Ligue 1 : un recours des clubs contre l'État, ce nouveau pétard mouillé du foot français

Ligue 1 : un recours des clubs contre l'État, ce nouveau pétard mouillé du foot français
Football

FRONDE - À défaut de faire parler d'elle sur les terrains, la Ligue 1, seul grand championnat européen à ne pas reprendre, fait du bruit en coulisses. Le recours des clubs contre l'État, évoqué par Jean-Michel Aulas et démenti depuis, affiche à nouveau les divisions et la mésentente cordiale entre les dirigeants français.

La famille du foot français n'en finit plus de se déchirer. Le 30 avril dernier, en raison de l'épidémie de Covid-19, la Ligue de football professionnel (LFP) actait la fin de la saison de Ligue 1. Mais, alors que les quatre championnats majeurs du football européen (Allemagne, Italie, Espagne et Angleterre) ont décidé de reprendre, la Bundesliga ayant été la première à rechausser les crampons le 16 mai, le championnat de France résiste, malgré lui, à un retour en irréductible Gauloise. Une posture qui fait grincer les dents de certains clubs français, notamment l'Olympique lyonnais et son président Jean-Michel Aulas.

Grands perdants de cette décision, Lyon, 7e et privé d'Europe, Toulouse et Amiens, relégués en Ligue 2, doivent ainsi abattre leur dernier carte ce jeudi 4 juin devant le Conseil d'État, avec l'espoir - infime - de reprendre l'exercice stoppé à la 27e journée. Mais cela ne les empêche pas de préparer déjà l'après, s'ils venaient à être déboutés. Jean-Michel Aulas songeait en outre à se retourner contre l'État pour le préjudice subi. "À partir du moment où c'est l'État qui a intimé l'ordre d'arrêter le championnat, la responsabilité de l'État est engagée et il faut aller réclamer les 800 millions d'euros de déficit probable pour l'exercice en cours", a-t-il confié mercredi sur l'antenne de RMC, auxquels le dirigeant lyonnais ajoute "une exonération totale des charges sociales". "L'État devra renflouer le foot à l'arrêt, alors qu'une reprise ne coûterait rien à la collectivité", a-t-il poursuivi dans les colonnes du quotidien L'Opinion.

Macron derrière le choix d'arrêter la Ligue 1 ?

Une prise de parole dont s'est "étonné" jeudi Bernard Caïazzo, président du syndicat de clubs Première Ligue. "Il n'entre nullement dans nos intentions d'entrer dans ce type de procédure", a réagi le dirigeant de l'AS Saint-Étienne dans un communiqué à l'AFP, qui sonne comme le dernier épisode en date de la cacophonie ayant accompagné le foot français dans sa gestion de la crise. "Première Ligue travaille actuellement à l'élaboration d'un plan de relance du football professionnel, privé de recettes pendant cinq mois", a-t-il ajouté. "Seule cette démarche occupe toute notre énergie et tous nos esprits, tournés vers le redressement économique de notre activité et vers la reprise sportive des championnats 2020-2021."

De quoi tuer dans l'œuf la piste avancée par Jean-Michel Aulas dans un dossier, dont on ne voit décidément pas le bout. Le Parisien révélait mercredi que la décision de stopper la saison aurait été prise au plus haut sommet de l'État. Le président Emmanuel Macron aurait sondé le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps et que le président de la FFF Noël Le Graët sur la marche à suivre. Il aurait aussi pris conseil auprès Jacques-Henri Eyraud, le président de l'OM, réfractaire à une reprise car deuxième de Ligue 1 au moment de la décision, et donc automatiquement qualifié pour la prochaine Ligue des champions. 

Toute l'info sur

Les défis du déconfinement

Transports, rassemblements... : quelles sont les mesures de restriction toujours en vigueur ?Retour à l'école obligatoire : en quoi consiste le "protocole sanitaire assoupli" ?

Interrogé à ce sujet sur RMC, lors d'un déplacement à Compiègne, la ministre des Sports Roxana Maracineanu a rappelé que l'arrêt du championnat était uniquement du ressort de la Ligue de football professionnel, rejetant ainsi la responsabilité supposée du gouvernement. "Les décisions sont prises par les instances en question. C'est ce qui s'est passé pour le football. Ce n'est pas au ministère des Sports ou au gouvernement de faire le calendrier mais c'est à nous de donner une vision, une visibilité au sport qui s'encadre de manière plus large dans les contraintes qu'a connu notre société", a-t-elle assuré. 

Or, au moment d'acter la fin de la saison, la LFP n'a fait que se ranger, selon les acteurs du foot, derrière l'annonce faite par Édouard Philippe le 28 avril. "La saison 2019-2020 de sport professionnel, notamment le football, ne pourra pas reprendre", avait édicté le Premier ministre. Ce qu'a confirmé Bernard Caïazzo, le président du syndicat Première Ligue il y a quelques jours. "Il ne faut pas se tromper : nous avons été obligés d'arrêter et de clore notre championnat sur injonction gouvernementale", a-t-il déclaré à Eurosport. "Nous n'avons pas eu le choix." D'où le mécontentement de Jean-Michel Aulas, le patron de l'OL, qui réclamait des comptes à l'État... ce que les autres clubs n'ont, eux, pas l'intention de faire.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent