Le coup de Peps du Bayern

Le coup de Peps du Bayern

DirectLCI
FOOTBALL – Champion d'Allemagne le plus rapide de l'histoire avec le Bayern Munich depuis mardi, le technicien catalan a posé le premier jalon du projet global bavarois. En ligne de mire pour Pep Guardiola, faire du club allemand la meilleure équipe du monde.

Il fait tout mieux que tout le monde. Même si Pep Guardiola a hérité l'été dernier d'un Bayern Munich auteur d'un triplé historique Ligue des champions-Bundesliga-Coupe d'Allemagne, l'entraîneur catalan a trouvé le moyen de mettre la barre encore un peu plus haut : mardi, il a remporté avec son club le titre de champion d'Allemagne le plus précoce de l'histoire . Et ce dès la 27e journée, à la faveur d'une victoire face au Herta Berlin (3-1). Une habitude pour celui qui avait remporté quatorze trophées en quatre saisons au Barça (entre 2008 et 2012), et qui compte bien dominer à nouveau le football mondial depuis la Bavière. Voici comment Guardiola compte s'y prendre.

La tradition bavaroise
Un grand entraîneur pour un grand club. Quand, en janvier 2013, Guardiola est officialisé au Bayern, il sait qu'il signe dans une véritable institution. Observateur durant de longs mois, le Catalan s'imprègne de la culture locale, apprend l'allemand et assiste au triplé historique de Munich. Lors de sa première conférence de presse l'été dernier, il annonce d'ailleurs la couleur : "Quand vous héritez d'une équipe aussi forte, vous n'avez pas besoin de changer grand-chose." Dix mois plus tard c'est en compagnie des cadres de l'ère Jupp Heynckes (Philipp Lahm, Bastian Schweinsteiger, Franck Ribéry...), son prédécesseur, qu'il remporte le Championnat. Et si Guardiola s'est soustrait à la tradition bavaroise de la douche de bière , il n'a pas hésité à dédier le titre à Uli Hoeness, l'ex-président du Bayern condamné à trois ans et demi de prison ferme pour fraude fiscale.

La spécialité barcelonaise
Le Catalan a la tête dure. Joueur, déjà, il savait ce qu'il voulait et comment devaient jouer ses partenaires pour remporter des titres. Entraîneur, l'ancien milieu de terrain fait de même avec les équipes qu'il dirige, en mettant en place un jeu basé sur la multiplication des passes et la possession de balle. Une recette qui avait fonctionné à merveille au Barça et que Guardiola a exportée en Allemagne. Sous ses ordres le Bayern conserve en moyenne le ballon 71 % du temps, soit 7 points de plus que la saison passée. Même courbe ascendante pour les passes, puisque depuis le début de la saison, ses joueurs en ont effectué 18 824, contre 15 824 auparavant. "L'arrivée de Guardiola a changé beaucoup de choses ici, expliquait d'ailleurs Franck Ribéry en novembre dernier. On domine plus nos matches et on se crée plus d'occasions." Résultat, 79 buts marqués en Bundesliga pour seulement 13 encaissés.

La touche Guardiola
Le changement dans la continuité. C'est en fin tacticien que l'Espagnol a su imprimer sa griffe sur une équipe qui tournait déjà très bien avant lui. Quelques retouches qui font toutes la différence. Guardiola fait venir le Barcelonais Thiago Alcantara en Bavière et fait monter  d'un cran Philipp Lahm, capitaine et inamovible latéral droit du Bayern. Associé à l'Espagnol et à Bastian Schweinsteiger en milieu de terrain, le défenseur allemand devient la sentinelle d'une arrière-garde quasi imprenable. Partout ailleurs sur le terrain, l'ancien coach du Barça impose un large turnover qui a permis à Arjen Robben d'éviter les blessures et à Mario Götze, recruté chez les rivaux de Dortmund, de s'acclimater tranquillement à ses nouveaux coéquipiers. "Une équipe, ce n'est pas seulement onze joueurs, c'est un ensemble, déclarait récemment Guardiola. Il faut savoir économiser les troupes, parfois changer les systèmes si tu veux être moins prévisible et gagner dans plusieurs compétitions." La concurrence est prévenue.

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter