Les révélations croustillantes du patron de Doyen Sports sur le mercato de l'OM et Jean-Michel Aulas

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FOOTBALL - Devenu un acteur incontournable du marché des transferts, le fonds d'investissement Doyen Sports draine son lot de fantasmes. Ce jeudi, son directeur, Nelio Lucas, lève le voile sur quelques mystères, évoquant le président de l'OM, Vincent Labrune, et celui de l'OL, Jean-Michel Aulas. Entre autres.

Si l'on en est pas encore à vendre les footballeurs en kit, on n'en est plus très loin. Voilà en effet plusieurs années que des entreprises ont littéralement investi le marché des transferts, s'accaparant des pourcentages des "droits économiques" de certains joueurs pour toucher ensuite de gros pactoles lorsque ceux-ci sont revendus, le tout en aidant parfois des clubs à payer lesdits transferts. Une opacité où le conflit d'intérêts n'est jamais loin, accentuée par le fait que les sommes circulent la plupart du temps via des sociétés écrans hébergées dans des paradis fiscaux. Le phénomène est arrivé avec fracas en France cet été, quand Doyen Sports s'est officiellement mis à travailler avec l'OM, sans que l'on sache bien quelle a été son influence exacte. Ce qui donne beaucoup de saveur aux déclarations de Nelio Lucas, le patron de ce fonds d'investissement, ce jeudi dans Libération.

Prenons le cas du transfert de Giannelli Imbula de Marseille à Porto. "Quand l'OM m'a dit qu'il voulait 20 millions d'euros pour Imbula, je savais que c'était impossible pour Porto. Porto n’avait que 10 millions à proposer l’OM. Alors je les ai trouvés, ces 20 millions, et j'ai dit aux dirigeants de Porto : ‘'C’est très cher, mais c'est un bon investissement, je suis sûr que vous allez faire un super business à la fin.' Porto va récupérer plus de 20 millions sur Imbula. Tout le monde est content. Malheureusement, je n’ai pas d’argent dedans", explique-t-il ainsi. En clair : c'est Doyen Sports qui a en grande partie financé la transaction. En échange d'un pourcentage à la revente qu'on imagine particulièrement juteux.

Mais ce n'est pas tout. Quasiment dans le même temps, Doyen Sports a aussi orchestré la venue de l'entraîneur espagnol Michel à Marseille. "Vincent (Labrune, le président de l'OM, ndlr) a eu plein de propositions d’entraîneurs et, en août, il a rencontré Mariano (Aguilar), l'agent de Michel, raconte Nelio Lucas. Mariano, c'est mon ami, mon partenaire, et ma mission est de les aider. Si je peux le faire via mes connexions, je le ferai. Cet été, j’ai contacté la Juventus, Porto, le Real Madrid, des clubs dont je suis l’ami. C’est ça que je fais, je facilite la vie ! Quand l'OM a eu besoin du défenseur Rolando, en deux minutes, j’ai négocié ça avec Porto."

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Et quand il s'est agi de recruter un attaquant le dernier jour du mercato, c'est encore vers Doyen Sports que le club phocéen s'est tourné. Sauf que cette fois, Vincent Labrune s'est heurté à un refus. "Pour le Brésilien Leandro Damião, j’ai dit non à Marseille, et le président m’a dit : 'Attends, tu es un ami de l’OM et tu ne veux pas donner un joueur de Doyen !' Mais si je fais ça, demain on aura un problème. Tant que Michel sera à l’OM, il y aura zéro joueur de Doyen", lâche encore Nelio Lucas, démontrant ainsi un certain sens de l'équilibre quand il s'agit de flirter avec la légalité. Car le coach se trouverait vite accusé de faire venir des joueurs de la même écurie que lui sous des prétextes de façade. Résultat : l'Espagnol a entamé la saison avec un seul attaquant de pointe dans son effectif.

Notons enfin que le directeur de Doyen Sports, confronté à des soupçons permanents, a profité de cette sortie médiatique pour mettre Jean-Michel Aulas, le patron de l'OL (et grand ennemi de Vincent Labrune) face à ses contradictions : "En 2014, j’ai fait beaucoup de réunions avec des clubs de L1. Ils sont venus vers moi pour trouver des solutions. J’entends Jean-Michel Aulas critiquer les fonds d’investissement. Mais Lyon a été un de ces clubs-là. Tenez, regardez mon téléphone, c'était pendant le tirage au sort de la Ligue des Champions à Monaco, fin août. Vincent Ponsot (le dirigeant général adjoint de l’OL, ndlr) m’a envoyé un millier de messages pour me dire qu'Aulas voulait me rencontrer." La fin justifie décidément toujours les moyens.

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