La défaite du PSG à Strasbourg mérite-t-elle vraiment les moqueries de la presse européenne ?

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FOOTBALL – De nombreux médias européens évoquent ce dimanche la défaite du PSG à Strasbourg, la veille, certains allant jusqu’à se moquer du club. Que faut-il en déduire ?

Pour les Anglais du Guardian, c’est "un choc". Pour le quotidien espagnol Marca, qui consacre carrément un encart sur sa Une à la défaite parisienne du 2 décembre chez le promu strasbourgeois (2-1), "le PSG est tombé de son nuage". En Italie, le Corriere dello Sport va jusqu’à se montrer taquin, écrivant : "Il est clair que les buts inscrits par Strasbourg ont mis à nu les fragilités d'une équipe dont l'ensemble de l'effectif doit encore progresser pour être réellement invincible." 

"L'assemblage de stars" vilipendé

Mais c’est en Allemagne, où l’on attend impatiemment la "finale" du groupe A entre le Bayern Munich et Paris, mardi 5 décembre en Ligue des champions, que l’on se montre le plus dur : "Un promu ridiculise le leader", s’esclaffe en effet Sport1, tandis que le magazine Kicker pointe "l'échec d'un assemblage de stars", sous-entendant qu’elles ne forment pas un véritable collectif...

Jamais un club français n’avait eu droit à pareilles retombées européennes pour une défaite dans une compétition nationale. Ni l’Olympique lyonnais quand il survolait la Ligue 1 dans des proportions comparables au cœur de la première décennie du XXIe siècle, ni même le PSG qatari de Zlatan Ibrahimovic et Laurent Blanc, tout aussi intraitable leader du Championnat  il y a seulement trois ans de cela.


Cette différence de traitement s’explique, bien sûr, par les 402 millions d’euros dépensés l’été dernier pour faire venir Kylian Mbappé et surtout Neymar, star internationale, icône médiatique et marketing dans la fleur de l’âge, chipée au FC Barcelone. Un recrutement qui a fait naître des attentes considérables bien au-delà de nos frontières, et provoque chez nos voisins quelque chose qui ressemble à une folle envie de voir tomber ce nouveau concurrent sérieux en Ligue des champions.

Ça va nous servir de leçon pour la suite.Marquinhos, capitaine du PSG à Strasbourg

Y a-t-il toutefois lieu de s’inquiéter pour une équipe qui perd son tout premier match de la saison en décembre, et qui n’avait d'ailleurs plus connu la défaite depuis sept mois ? Poser la question, c’est déjà y répondre. Surtout si l’on tient compte du fait que l’entraîneur, Unai Emery, avait laissé au repos de nombreux cadres, dont son meilleur buteur, Edinson Cavani, en vue du déplacement à Munich.


Unai Emery, justement, a fait cette calme analyse après le match : "On méritait de gagner donc je ne suis pas inquiet. On a eu beaucoup d'occasions pour marquer et ne pas perdre, mais nous avons manqué d'efficacité. L’équipe n’a pas perdu son optimisme." Capitaine à Strasbourg, Marquinhos, lui, trouvait même une certaine utilité à cette déconvenue : "On est passé à côté, on n’a pas réussi à concrétiser et on prend deux buts bêtement. On a manqué de concentration sur les deux buts. Ça va nous servir de leçon pour la suite."

Rappelons enfin que le prochain adversaire du PSG, le Bayern, lui aussi solide leader de son Championnat, avait déjà perdu deux fois cette saison avant ce week-end sans que cela n’ait de telles répercussions médiatiques. En outre, les Allemands, vaincus 3-0 à l’aller au Parc des Princes, n’ont qu’une chance infime de ravir aux Parisiens leur première place du groupe A. "Gagner par quatre buts d’écart contre le PSG, c’est un rêve improbable", a ainsi déclaré le défenseur bavarois Mats Hummels samedi soir. Malgré l’épisode strasbourgeois.

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