Le Graët ouvre la porte au port du voile sur les terrains de foot français

Le Graët ouvre la porte au port du voile sur les terrains de foot français

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RELIGION - Le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, a estimé lors d'un entretien avec l'AFP ce mardi qu'il fallait "respecter" le fait que la France est un pays laïc... mais aussi le règlement mis en place par la FIFA depuis mars.

Si le football reste une manière d'oublier les choses plus sérieuses, celles-ci ne sont pas circonscrites au bord des terrains. La question du port du voile agite ainsi le monde du foot depuis de nombreuses années, des joueuses voilées iraniennes aux Sikhs enturbannés canadiens. Alors, pour tenter d'y voir plus clair, la FIFA a officiellement autorisé, le 1er mars, le port du voile et du turban en match officiel partout dans le monde, après un essai de vingt mois. Une décision qui avait provoqué une levée de boucliers en France, jusqu'au plus faut niveau de la Fédération française de football (FFF). Mais son président, Noël Le Graët, a tenu à nuancer son point de vue à ce sujet ce mardi.

"Je vais être très clair. La France est un pays laïc et il faut respecter cela. On a avancé par rapport à la religion, démarre-t-il tambour battant dans l'entretien qu'il vient d'accorder à l'AFP. En ce qui concerne la Fédération, je souhaite que les jeunes filles puissent jouer partout sans que je ne sais qui leur impose le port du voile." En clair : toujours pas question de l'autoriser en France, dans une manière de défense de l'universalité... mais aussi des libertés individuelles.

Noël Le Graët : "Si l'Arabie Saoudite se qualifie..."

Reste que le patron du football français ne jette pas forcément la pierre à la FIFA, ce qu'il n'avait pas précisé en mars. "Là où Blatter (le président de la FIFA, ndlr) a mille fois raison, c'est que, dans certains pays, jouer au foot avec le voile est un tel progrès qu'il faut le faire, reconnaît-il. Ceci dit, sa décision est aussi politique, il y a des élections qui arrivent... Mais si on vient au foot dans un pays laïc, on vient comme tout le monde."

Et à l'inverse, si l'on se rend dans un pays où la religion fait loi ? Noël Le Graët n'a pas dit mot et cela ne veut surtout pas dire qu'il consent. Mais il a tempéré sa rébellion affichée quelques semaines auparavant en se projetant dans un autre cas de figure : "On est candidat pour organiser la Coupe du monde des filles en 2019. Si l'Arabie Saoudite se qualifie, on respectera les règles de la FIFA." Voilà qui a le mérite de creuser le débat, sans exacerber les tensions. Du moins, espérons.

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