Le RC Lens peut-il vraiment retrouver sa place en Ligue 1 ?

Football

DÉCRYPTAGE - Le maintien en Ligue 2, confirmé mardi, du promu lensois pose de nombreuses questions. De quels recours et de combien de temps dispose le club ? Peut-il présenter un budget digne de ce nom dans ce délai ? Que se passerait-il dans chaque cas de figure ? Réponses.

Les amateurs de foot ont tendance à trouver le temps long durant l'intersaison estivale. Ce n'est plus le cas des supporters du RC Lens, qui attendent désormais fébrilement la reprise du Championnat, le 9 août, et risquent de ne pas voir filer les trois semaines à venir. La commission d'appel de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), le gendarme financier du football français, a en effet interdit mardi à leur club de s'aligner en Ligue 1 au départ de la saison . Pourtant, son président, Gervais Martel, l'a encore assuré mercredi à l'AFP : "Je reste extrêmement confiant, je suis persuadé que Lens sera en L1." Alors, méthode Coué ou espoir fondé ?

C'est que le temps commence à sérieusement presser. Surtout, le propriétaire du RC Lens, Hafiz Mammadov, mystérieux investisseur venu d'Azerbaïdjan pour racheter le club sang et or il y a un an, tarde à "mettre les sous", selon les termes de l'entraîneur en grève Antoine Kombouaré . "Un ordre de virement de 10 millions d'euros a été effectué depuis Bakou (capitale de l'Azerbaïdjan, ndlr) dans la nuit de vendredi à samedi mais comme les banques françaises fonctionnaient au ralenti depuis trois jours entre le week-end et le 14 juillet, l'argent n'est pas arrivé. La décision n'a pas tenu compte de cet ordre de virement", expliquait Martel mardi. Oui mais...

Lens veut faire comme Nice

Oui mais ces fameux 10 millions manquants dans le budget auraient dû arriver bien avant. D'ailleurs, le président lensois admet aujourd'hui la possibilité de devoir faire sans. Sa solution : "On va faire appel auprès du CNOSF (Comité national olympique et sportif français, ndlr) dès demain (mercredi) matin pour avoir un rendez-vous au plus vite, peut-être vendredi ou lundi. Si les 10 millions ne sont pas arrivés, il sera possible de présenter un budget de 38 millions d'euros." Soit 10 de moins que les 48 initialement annoncés... Une baisse qu'il faudrait concrétiser drastiquement et très rapidement, mais qui ferait du RC Lens le 13e budget de L1. Un moindre mal.

Il faut cependant préciser que le CNOSF n'émettra qu'un avis consultatif qui demandera confirmation. Même si, comme le dit Martel, "si nous arrivons à le convaincre, c'est que nous aurons les pièces nécessaires". Pour mémoire, en 2002, c'est par ce biais que l'OGC Nice avait été repêché en Ligue 1 au dernier moment après avoir été relégué en National par la DNCG. Mais en vendant quelques joueurs tout en se faisant renflouer ses caisses par ses actionnaire. Ce que le président du RCL ne dit pas, c'est que les 10 millions susmentionnés ne sont pas tout le problème...

Sochaux à l'affût

Mammadov en avait promis 28 pour permettre à son club de présenter un budget de 48 millions, qui le situerait au 7e ou 8e rang du Championnat. Et les 18 restants n'ont, eux, été assurés que sous la forme d’une "garantie à première demande". Dit autrement : ils ne sont pas là non plus et la DNCG s'inquiète, en outre, du fait que Lens ne disposera pas d'un stade fixe pendant plusieurs mois, la faute aux travaux à Bollaert en vue de l'Euro 2016. Tout cela conjugué à la volonté de Martel, encore affirmée mercredi, de ne pas toucher à la masse salariale initialement prévue (13 M€), ne permet pas de penser que le RCL parviendra à convaincre de sa rentabilité dans les prochains jours.

Une certitude : une fois que la Ligue 1 et la Ligue 2 auront commencé, il sera trop tard. Lens pourrait donc difficilement envisager un dernier recours devant le tribunal administratif. Certains imaginent Nancy, qui a fini 4e en L2, prendre la place des Nordistes, voire une L1 à 19 clubs et une L2 à 22 qui permettraient de jouer la montre. Mais le règlement des compétitions de la Ligue de football professionnel (LFP) est clair : selon l'article 511, c'est Sochaux, dernier de L1, qui serait repêché in extremis. "Aujourd’hui, nous sommes en Ligue 2, avec une reprise le 2 août (contre Orléans, ndlr). C’est le seul élément concret dont nous disposons", assure son président Laurent Pernet dans Le Parisien ce jeudi . Sauf que le club doubiste, qui a réduit son budget de 35 à 17 millions et laissé partir 20 joueurs, vient de créer une cellule de recrutement pour parer, dans l'urgence, à cette heureuse éventualité.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter