"Le PSG n'a besoin de recruter personne à part Messi ou Ronaldo"

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INTERVIEW - Champion du monde 1998 et d'Europe 2000 avec les Bleus, Youri Djorkaeff est aussi l'un des plus grands attaquants de l'histoire du PSG. Présent ce mercredi au siège de TF1 pour détailler, en tant que consultant, le dispositif de la chaîne en vue de la Coupe du monde au Brésil (12 juin-13 juillet), il a bien voulu revenir, pour metronews, sur la saison parisienne.

Quel regard portez-vous sur la saison de votre ancien club  ?
Elle a été très intense et très disputée. J'en profite d'ailleurs pour tirer mon chapeau à un autre de mes anciens clubs, Monaco, qui a aussi fait un très beau Championnat. Cette équipe a joué dans l'ombre du PSG mais elle a aussi poussé les Parisiens à aller au bout d'eux-mêmes. Ces deux grosses cylindrées ont fait plaisir aux spectateurs en pratiquant du vrai football, du beau football, du football offensif. On s'est tous régalé à les regarder. Je suis particulièrement content pour Paris parce qu'au départ, les gens étaient un peu sceptiques par rapport à Laurent Blanc. Certains doutaient de sa capacité à gérer un tel groupe. Et au final, il l'a très bien mené. Il a su profiter du travail d'Ancelotti tout en ajoutant sa patte personnelle. Du coup, on a vu des Parisiens plus euphoriques dans le jeu. Et de très beaux matches de leur part.

L'élimination en quarts de la Ligue des champions ne fait donc pas de cette saison un échec ?
(rires) Non, du tout. Se faire sortir par Chelsea n'a rien d'humiliant ni de dramatique. Voilà à quoi sert l'expérience : un tour à élimination directe se joue en deux matches et louper complètement le deuxième ne pardonne pas, même après avoir parfaitement réussi le premier. C'est le haut niveau et c'est précisément ce qui fait de la Ligue des champions la compétition la plus relevée. C'est pour ça que tout le monde la regarde et que tout le monde l'aime. Justement parce qu'il n'y a plus cette part d'aléatoire si propre au foot. Gagner se joue à une accumulation de détails et, sans eux, vous ne pouvez pas vous qualifier pour le tour suivant.

Que manque-t-il au PSG pour franchir un nouveau pallier l'an prochain ?
Je dirais 90 minutes supplémentaires contre Chelsea au match retour (rires). On en est là aujourd'hui. Passer ce cap nécessite une autre année de travail. C'est aussi ça, la beauté su sport : l'argent peut te permettre de construire quelque chose mais n'offre finalement aucune garantie. Pour l'instant, si on regarde la direction prise par le PSG depuis que les Qataris sont là, ils font les choses bien. On sent un véritable effort d'investissement, mais toujours en visant le résultat à long terme. Il ne s'agit pas juste de gagner une coupe et de partir.

Pour vous, cela ne passe donc pas par un renforcement durant le prochain mercato ?
Non, aujourd'hui, le PSG, comme il est, peut gagner la Ligue des champions. Moi, je ne prendrais personne, à part peut-être un Messi ou un Ronaldo. Sinon, je ne vois pas un joueur vraiment meilleur que ceux qui se trouvent déjà à Paris.

L'élimination à Chelsea ne démontre-t-elle pas une "Ibra-dépendance" certaine  ?
(il souffle) Ce n'est pas une question de dépendance, c'est que Zlatan, comme il l'a lui-même reconnu, a réalisé sa meilleure saison depuis ses débuts. Mais bon, je me souviens que, lors de ce fameux match retour, même sans lui, l'équipe alignée a eu assez d'occasions pour se qualifier. Le pallier dont on parle, les joueurs doivent le franchir tous ensemble. Ibra n'est pas le seul concerné. Que je sache, il était sur le terrain quand le PSG s'est fait sortir par Barcelone l'année précédente. Donc c'est un faux problème. Pour passer cette étape, il faudra un peu plus d'expérience et sans doute une réflexion collective.

Pour finir, que pense le champion du monde 1998 et d'Europe 2000 que vous êtes de la liste des 23 dévoilée par Didier Deschamps mardi soir  ?
C'est ce qu'on attendait, même si chacun avait ses préférences et sa petite liste à soi. Mais celle de Deschamps est très cohérente. Elle s'inscrit dans le triple-objectif qu'il s'est fixé : bien vivre cette compétition, aller le plus loin possible et construire pour le futur. Je la trouve très pertinente. On sent que, derrière, il y a du travail. Le présent y est mis en perspective au profit de l'avenir.

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