Le PSG version Qatar encore champion de France, et après ?

Le PSG version Qatar encore champion de France, et après ?

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FOOTBALL - En décrochant un deuxième titre de champion de France de rang conjugué à un triomphe en Coupe de la Ligue, le PSG a atteint les objectifs qu'il s'était fixé... à part, bien sûr, en Ligue des champions, où il a encore échoué en quarts de finale. Que manque-t-il au club de la capitale pour franchir un nouveau palier, malgré les sanctions de l'UEFA dans le cadre du fair-play financier ? Metronews a posé la question à deux observateurs avisés.

"Pour moi, avec le titre en poche, on aura fait sans aucun doute une très belle saison. Personne ne nous a rien donné cette année. Le Championnat, sincèrement, est une très belle récompense, parce qu'il représente dix mois de compétition à un très haut niveau." À la veille de remporter le 2e titre de champion national du PSG de rang, le 4e de l'histoire du club, Laurent Blanc voulait souligner le caractère exceptionnel de la saison parisienne qui s'achève, durant laquelle son équipe a émerveillé la France du football et battu une grosse grappe de records.

Mais quelques semaines auparavant, le coach se montrait plus lucide, confiant son "impression qu'il n'y a plus que les résultats en Ligue des champions qui vont réguler la vie du club à l'avenir". Bingo. Le doublé national n'effacera pas l'échec sur le front européen , tout simplement parce que les dépenses somptuaires des propriétaires qataris s'inscrivent dans la conquête obsessionnelle de la Ligue des champions. Une réflexion doit donc déjà débuter pour permettre au club de progresser encore la saison prochaine, qui plus est sous la contrainte du fair-play financier de l'UEFA , qui va l'obliger à changer ses habitudes. Deux experts nous livrent quelques pistes.

Marcel Desailly, ancien défenseur international aujourd'hui ambassadeur Betclic
"La décompression des joueurs après l'élimination en Ligue des champions est anormale. Il aurait fallu revenir à un peu plus d'humilité. On voit que Paris repose trop sur Ibra et que, lorsqu'il a été blessé, Paris a moins bien joué. Mais c'est parce que les autres joueurs, tout au long de la saison, n'ont pas joué ensemble, sans cette personne.

Le gros challenge de Laurent Blanc pour la saison prochaine, c'est d'arriver à faire tourner cet effectif pour que les deuxièmes choix puissent acquérir des automatismes entre eux et permettre au PSG d'être régulier dans la performance, quel que soit le contexte. Si on prend le cas Cavani , c'est facile de le critiquer en disant qu'il a pas le même rendement qu'Ibra, mais il n'avait quasiment pas joué en pointe cette saison. Il a été déstabilisé, et ça s'est vu en de fin de saison. S'il avait eu une dizaine de matches à ce poste-là dans les jambes, il aurait peut-être fait beaucoup mieux.

Les retouches se feront à la marge, deux-trois joueurs pas plus. Paris doit surtout arriver à conserver ses joueurs majeurs. Car si tu les perds, ça veut dire que tu n'as pas dépassé le handicap que représentent la Ligue 1 et la jeunesse du palmarès du club. La solution serait peut-être de sortir Pastore pour faire venir un joueur plus en confiance, capable de rentrer et de faire la différence. Peut-être aussi recruter un gardien de but... Mais sinon l'équipe est cohérente."

Pierre Ducrocq, ancien milieu du PSG aujourd'hui consultant pour France Bleu 107.1
"Il manque simplement un ou deux joueurs, mais de très haut niveau. Ceux qui aideraient à gagner les quelques matches où Paris n'a pas su se hisser à la hauteur de son adversaire, c'est-à-dire les quarts de finale de Ligue des champions. Peu importe les postes à la limite, il s'agirait de combler un léger déficit d'expérience. Aujourd'hui, quand Ibra se blesse, tu n'as plus de patron. Cavani n'est pas un leader mental sur lequel tu peux t'appuyer réellement, même si ça pourrait changer l'an prochain, avec plus de confiance et moins d'ego. La saison d'avant, c'était déjà ce qui s'était passé avec les blessures à répétition de Thiago Motta . Personne n'avait compensé ses absences. Ce qui manque, ce ne sont pas des gens qui crient dans les vestiaires, mais des leaders de terrain.

Un Dani Alves correspondrait parfaitement . C'est un garçon qui a un certain nombre de matches de Ligue des champions derrière lui et qui répondra présent un soir de quart de finale. On peut aussi parler d'un Xavi au milieu et d'un Cristiano Ronaldo devant. Je reste persuadé que le PSG pourra encore recruter des joueurs de cette trempe, même si ça paraît difficile. En tout cas, il faut un autre gros calibre devant, ça a fait trop défaut cette année. Mais je m'attends aussi à voir débarquer un arrière droit et un milieu, pour être titulaires. C'est une nécessité.

Verratti, par exemple, doit encore grandir, et pour cela, il doit côtoyer des très grands à son poste, ce n'est pas plus compliqué. Thiago Motta, Matuidi et Cabaye ne suffisent pas. Il en faut encore un. À la fois pour les laisser souffler et les mettre en concurrence à chaque match. Ce qui impliquerait qu'ils soient au top tous les jours à l'entraînement, et donc qu'ils ne soufflent pas tant que ça... À Paris, tu n'as pas le droit de perdre, ni contre Chelsea, ni contre Ajaccio. L'effectif doit être étoffé mais en privilégiant la qualité, avec 16 ou 17 joueurs de même valeur, dont 7 ou 8 se situant dans le gratin européen. Il n'y a que ça pour devenir champion d'Europe, il n'y a pas de secret.

Il faudrait aussi un grand public. Quand tu vois celui de l'Atlético Madrid... On n'y croit plus, avec l'augmentation des tarifs, et on ne va pas revenir sur le plan Leproux, mais je veux souligner qu'une grande équipe a besoin d'un grand public. Surtout au Parc, un stade qui a une caisse de résonance exceptionnelle. Avec les deux virages de l'ancienne époque, je suis absolument certain que les joueurs élèveraient encore plus leur niveau le jour J. Parce qu'ils ne jouent pas que pour l'argent. C'est soulever les foules qui les motive."

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