Le récit de Rigobert Song après son AVC : "On ne voit plus la vie comme avant"

Le récit de Rigobert Song après son AVC : "On ne voit plus la vie comme avant"
Football

COMBAT – Le 1er octobre, Rigobert Song était foudroyé par un AVC, qu’il a combattu et vaincu. Deux mois plus tard, l’ancien capitaine de la sélection camerounaise est revenu avec des mots empreints d’émotion dans "L’Equipe" de ce samedi sur cet épisode qui fait de lui "un miraculé."

Pour mesurer l’ampleur de l’AVC qu’il a subi, il suffit de regarder son visage et son corps amaigris. "Quand je suis sorti du coma, je faisais 60 kg ! Comment un homme armé physiquement comme moi en était arrivé là ?" se demande Rigobert Song (40 ans) dans un entretien fleuve accordé à L’Equipe ce samedi. Si l’ancien joueur de Lens et de Metz pèse aujourd’hui 65 kg, il plante le décor : "Je suis vraiment revenu de très loin" et retrace la soirée de son accident vasculaire cérébral. "J’étais devant la télé, à l’étage de ma maison, à Yaoundé, et j’ai ressenti un gros coup de fatigue. J’avais laissé ma porte ouverte parce que quelqu’un devait venir. Si ma porte  avait été fermée à clé, c’était terminé… Mon chien s’est mis à aboyer, l’animal a peut-être ressenti quelque chose […] Ma chance, c’est d’être tombé sur le côté, donc ma langue sortait […] En fait, ma tension était à 25 et tout a explosé dans ma tête. »

J’ai rencontré la famille partie qui me disait "Tu fais quoi ici ? Tu dois entrer"- Rigobert Song

S’en est suivi une première hospitalisation à Yaoundé avant d’être transféré à Paris, à la Pitié-Salpêtrière. Mais Song était surtout plongé dans le coma durant lequel il a vécu une expérience très marquante : "J’ai découvert mes parents. J’ai perdu mon père à neuf ans, mais je le reconnaissais. J’ai rencontré la famille partie qui me disait : 'Tu fais quoi ici ? Tu dois entrer.' Et à force de les entendre me dire que je devais rentrer, […] j’ai commencé à bouger ou plutôt à me débattre. J’étais attaché, mais j’ai tout arraché. J’avais une puissance incroyable ! Je me bagarrais ! Et ils m’ont replongé dans le coma car je bougeais trop. J’enlevais tous les tuyaux, je criais : 'Libérez-moi ! Libérez-moi !'"

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Song n’a pas traversé cette épreuve seul. Il a pu compter sur le soutien de ses proches (Bernard Tchoutang, Roger Milla, Raymond Kalla, Patrick Mboma) et du peuple camerounais, notamment quand il était au plus mal ("Mon fils est resté deux semaines toutes les nuits dans ma chambre, il me portait pour aller aux toilettes pour me doucher. Je ne pouvais rien faire seul, j’étais couché.") S’il ne devrait pas garder de graves séquelles, son AVC lui a permis de comprendre comment la vie peut basculer en une fraction de seconde. Un constat renforcé par le décès de son ancien coéquipier, Marc-Vivien Foé, en plein match en 2003.  "On ne voit plus la vie comme avant. Je me souviens de notre frère Marc-Vivien Foé. On était le matin ensemble, dans le vestiaire ensemble, sur le terrain ensemble, on se parlait, et il est parti… Les choses peuvent très vite changer. Je le sais encore plus aujourd’hui, car je suis un miraculé." 

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