Ligue 2 : réunions "d'urgence" à la Ligue ce mardi après les incidents lors du barrage Ajaccio-Le Havre

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INCIDENTS - Deux réunions d'urgence sont prévues ce mardi, à 11h et 13h, après les graves incidents survenus dimanche lors du barrage de Ligue 2 AC Ajaccio-Le Havre. Le HAC demande une victoire sur tapis vert quand les Corses dénoncent un "lynchage médiatique". Le président de l'ACA a annoncé le dépôt d'une plainte pour dénonciation calomnieuse contre son homologue havrais.

Deux jours après le match surréaliste entre l'AC Ajaccio et Le Havre en pré-barrage de Ligue 2, lors duquel plusieurs incidents se sont produits, la polémique enfle entre les deux clubs. Preuve de ces vives tensions, le président de l'ACA a signifié mardi son intention de porter plainte pour "dénonciation calomnieuse" contre son homologue havrais, qui assure avoir été frappé lors du match. Alors que les Corses dénoncent un "lynchage médiatique", les Normands réclament, eux, une victoire sur tapis vert. 


"Nous demandons, par rapport aux  violations du règlement, que l'AC Ajaccio perde par pénalité et que le Havre AC soit déclaré vainqueur. Le recours a été déposé", a précisé Jean-Benoît Lhomme, l'avocat du club havrais, qui va également porter plainte.

Lundi soir, la Ligue de football professionnel (LFP) a annoncé la tenue de deux réunions "en urgence" mardi pour trancher. Une première réunion se tiendra à 11h, autour de la commission des compétitions, avant que la commission de discipline ne fasse de même à 13h, "pour étudier le dossier des incidents lors d'AC Ajaccio - Le Havre". Déjà reporté de vendredi à dimanche après le blocage et le caillassage du bus des Havrais, la rencontre, remportée aux tirs au but par Ajaccio (2-2 a.p.; 5-3 t.a.b.), a été marquée par plusieurs faits marquants, sur et en dehors du terrain.

Quatre cartons rouges et des violences dans les tribunes

Sur le terrain, les esprits se sont échauffés lors de la prolongation entre les deux formations. Après son but inscrit sur penalty, le Havrais Jean-Philippe Mateta l'a fêté en se bouchant les oreilles, comme pour ne pas entendre les insultes et critiques, causant la colère des Ajacciens. Ces derniers ont en effet attaqué le buteur avant que la situation ne dégénère avec une bagarre entre joueurs et quatre cartons rouges sortis par l'arbitre, dont un pour Mateta, victime d'une claque dans le visage. L'entraîneur corse, Olivier Pantaloni, a également été exclu. Plusieurs supporters ont également envahi le terrain après ces échauffourées.


Dans les tribunes, des officiels ont dénoncé des insultes racistes de la part de supporters ajacciens, alors que le président du Havre Athletic Club, Vincent Volpe, assure, donc, avoir reçu un "coup de pied" dans le dos avant de quitter précipitamment la tribune présidentielle en compagnie de la député de Seine-Maritime Agnès Firmin Le Bodo, pour suivre la fin de la rencontre dans les vestiaires. Cette dernière a d'ailleurs dénoncé "des injures racistes" visant les joueurs "du début à la fin du match." "La pression verbale s'est transformée en pression physique, le président du HAC Vincent Volpe a reçu un coup de pied dans le dos, il y a eu un jet de projectile et les agents de sécurité nous ont demandé de partir, ça s'est passé très vite" a-t-elle indiqué.

Le club corse dénonce un "lynchage médiatique"

Du côté corse, la lecture des événements est différente. "Une députée du Havre et le président du club ont souhaité, à un moment, quitter les tribunes et rejoindre les couloirs des joueurs. Il ne s'est rien passé, mais il y a eu un moment de tension fort après le penalty et  je pense que, par précaution, ils ont souhaité se mettre à l'abri", explique une source ajaccienne à l'AFP. Le vice-président de l'AC Ajaccio, Alain Orsoni, a pour sa part décrit "un lynchage médiatique" autour de cette rencontre et annonce son intention de quitter le conseil d'administration de la Ligue de football professionnel.


"Les événements de cette dernière semaine qui ont entouré le match de playoff contre Le Havre m'ont convaincu que nous ne pouvions plus accepter un traitement très particulier", explique-t-il dans un courrier avant d'ajouter : "J'ai l'intime conviction que nous sommes victimes d'un lynchage médiatique mais aussi d'une  suspicion permanente relative à ce fameux contexte corse si profondément et si injustement ancré dans les esprits". Orsoni a toutefois salué la décision de la LFP de maintenir "le match de playoff malgré les pressions de toutes sortes", tout en déplorant "les réactions, avant même vérifications, (sur) les incidents soi-disant très graves alors qu'ils étaient bénins".

"Deux affaires" distinctes pour la présidente de la Ligue

Pour la présidente de la Ligue de football professionnel, Nathalie Boy de la Tour, ces incidents se découpent en "deux affaires", la première concernant "l'arrivée du bus vendredi soir, des incidents, et un problème de sécurité hors stade qui relevait de l'Etat et non du club". La seconde, concerne "le match lui-même après la célébration du penalty. Ça ressemble à un match qui dégénère et on a affaire à des faits de jeu, qui relèvent de la commission de discipline", a-t-elle indiqué sur France Info.


La ministre des Sports Laura Flessel a réagi dans la soirée sur Twitter : "Après un échange avec sa Présidente, je compte sur la diligence et  l'intransigeance de la LFP. Les faits reprochés sont graves. Comme amateurs de football, comme citoyens, nous sommes indignés par le triste spectacle de ACA-HAC. Je me rapprocherai de Nicole Belloubet (ndlr : la ministre de la Justice) pour étudier les sanctions pénales dans ce genre d'affaires". Reste à savoir le match de barrage opposant l'AC Ajaccio à Toulouse, prévu mercredi soir, se déroulera et si oui, dans de bonnes conditions, après les nombreux incidents du week-end.

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