Ligue 1 : un derby à distance entre Lyon et Saint-Étienne pour la Ligue des champions va pimenter la fin de la saison

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FOOTBALL – À l’issue de la 35e journée de Ligue 1 ce week-end, le haut du classement n’offre plus qu’un enjeu, mais quel enjeu : une lutte entre les deux voisins, l’OL et l’ASSE, séparés par un point, pour la troisième marche du podium, la dernière qualificative pour la Ligue des champions.

Deux stades, deux ambiances. Initialement, Lyon recevait Lille, en conclusion de la 35e journée de Ligue 1, dimanche 5 mai, avec l’objectif de recoller à la deuxième place, occupée par les Nordistes  et directement qualificative pour la phase de groupes de la Ligue des champions la saison prochaine. Mais l’OL a concédé le nul (2-2) et, à trois journées du terme du championnat, demeure à six points du Losc, écart sans doute rédhibitoire. Il s’agit donc désormais, pour les Lyonnais, d'assurer leur 3e place, qui contraint à passer par des barrages pour rallier la grand-messe européenne (sauf qualification directe du vainqueur de l'Europa Ligue), en fixant leur regard dans le rétroviseur. Car les Verts, vainqueurs (2-3) à Monaco un peu plus tôt dans la journée, ne comptent plus qu’un point de retard sur leurs voisins honnis...

La chance du 3e ?

Une situation encore impensable en mars, quand Saint-Étienne s’inclinait (0-1) chez lui face à Lille, signant sa 5e défaite en 8 matchs et décrochant à la 5e place, à 7 points du podium... Sauf que, depuis, les Stéphanois n’ont plus perdu, entamant même, ces dernières semaines, une impressionnante série d’invincibilité toujours en cours (6 victoires et 1 match nul). Pendant que Lyon accusait le coup en s’inclinant par deux fois en championnat dans cette même période, avant le nul à domicile de ce dimanche.

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Tant et si bien qu'à présent, tout semble pencher en faveur de Saint-Étienne, actuellement en pleine euphorie, et comme porté par le destin. "C’est vrai que Monaco marque contre son camp. Et puis il y a Glik qui tire sur la barre, Naldo qui tire au-dessus alors qu’il est seul dans la surface", énumérait ainsi le milieu des Verts, Yann M'Vila au sortir de la victoire en terre monégasque, heureuse donc. Avant d’ajouter : "C’est peut-être la chance qu’on n’a pas eue en début de saison, qui nous sourit aujourd’hui. On ne va pas s’en plaindre (sourire)." Les Stéphanois bénéficient, en outre, d’une meilleure différence de buts (+16) que l’OL (+15), ce qui pourrait peser en cas d’égalité finale au classement.

La Ligue des champions, tu peux y penser, mais il ne s’agit pas de notre objectif. Après, tu as le droit de rêver un peu. Moi, je rêve...- Yann M'Vila

Mais il reste trois matchs à disputer, soit neuf points à prendre. Et au petit jeu des comparaisons des calendriers, difficile de dégager une tendance. Certes, Lyon aura, dès le dimanche 12 mai, un déplacement ardu à négocier à Marseille, pendant que Saint-Étienne recevra Montpellier, dans un match qui comptera lui aussi pour l'Europe. Ensuite, l’OL recevra Caen et se déplacera à Nîmes, deux rencontres a priori plus abordables que celles des Verts, qui recevront Nice, avant de se rendre à Angers.

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Dans les deux camps, de toute façon, une même stratégie : celle des œillères, pour ne surtout pas voir ce que font les autres. À la différence que les Verts, eux, se pincent encore pour y croire. Yann M’Vila, toujours : "La Ligue des champions, tu peux y penser, mais il ne s’agit pas de notre objectif. Après, tu as le droit de rêver un peu. Moi, je rêve, mais je suis ambitieux, surtout." Son coéquipier, Timothée Kolodziejczak : "Il faudrait un scénario catastrophe pour qu’on ne termine pas 4es. On est même dans le coup pour le podium." Ben tiens ! Et le coach, Jean-Louis Gasset ? "L’état d’esprit de ce groupe, c’est d’être allergique à la défaite, dit-il. On va garder notre humilité. Seul Saint-Étienne peut empêcher Saint-Étienne d'être européen."

Lord Voldemort

À Lyon, cette posture a été poussée à un point tel qu’elle rappelle presque la manière dont les sorciers du monde de Harry Potter évitent de prononcer le nom du méchant Lord Voldemort, sous peine de provoquer une malédiction. "Ça revient vite derrière", concède ainsi tout juste Léo Dubois, avant de se rattraper : "Si on fait bien le boulot, on n’aura pas besoin de regarder derrière." Même son de cloche du côté de l’entraîneur, Bruno Genesio, pour qui "ça ne change rien (que Saint-Étienne soit revenu à un point, ndlr), il faudra gagner les matchs, comme on l'aurait fait si on avait pu encore accrocher la deuxième place"...

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Heureusement, on a pu compter, ce dimanche soir, sur le jeune (20 ans) Houssem Aouar pour oser prononcer les terribles mots : "Si ça nous met la pression ? Bien sûr ! Après, la pression, on l’avait déjà. On savait que Saint-Etienne n’était pas loin, mais là ils nous en ont mis un peu plus en gagnant à Monaco. Vous savez très bien que le fait que ça soit Saint-Etienne derrière nous, ça rend la fin un peu plus tendue, avec un peu plus de pression. Et donc, oui, ça rajoute du piquant." Ça va sans doute déjà mieux en le disant. Ou pas... Pour la petite histoire, l’OL a battu l’ASSE par deux fois cette saison. Ce qui rendrait bien plus amère encore une défaite dans ce 3e match, à distance celui-là, que personne n’avait vu venir.

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