoqué l'expulsion de l'attaquant vedette Ciro Immobile, coupable d'une mauvaise réaction après ce penalty non-accordé. 


Furieux, le club laziale a menacé, par le biais de son attaché de presse Arturo Diaconale, de retirer purement et simplement son équipe du championnat : "Je parle au nom de tous les supporters, qui réclament de l'équité pour le championnat et que des erreurs similaires n'arrivent plus." "Les tifosi demandent des actes exemplaires du club pour protester, comme retirer le club du championnat", a annoncé Arturo Diaconale, avant d'ajouter qu'il s'agissait de "la solution extrême". Gianluigi Buffon, légende du football italien, a également fortement critiqué le dispositif, le qualifiant de "monstre" pour les arbitres.

Des penaltys oubliés en Belgique

Du côté de la Belgique, où l'assistance vidéo est également introduite sous forme de test, la contestation est moins forte mais bel et bien présente. Ainsi, lors de deux rencontres de la Jupiler League (l'équivalent de la L1 française), Zulte-Wargem - Bruges et Charleroi - La Gantoise, près de trois penaltys ont été "oubliés", dont deux en défaveur de La Gantoise. Les images montraient pourtant la présence de fautes évidentes des défenseurs. L'arbitrage vidéo a également provoqué une situation incongrue avec, en août dernier, un arrêt du match de près de quatre minutes lors de Mouscron-Charleroi, avant qu'un penalty litigieux ne soit sifflé pour les locaux.


Aux Pays-Bas, lors de la Supercoupe nationale, la vidéo a aussi provoqué un ascenseur émotionnel chez les supporters du Feyenoord Rotterdam. Lors d'une rencontre opposant leur club au Vitesse Arnhem, un attaquant adverse s'effondre dans la surface alors que Feyenoord mène 1-0. Mais l'arbitre central décide de laisser jouer, préférant visionner l'action au prochain arrêt de jeu. Seulement, sur l'action suivant la prétendue faute, le Feyenoord contre-attaque et fait le break en marquant son deuxième but. Ce but sera annulé après la consultation de la vidéo par l'arbitre. Ce dernier sifflera finalement un penalty pour le Vitesse Arnhem, qui ne se priera pas pour égaliser. Rotterdam s'imposera finalement aux tirs aux buts mais aurait pu mener 2-0 sans l'assistance vidéo.


Malgré ces nombreux faits litigieux constatés aux quatre coins du Vieux Continent, la Ligue 1 a donc décidé de passer le cap et d'adopter l'arbitrage vidéo. L'avenir dira si la Ligue de football professionnel a eu raison de suivre ses voisins européens.

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