L'Atlético, la passion mais pas l'argent

L'Atlético, la passion mais pas l'argent

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LIGUE DES CHAMPIONS - Les Madrilènes, qui reçoivent Chelsea mardi, s'invitent dans le dernier carré de la compétition pour la première fois depuis 1974. Une performance qui masque la réalité économique du club, endetté à hauteur de 500 millions d'euros et qui pourrait changer de train de vie dès l'an prochain.

Une demi-finale de Ligue des champions, 55.000 supporters tout de rouge et de blanc vêtus, prêts à pousser leur équipe en insultant José Mourinho, lui, l'ancien du Real. La demi-finale aller de la Ligue des champions entre Chelsea et l'Atlético Madrid, ce mardi, a tout d'une grande fête pour les Colchoneros, sur un nuage depuis plusieurs semaines, eux qui ont éliminé Barcelone et trônent sur la Liga. Pourtant, plus ce nuage vole haut, plus dure sera la chute, tant celle-ci semble inéluctable.

Si tout va pour le mieux côté terrain, la situation est en effet plus compliquée en coulisses. D'une part, l'Atlético, dont les revenus annuels sont estimés à 120 millions d'euros pour l'année dernière (20e club le plus riche du monde), vit au-dessus de ses moyens. La masse salariale de l'effectif représente ainsi 90 % de ces revenus, selon le Professeur José Maria Gay, spécialiste de l'économie du football à Barcelone, cité par Reuters. D'autre part, le club madrilène traîne un lourd passif : sa dette s'élève à 500 millions d'euros.

Les précédents Valence, Villareal et Depor

Pour le moment, l'édifice tient, grâce aux victoires, au délai de paiement accordé par le gouvernement espagnol pour régler quelque 100 millions d'euros d'arriérés d'impôts. Et au lucratif contrat signé avec l'office de tourisme d'Azerbaïdjan, qui figure sur l'avant du maillot rojiblanco. Tous les ans, pourtant, les dirigeants espagnols sont contraints de vendre leurs meilleurs éléments, comme Falcao à Monaco l'été dernier (à 64 millions d'euros) ou prochainement Diego Costa, après les De Gea, Agüero ou Torres des années précédentes. Mais il n'empêche, ''la situation financière de l'Atlético est dramatique'', s'étrangle Jaume Llopis, spécialiste de ces questions, également cité par Reuters.

Jusqu'à quand cela peut-il durer? Auparavant, Valence (finaliste de la Ligue des champions en 2000 et 2001), Villareal (demi-finaliste en 2006 puis relégué en D2 en 2012) ou le Deportivo La Corogne (demi-finale en 2003) ont aussi brillé avant de rentrer dans le rang. Au mieux, c'est ce qui attend l'Atlético. Mais la chute pourrait être encore plus douloureuse. En attendant, ''il y en a peu qui ont la même passion et le même enthousiasme que nous'', galvanise Diego Simeone, ancien de la maison passé entraîneur . Et ça, ça ne s'achète pas. 

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