L'absence de concurrence en Ligue 1 nuit-elle vraiment au PSG ?

L'absence de concurrence en Ligue 1 nuit-elle vraiment au PSG ?

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FOOTBALL - Après 16 journées de Championnat, le PSG, déjà champion d'automne, compte 13 points d'avance sur son dauphin, Caen, et 15 sur le 3e, Angers. Cette absence d'adversité peut-elle lui nuire dans l'optique de conquérir la Ligue des champions ?

La formulation du titre officieux de "champion d'automne" a cela d'incongru qu'il est généralement "décerné" quand vient l'hiver, autour du 20 décembre. Le PSG a donc remis un peu d'ordre en étant sacré dès samedi dernier, au soir de la 15e journée, au mois de novembre. Mais, au-delà de l'aspect lexical (et saisonnier), il convient déjà de s'interroger sur la suite de la saison parisienne, le leader comptant 13 points d'avance sur son dauphin, Caen. Car le club de la capitale risque de vite se retrouver endormi par des joutes nationales trop faciles. Et pourrait bien le payer cher au moment de ferrailler avec les cadors européens au printemps prochain, sur la route de la Ligue des champions, son objectif principal.

C'est du moins ce qu'avançait l'entraîneur troyen Jean-Marc Furlan samedi, juste après que son équipe a été éparpillée façon puzzle (4-1) sur la pelouse du Parc des Princes : "Cet énorme écart, c'est très bien pour eux, parce qu'ils dominent, mais dans l'histoire du foot, c'est gênant. Souvent les clubs des pays de l'Est, comme l'Ukraine ou la Russie, ne vont pas très loin en Ligue des champions parce que leur Championnat est trop déséquilibré. C'est bien d'avoir une compétition âpre, sinon le relâchement est trop important après. Pour que le PSG ne connaisse pas une trop grosse différence en Ligue des champions, il faut avoir une compétition équilibrée."

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Si l'on regarde les dix dernières éditions de la plus prestigieuse des compétitions de club, les chiffres donnent raison au technicien : huit des dix derniers vainqueurs de la Ligue des champions ont, cette saison-là, effectivement dû lutter pour arracher un titre de champion national, quand ils n'ont pas dû se contenter des places d'honneur. Seuls le FC Barcelone en 2006 et le Bayern Munich en 2013 disposaient d'une avance très confortable (respectivement 12 points sur le Real Madrid et 25 points sur Dortmund) en allant décrocher la timbale européenne.

Bayern-PSG, même combat ?

Le cas du club bavarois est, du reste, le plus intéressant. Car la Bundesliga est la seule, parmi les cinq grands Championnats, à être ultra-dominée par un club, comme c'est le cas actuellement en France. On notera ainsi que, ces deux dernières saisons, le Bayern, sacré champion dès le printemps, a fini par buter en demi-finale de la Coupe d'Europe. Mais aussi que, les rares fois où il n'est pas parvenu à remporter le titre national dans un passé récent, cela n'a pas toujours été mieux : une finale perdue (à domicile) en 2012... et deux éliminations, en 8es en 2011, et en quarts en 2009.

Alors ? "En Allemagne, le Bayern est sûr d'être champion, mais il a quand même des chocs contre Dortmund, voire contre Schalke ou Wolfsburg, derrière lesquels il y a énormément d'attentes, et qui se rapprochent de l'intensité de la Ligue des champions. Donc je pense que la situation en France dessert plus le PSG, compare l'ex-défenseur Marc Pfertzel, qui a bourlingué (avec Bochum) en Bundesliga, avant d'en commenter les matchs cette saison sur beIN Sports. C'est quoi les chocs cette année en Ligue 1 ? Contre l'OM, on est loin du niveau de la Ligue des champions. Hisser son niveau de jeu d'un seul coup au printemps, c'est vraiment compliqué. Clairement, le Bayern est mieux préparé pour ces matchs-là." Et, malheureusement pour lui, le PSG ne peut pas s'acheter un Championnat.

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