La rivalité entre l’OM et le PSG a-t-elle encore un sens ? L'avis de Desailly, Cissé et autres Lama

La rivalité entre l’OM et le PSG a-t-elle encore un sens ? L'avis de Desailly, Cissé et autres Lama
Football

CLASICO – Dimanche 26 février, le PSG se rendra à Marseille avec l’obligation de s’imposer pour conserver ses chances de remporter un 5e titre de champion de France de rang. De son côté, l’OM, laborieux 6e, ne jouera que pour l’honneur. Peut-on encore comparer cet affrontement à ceux qui ont fait la légende de leur rivalité ? LCI.fr a posé la question à ceux qui ont connu ces grandes heures.

Au coeur brûlant des années 1990, un "Clasico" entre l’OM et le PSG pouvait dégénérer à tout moment, y compris dans le couloir menant au terrain, avant même le coup d’envoi. La faute à une rivalité symbolique, entre le club de la capitale et celui qui représente plus la province que la Provence. La faute, aussi, à une rivalité sportive, tandis que les deux équipes se disputaient alors ardemment le titre de champion de France. Le match prévu dimanche, entre un OM encore cahoteux et un PSG capable d’atomiser le Barça, s’inscrit-il vraiment dans cette sulfureuse lignée ? Paroles d’anciens combattants.

Marcel Dib, défenseur de l’OM de 1994 à 1996 : "En termes d'ambiance, OM-PSG est au-dessus des derbys de Buenos Aires et de Rome"

"Oui, ça reste quand même un Clasico, entre deux clubs qui, auparavant, ont eu des histoires. Il y a toujours la même folie. Dès mardi, le stade était à guichets fermés. Moi, j’y étais l’année dernière, il y avait une ambiance incroyable, du spectacle, des énormes tifos. L’écart de budget entre les deux clubs, il n’existe pas dans les tribunes. Paris, c’est particulier. Ce n’est pas OM-Nice, OM-Lyon ou OM-Monaco. Ce qui fait le Clasico, ce n’est pas le terrain, c’est ce qu’il y a autour. J’ai vu des joueurs comme Thiago Silva ou David Luiz, des internationaux étrangers de haut niveau, regarder ce qu’il y avait dans les virages d’un air ébahi. J’ai eu la chance de voir le Superclasico de Buenos Aires à Boca Juniors, le derby Roma-Lazio à Rome et, en termes d’ambiance, OM-PSG, au Vélodrome, c’est au-dessus. Toute la ville en parle, aucun Marseillais ne veut rater ce match. Bon, sur le terrain, aujourd’hui, Paris est très largement au-dessus, mais les supporters vont y croire. Il y a tout le cérémonial de l’avant-match, une ou deux heures avant, où on se régale… C’est sûr que ce n’est plus comme avant. Il y a moins de duels, moins de tacles, les attaquants sont mieux protégés. Mais ce match vaudra toujours le détour. Dans les tribunes, c’est du haut niveau. Et dans un match pareil, le public peut faire la différence dans le résultat."

Marcel Desailly, défenseur de l’OM de 1992 à 1993 : "Avec le projet de Frank McCourt à l’OM, on a le sentiment que cette rivalité va renaître"

"On est dans le football moderne. Forcément, cette affiche a encore un énorme impact. À l’époque où je jouais ces matchs, vous aviez deux présidents emblématiques et des internationaux FRANÇAIS (il insiste) qui évoluaient dans les deux équipes. L’intérêt était peut-être moindre à l’époque qu’aujourd’hui, mais il existait déjà à cause de ça. C’est une question de moment, tout simplement, mais ce match intéresse vraiment toute la nation. Et la rivalité existe toujours. On l’occulte parce qu’il y a un écart entre les budgets des deux clubs, on part du principe que Paris a gagné d’avance, mais il y a une excitation autour du projet de Frank McCourt à l’OM, et on a le sentiment que cette rivalité va renaître."

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Bernard Lama, gardien du PSG de 1992 à 2000 : "Ce match-là, c’est et ce sera toujours le derby de la France"

"Ce dont je suis sûr, c’est qu’il y a une grosse rivalité qui restera toujours. Ce n’est même pas une histoire de football. Paris représente quelque chose de spécial pour toutes les autres villes. Et pour les Marseillais, il ne faut surtout pas perdre contre le PSG, quelles que soient le niveau des équipes alignées. Même si l’OM a perdu tous les Clasicos ces dernières années, ça ne change rien. Quand le PSG était en dessous et que Marseille gagnait, c’était pareil. On ne peut retirer aucune ce ces victoires-là aux deux clubs. Ce match-là, c’est et ce sera toujours le derby de la France, comme Real-Barça est celui de l’Espagne. Le budget n’a rien à voir là-dedans. Ça enflamme tout un pays. Ça reste un très gros match, celui qui fait le plus parler."

Pierre Ducrocq, milieu du PSG de 1994 à 2002 : "L’électricité que je ressentais a un peu disparu"

"Ça n’a plus tellement de sens de parler de Clasico aujourd’hui. Enfin, les deux équipes sont toujours motivées, parce qu’on sait qu’il reste une certaine hostilité. Mais cette appartenance à l’un des deux clubs vaut seulement pour les supporters aujourd’hui. La rivalité sur le terrain, honnêtement, il y en a beaucoup moins. Déjà sur le plan sportif, parce que l’OM n’est pas redevenu assez costaud pour lutter. Et puis il y a beaucoup moins de joueurs qui s’identifient, des deux côtés, et qui auraient cette fibre de vouloir battre l’autre encore plus que toute autre équipe. L’électricité que je ressentais quand je jouais ces matchs a un peu disparu. J’ai l’impression que maintenant, elle existe plus au Vélodrome qu’au Parc, où c’était un peu triste ces dernières années. Alors qu’à Marseille, et c’est sans doute dû au fait que l’OM est moins fort en ce moment, ce match garde une énorme importance. J’espère que ça va changer avec le retour des Ultras au Parc. Eux ont une culture de ce Clasico, comme les supporters marseillais."

Edouard Cissé, milieu du PSG de 1997 à 2007, puis de l’OM de 2009 à 2011 : "Ça fait longtemps qu’il n’y a plus une véritable rivalité"

"Les effectifs à l’époque étaient plus ou moins équilibrés, que ce soit très, très bons ou très, très mauvais. Il y avait des saisons où les effectifs de l’OM et Paris étaient amoindris. Ces dernières saisons, il y a vraiment eu une grosse disparité, l’écart de budgets a joué. Après, sur un match, s’il y a un peu de magie, Marseille peut le faire, mais c’est déséquilibré. Ça fait longtemps qu’il n’y a plus une véritable rivalité entre les deux clubs. Notamment du fait qu’il y ait moins de minots marseillais et de titis parisiens. Le fait que pas mal de joueurs aient joué dans les deux clubs fait aussi que tout ça s’est un peu atténué. En plus, la domination parisienne ces dernières saisons a fait que les Marseillais acceptaient les défaites malgré eux. Avec le nouveau projet olympien, je pense qu’on va se rapprocher d’une égalité des chances. L’OM va se renforcer qualitativement cet été et ça devrait équilibrer un peu plus les débats. Le lustre sera plus brillant. En tant que simple spectateur maintenant, j’attends seulement un beau spectacle, avec des actions et des buts de dingues. Si je souhaite à la meilleure équipe de gagner, en étant objectif, Paris se doit de gagner dimanche."

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