"La scène, je la revis sans cesse depuis huit mois" : le témoignage d'Hugo Aine, jeune footballeur victime d'un malaise cardiaque

"La scène, je la revis sans cesse depuis huit mois" : le témoignage d'Hugo Aine, jeune footballeur victime d'un malaise cardiaque

DirectLCI
TÉMOIGNAGE - Ce jeudi dans L'Equipe, Hugo Aine, jeune joueur de Chambly, revient sur les mois qui ont suivi son malaise cardiaque, survenu le 29 septembre dernier. Il évoque également avec émotion le destin tragique des jeunes Samba Diop (le Havre), Thomas Rodriguez (Tours) et Baptiste Le Foll (Guingamp), tous décédés dans leur sommeil.

Depuis plusieurs mois, plusieurs joueurs de football sont décédés prématurément à cause d’arrêts cardiaque ou durant leur sommeil, à l’instar de l’Italien Davide Astori, âgé de 31 ans et des jeunes français Samba Diop (le Havre), Thomas Rodriguez (Tours) et Baptiste Le Foll (Guingamp). Dans un long entretien accordé à L’Equipe, qui paraît ce jeudi, le jeune milieu de terrain de Chambly Hugo Aine, victime d’un malaise cardiaque le 29 septembre dernier, revient non sans émotion sur les derniers mois qui ont suivi son drame.


"La scène, je la revis sans cesse depuis huit mois. Et depuis qu’il y a eu la mort de ces jeunes, je la revis encore plus. Tous les soirs, avant de m’endormir, c’est compliqué, j’ai peur de ne pas me réveiller. Tous les matins, j’ai la boule au ventre" raconte-t-il avant de poursuivre : "Cette image de moi au stade Bauer (ndlr : Red Star-Chambly : 2-0), j’espère qu’elle partira un jour."


Dans cette interview donnée au journal sportif, le jeune homme revient également sur le moment où il s’est effondré, lors d’un match avec Chambly contre le Red Star (0-2) : "Je n’ai pas perdu connaissance. J’entendais les gens autour de moi, j’ai entendu mon gardien crier. Je ne savais plus trop où j’étais. À ce moment-là, on sait que c’est grave, mais on ne sait pas ce qui se passe. Même à l’hôpital, je suis resté dans le flou."

Le Hugo que je suis au fond de moi, il joue au foot.Hugo Aine dans un entretien à L'Equipe.

"La seule question que je me pose, c’est pourquoi cela nous arrive aussi jeune ? Avec les tests qu’on fait au centre de formation, comment cela peut-il arriver ?" s’interroge le jeune homme, dont le rapport avec la mort a été bouleversé par cette expérience : "Je n’y pensais pas avant. Mon rapport avec la mort, je le vis à travers ce qu’auraient ressenti mes proches. Je me souviens, j’étais avec mes parents le soir de l’hommage à Samba Diop (face au GFC Ajaccio, le 13 avril). On regardait le multiplex sur beIN Sports. Quand je vois ma mère pleurer parce qu’elle voit la maman de Samba Diop pleurer, ça me fait mal. C’est là que tu prends conscience des choses."


S’il ne se fait "plus d’illusions" concernant un retour sur les terrains, le désormais ex-joueur de 22 ans a une forte envie de goûter de nouveau au cuir : "Au début, c’était clair et net : je ne voulais plus en entendre parler. Quand les gens m’en parlaient, je leur disais d’arrêter parce que, pour moi, c’était inimaginable de retourner sur un terrain après ça. Bizarrement, avec le recul, je n’ai qu’une envie, c’est d’y retourner. Je n’ai qu’un rêve, c’est de rejouer (…) Moi, ma vie normale, c’était joueur de foot. Le Hugo que je suis au fond de moi, il joue au foot."

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter