Le PSG ne veut pas accabler Yohan Cabaye, mais...

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FOOTBALL - Le moins que l'on puisse dire, c'est que la contre-performance de Yohan Cabaye à Lorient, malgré la victoire parisienne (1-2), n'est pas passée inaperçue. Son entraîneur, Laurent Blanc, et certains de ses coéquipiers, ont voulu la lier au naufrage collectif du PSG en première période. Mais le mal semble plus profond.

Quand on l'avait vu débarquer au PSG au mois de janvier dernier , il y avait déjà un très gros doute. "Je ne le connais pas mais je suis obligé de vous dire que si", avait alors plaisanté Zlatan Ibrahimovic. Considéré comme une star à Newcastle, Yohan Cabaye n'était déjà plus personne à Paris, dans son propre pays. La sentinelle des Bleus voulait relever un nouveau défi mais la complémentarité du trio Matuidi-Motta-Verratti au milieu allait forcément le condamner à un statut de joker. Allait-il s'en contenter ? Au regard de son terne début de saison, et surtout de sa prestation catastrophique à Lorient samedi (1-2 pour le PSG), la réponse, aujourd'hui, est claire. C'est non.

"Pour être honnête, je ne suis pas heureux à Paris, avait confié ce titulaire indiscutable en équipe de France le 8 octobre dernier . Cette situation ne me convient pas. Dès que je suis sur le terrain et que ça se passe un peu moins bien, j'ai l'impression que... hop, je ressors direct." La complainte n'avait, pour ainsi dire, pas fait pleurer dans les chaumières. D'abord parce que ce fonctionnement est propre à tous les grands clubs, aux effectifs pléthoriques. Mais surtout parce que Cabaye n'est pas le moins bien loti des remplaçants parisiens. Son transfert à 25 millions d'euros pousse son entraîneur à le faire jouer : 10 matches disputés cette saison, pour 6 titularisations.

Le silence de Lucas Digne

Après avoir débuté le match à Lorient, le Français est le seul milieu de terrain à n'avoir pas élevé son niveau de jeu en seconde période. Surtout, le contraste a été saisissant lorsque Verratti l'a remplacé à la 62e minute, tant l'aisance et la justesse technique de l'Italien ont fait du bien à son équipe. Forcément attendu en zone mixte, l'espace dévolu aux interviews d'après-match, l'ex-Lillois a filé sans dire un mot, lui qui adore pourtant répondre aux journalistes d'habitude... Le malaise était encore plus perceptible lorsque son ami Lucas Digne a esquivé une question à son sujet, se raclant la gorge avant de "refuser de commenter".

Diplomatiquement, les autres Parisiens ont lié les énormes erreurs de Cabaye à la performance de l'équipe. "Tout le monde a été en dessous en première mi-temps. Yohan est le premier à vouloir être meilleur aujourd'hui qu'hier. Ce n'est pas l'un de ses meilleurs matchs, mais il en reste beaucoup à venir", l'a ainsi encouragé Serge Aurier, lui aussi très critiqué. "Il n'y avait pas que Yo qui était en dedans en première mi-temps et qu'il faut accabler. C'était tout le collectif, de Salvatore (Sirigu) jusqu'à Cava (Cavani) et de Pastore jusqu'à Lucas", a enfoncé Jean-Christophe Bahebeck.

La menace Rabiot

"Il y a des choses que tu ne peux pas expliquer, a, pour sa part, soufflé Laurent Blanc. Techniquement, vous savez le joueur qu'il est. Mais quand je vois la faiblesse technique de mon équipe puis sa justesse en seconde période, je me dis que ce ne sont pas les mêmes joueurs." Cabaye n'est pourtant pas concerné par ce redressement spectaculaire. Mais c'est une manière de dire qu'il pourrait survenir un peu plus tard chez lui.

Le Français n'aura de toute façon pas le choix. Car, dans le même temps, l'ex-banni Adrien Rabiot, qui a prolongé vendredi son contrat avec le PSG jusqu'en 2019 , a disputé, avec l'équipe réserve, son premier match tout entier de la saison, donnant même une passe décisive. "Les sensations étaient bonnes. Je suis à la disposition du coach et mon objectif est de retrouver le groupe pro dès la semaine prochaine", a-t-il lâché après la rencontre. À cause de lui, Cabaye, bientôt relégué au 5e rang dans la hiérarchie des milieux parisiens, pourrait avoir de vraies raisons de se plaindre de son temps de jeu.

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