Saint-Étienne-PSG : les secrets de la méthode Jean-Louis Gasset

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AUTHENTIQUE - Assis sur le banc de Saint-Étienne depuis un an, Jean-Louis Gasset fait l'unanimité dans le Chaudron, tant chez les supporters que parmi ses joueurs. L'ancien adjoint de Laurent Blanc au PSG, arrivé pour sauver les Verts de la relégation en novembre 2017, séduit par son discours protecteur et sa méthode de travail.

Il est l'homme clé du renouveau de Sainté. Au bord du gouffre l'année dernière avant Noël, avec 20 points au moment d'attaquer 2018 et une inquiétante 16e place au classement, laissant craindre une possible descente en Ligue 2, les Stéphanois avaient reverdi sous la direction de Jean-Louis Gasset. Appelé à la rescousse pour épauler le néophyte Julien Sablé, nommé en remplacement d'Oscar Garcia, limogé, l'ancien adjoint de Laurent Blanc à Bordeaux, en équipe de France et au PSG avait été propulsé, un mois plus tard, dans la peau du numéro 1, avec pour mission de sauver un monument en péril du football français. 


Quatrième coach de l'ASSE intronisé en neuf mois, dans un club peu habitué à essorer les entraîneurs - Christophe Galtier avait occupé le banc des Verts sans discontinuer pendant presque huit ans, entre 2009 et 2017 -, l'ancien joueur de Montpellier (1975-1985) a changé la donne. Sur la phase retour de l'exercice 2017-2018, ses "petits", comme il aime surnommer affectueusement ses joueurs, ont réalisé des miracles en signant 10 victoires en 19 rencontres. Saint-Étienne a même joué jusqu'au bout une place européenne, terminant finalement derrière Bordeaux à la seule différence de buts. Cette dynamique vertigineuse, qu'il a lui-même initiée et qui aurait pu faiblir pendant l'intersaison, s'est prolongée bien au-delà de l'été.

À l'heure d'accueillir le PSG, dimanche 17 février (à 21h) à Geoffroy-Guichard, les Stéphanois foncent vers l'Europe. Après 24 journées, ils pointent au pied du podium, à six petites unités de l'ennemi voisin, Lyon, troisième. Un retour au premier plan opéré par Jean-Louis Gasset, dont la méthode tient à peu de choses : insuffler du plaisir, de la confiance et de l'humanité. 

Jean-Louis avait un rapport très paternel avec nousDavid BELLION, ancien joueur de Bordeaux (2007-2014)

"Jouer avec le plaisir. Le coach insiste beaucoup là-dessus", affirmait Loïc Perrin, le capitaine historique des Verts. "On prend énormément de plaisir au quotidien", appuyait dans Le Parisien Rémy Cabella, libéré dans son jeu et plus efficace depuis l'arrivée de Gasset à Sainté. Paternaliste dans son approche au quotidien avec les joueurs qu'il a eu sous ses ordres, l'ancien adjoint de Luis Fernandez au PSG (2001-2003) "donne de l'amour", confiait alors l'ancien milieu de Montpellier et de l'OM. "Le coach sait nous dire quand ça ne va pas, mais il sait expliquer les choses. Il y a une vraie osmose, une vraie envie collective." "Jean-Louis est quelqu'un de sanguin alors des fois, ça pouvait éclater", narrait en 2011 à RMC Sport David Bellion, qui a travaillé avec lui du côté des Girondins de Bordeaux (2007-2010). "Il avait un rapport très paternel avec nous. Quand il fallait gueuler, il le faisait. On sent qu'il aime les joueurs."


C'est d'ailleurs ce surplus d'humanité qui revient très souvent à son propos. "Humainement, c'est quelqu'un de très bien, qui sait parler aux joueurs, les complimenter ou leur rentrer dedans quand il le faut", expliquait ainsi Stéphane Ruffier, le portier stéphanois. "Sa force, c'est l'humain. Il comprend les joueurs et parle le même langage", assurait Yann M'Vila il y a quelques semaines dans un entretien fleuve au Parisien. "Ce coach, c'est d'abord un homme bien." Un sentiment partagé par Mathieu Chalmé, qui l'a côtoyé à Bordeaux (2007-2010). "Des personnes comme lui, dans le football, il n'y en a plus beaucoup. Il est très humain. Quand il est arrivé à Bordeaux, il avait essayé de connaître les hommes avant de connaître les footballeurs", racontait le champion de France 2009. "Il peut s'adapter très vite à tous les groupes. Il trouve toujours les bons mots, même quand vous êtes moins bons, pour vous redonner confiance, pour vous réveiller. Il y a des entraîneurs qui ne vous donnent pas envie de faire un très bon exercice. Jean-Louis, lui, même si l'exercice est chiant, il va vous donner envie de le faire et de le faire bien." 

Un très bon adjoint, un type vraiment fantastiqueZlatan IBRAHIMOVIC, ancien joueur du PSG (2012-2016)

Outre ses résultats et le jeu attrayant qu'il produit, Jean-Louis Gasset inspire aussi le respect. "C'est un grand entraîneur, son passé parle pour lui", indiquait Ruffier. Même Zlatan Ibrahimovic, pourtant avare en compliments, a eu un petit mot pour celui qui a partagé son expérience parisienne. "(Laurent) Blanc imposait très peu de restrictions et il avait un très bon adjoint (Jean-Louis Gasset, ndlr), un type vraiment fantastique", déclarait le Suédois dans les colonnes de L'Équipe Magazine en novembre dernier. Preuve de ce lien spécial qu'il entretient avec ses joueurs, passés ou présents, l'un des doyens des coaches de L1 (65 ans) avait révélé avoir reçu de nombreux messages de soutien de la part des stars du PSG après le décès de sa femme en janvier 2017. "Ils ont écrit un petit livre, où chacun avait mis un mot dans sa langue", détaillait-il dans les pages du Parisien. "C'était très émouvant. Je le relis parfois. Franchement, c'était beau. Ce sont de grands joueurs et en même temps de grands messieurs."

Il a d'ailleurs mis à profit cette proximité avec les joueurs lors de son arrivée à Saint-Étienne. Pour sa première en tant qu'entraîneur principal depuis 19 ans, l'ancien bras droit de Blanc a fait jouer ses réseaux pour attirer les Paul-Georges Ntep, Mathieu Debuchy, Yann M'Vila, et autre Wahbi Khazri, des joueurs dont il a œuvré personnellement à la venue. "En toute franchise, je ne me voyais pas revenir en France. J"avais envie de poursuivre en Angleterre. Puis un homme a tout changé : Gasset. Il a eu des mots forts", révélait M'Vila dans L'Équipe. "Le coach est l'élément clé de ma venue ici", ajoutait Khazri, interrogé par France Football. "Il connaît le football sur le bout des doigts. Quand il dit quelque chose, ça se vérifie toujours." En un petit plus d'un an, Jean-Louis Gasset a montré qu'il était bien plus qu'un adjoint. Il est fait pour être numéro un.

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