Le PSG plongé en pleine crise avec ses supporters ultras, qui entament une grève des encouragements

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FOOTBALL - Les membres du Collectif Ultras Paris (CUP), principal groupe de supporters du Paris Saint-Germain, ne se rendront plus au stade jusqu'à nouvel ordre, dénonçant "l'acharnement" dont il est victime de la part des autorités et de "certains membres" du club.

Ceux qui, ces dix dernières années, se sont régulièrement rendu au Parc des Princes ont forcément vu la différence. Ou plutôt entendu. Longtemps considérés comme une source d’embarras, au point que le club a dissous tous les groupes en 2010 en vue du rachat par le Qatar un an plus tard, les supporters ultras du PSG se sont offert un retour au Parc des Princes par la grande porte en 2016, quand le président Nasser Al-Khelaïfi s’est résolu à les réintroduire pour remettre un peu d’ambiance dans un stade devenu trop mutique. Ils s’offrent désormais une sortie, via un communiqué publié mercredi 30 octobre pour annoncer qu’ils ne se rendraient plus au stade "jusqu’à nouvel ordre".

"Nous ne sommes plus en mesure de garantir la sécurité des pensionnaires du Virage devant cet acharnement conjointement orchestré par la Préfecture de Police de Paris, le Sarij (Service d'accueil, de recherche et d'investigation judiciaires, ndlr) et certains employés du club nostalgiques d'une époque où ils pouvaient agir en toute impunité", arguent les ultras, qui dénoncent "une énième provocation et tentative d’intimidation ciblée qui aurait pu engendrer de graves conséquences lors de PSG-OM dimanche", sans donner plus de précisions quant à cette goutte d’eau dans le vase déjà plein.

La direction du PSG bien gênée aux entournures

Concrètement, ces supporters plus fidèles et bruyants que la moyenne, encourageant toutes les composantes du club, y compris en déplacement, boycottera les prochains matchs du PSG Handball, ainsi que ceux des équipes masculine et féminine de football. Sa condition pour revenir : que la direction fasse le ménage, puisque "la balle est dans son camp", écrivent-ils encore dans leur communiqué. Dans leur viseur : certains employés ayant pris part au vaste plan répressif de 2010 (donc à la dissolution globale) et travaillant toujours au Parc des Princes via une société de sécurité, ainsi que la Sarij, service de police dépendant de la Préfecture de police de Paris.

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Selon L’Équipe, plusieurs membres du CUP sont descendus de leur tribune, dimanche 27 octobre pendant le Classique face à l'OM pour en découdre avec certains stadiers, possiblement en raison d’une interdiction de stade, émise par la Préfecture, ayant frappé l’un des leaders du groupe. Le collectif reprocherait, en outre, à certains stadiers de les avoir dénoncés à la police. Il n’empêche : voilà la direction du club bien gênée aux entournures, entre cet ultimatum et la nécessité de se plier aux consignes sécuritaires des autorités publiques. Rien de ce qu’elle a proposé au CUP ce jeudi n’a, en tout cas, pu les satisfaire, dévoile RMC.  En témoigne la chaude manifestation des ultras, dans la soirée, devant le siège du club.

L’épisode dit surtout la difficulté, au XXIe siècle, de situer le curseur entre le besoin d’une ambiance à même de sublimer les joueurs tout en intimidant l’adversaire, et le contrôle absolu des tribunes afin d’éviter tout débordement. Le tout dans un stade où le prix moyen d’une place s’élève à 86,90 euros, tarif le plus élevé d’Europe (d'après un rapport de l'UEFA), même devant les Anglais (Chelsea et Arsenal suivent au classement avec un prix moyen respectif de 86,70 et 85,10 euros), qui n’empêche même pas un taux de remplissage moyen de 98%. Pour l’heure, sur les réseaux sociaux, la plupart des sympathisants du PSG expriment un véritable soutien aux ultras. Mais qui devrait rester silencieux dans le stade.

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