Le sacre sud-américain de San Lorenzo, l'équipe fétiche du pape François

Football

COPA LIBERTADORES - En s'imposant 1-0 contre le Club Nacional d'Asuncion, le club argentin de San Lorenzo a remporté mercredi soir la première Copa Libertadores de son histoire.

"Aujourd'hui est un jour spécial", avait murmuré hier le pape François, avant de monter dans son avion à destination de la Corée du Sud. "Spécial" pour une communauté de croyants arborant la tunique rayée rouge et bleue, et vénérant onze "Saints" réputés pour leur collectif et leur grinta : les joueurs de l'équipe argentine de San Lorenzo. Leur supporter numéro un avait vu juste, et ses ouailles se prennent déjà à parler de miracle. Hier, au bout de la nuit argentine, leur club de coeur a remporté pour la première fois de son histoire la prestigieuse Copa Libertadores, l'équivalent sud-américain de la Ligue des champions.

"Gloria" en tribune

Au commencement, un immense tifo marqué d'un "Gloria" en lettres capitales, accueillit les équipes dans un stade Pedro Bidegain rempli jusqu'à la gueule. Mais les supporters promettaient plutôt l'enfer aux Paraguayens du Club Nacional d'Asuncion, à voir les fumigènes rouge sang qui embrassaient déjà les virages au coup d'envoi. Tenus en échec 1-1 à l'aller, les joueurs du quartier de Boedo, au Sud de Buenos Aires, se devaient de forcer le destin. Dès la première minute de jeu, tandis que le souverain pontif volait à 30 000 pieds du sol entre Rome et Séoul, une intervention divine sauvait les locaux : la frappe de l'attaquant paraguayen Derlis Orué ricochait contre le poteau des Argentins.

Main de Dieu

Au rythme chaloupé des chants, les locaux faisaient le dos rond. Acculés devant leur but, Mauro Cetto (bien connu des fans de Ligue 1) et ses coéquipiers attendaient patiemment leur salut. Il leur fut accordé sous la forme d'un remake de la "Main de Dieu", si populaire à Buenos Aires. Cette fois-ci, c'est le bras d'un défenseur uruguayen qui, par un réflexe enfantin, comme tiré par un marionnettiste céleste, touchait le ballon dans sa surface de réparation. Pénalty. Les Rouge et Bleu ont en leur sein un spécialiste. Nestor Ortigoza, paraguayen de passeport, a mis au fond 21 de ses 22 dernières tentatives. Son pied ne tremblera pas ce soir non plus.

De Boedo au Vatican

La seconde mi-temps ne sera que souffrance pour les Rouge et Bleu. Le quartier de Boedo tout entier retient son souffle. Jusqu'à la délivrance, dans un tonnerre de joie, et 43 000 fanatiques qui sautillent sur place à l'unisson. Peut-être que l'avion pontifical traversa alors quelques turbulences. Dans la liesse de la victoire, le vice-président du club (et vedette de la télévision) Marcelo Tinelli, promettait que le trophée ferait le voyage au Vatican dès la semaine prochaine. A la fin de ce jour si spécial, le pape François débarquait en Asie, sans écharpe autour du coup ni gueule de bois. Sur son fameux compte Twitter (@Pontifex), point de louanges pour ses onze saints, mais un simple "que Dieu bénisse la Corée", en langue originale.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter