Le fantôme du Matador Cavani

Le fantôme du Matador Cavani

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LIGUE DES CHAMPIONS - Edinson Cavani n'a pas réussi à sauver le PSG, mardi soir à Stamford Bridge. Très attendu en remplacement d'Ibrahimovic, l'Uruguayen est passé à côté de son match.

Au micro, Edinson avait fait du Zlatan. C'était avant le match. Mimétisme verbal, troisième personne du singulier, ego de belle mesure : "Je n’ai rien à démontrer. Tout le monde sait qui est Cavani. Je suis désolé pour Ibrahimovic et sa blessure mais l’autre attaquant c’est moi alors je vais devoir jouer à sa place." Logiquement, les supporters parisiens attendaient de l'Uruguayen une prestation de leader, à la pointe de l'attaque parisienne – ce poste qu'il convoitait tant – lors d'un match retour à Chelsea commencé avec un confortable coussin de deux buts d'avance.

Sevré de ballons

Las, en lieu d'un Matador implacable, ils auront observer un taurillon déboussolé . Un animal qui aura gambadé plus de 11 kilomètres sur le pré de Stamford bridge. Seul Blaise "running man" Matuidi a fait mieux côté parisien. L'attaquant de pointe, sevré de ballons, a dézoné, tantôt à droite, tantôt à gauche. Irrité, frustré, on l'a vu discuter avec le Brésilien Lucas pour ajuster les transmissions de balles, trop rares, trop peu précises.

Ceinturé par deux cerbères aguerris, John Terry et Gary Cahill, l'Uruguayen a traversé la première période sans toucher un seul bon ballon dans la surface adverse. Un coup franc dans le mur (28e) et c'est tout. Cette faena infinie se poursuivra jusqu'au coup de sifflet final. Jamais le Matador ne portera l'estocade. Certes, "Edi" touchera un peu plus de ballons en seconde mi-temps. Mais ses deux reprises (72e et 78e) s'envoleront au dessus de la transversale de Petr Cech, le gardien casqué des Blues.

Baisse de régime

"Comme à l'aller, il a manqué quelques centimètres pour que je concrétise l'une de mes occasions. C'est la vie" a commenté, amer, le champion uruguayen une fois la partie terminée. Buteur samedi dernier face à Reims, il n'aura plus l'occasion, cette saison, de briller sur la scène européenne. Restera le quotidien d'une Ligue 1 archi-dominée - avant la Coupe du monde au Brésil. La faute à Chelsea, de nouveau. En mars 2012, alors fer de lance de l'attaque du Napoli, Cavani avait été renversé par les Blues, 4-1, en 1/8e de finales retour, après avoir remporté l'aller 3-1 à San Paolo.

Mais malgré sa baisse de régime en ce début d'année 2014 (blessure aux ischio-jambiers en février, soucis conjugaux...), le guerrier uruguayen n'est pas du genre à baisser les bras. Pas de doute qu'avec sa formidable grinta, ses coups de reins décisifs et son sens du but, il saura digérer cette triste soirée londonienne, où, le temps d'une match de football, son fantôme erra sur le terrain, drapé dans un maillot floqué du numéro 9.

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