Ligue des champions : oui, le PSG a changé (en mieux) cette saison

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EN PROGRÈS - Vainqueur à Belgrade (1-4) mardi soir, le PSG a terminé en tête de son groupe en Ligue des champions et s’est qualifié pour les 8e de finale. Ce n’est pas la première fois mais, dans la manière, le club parisien semble s’être transformé. Au point de pouvoir aller au bout ?

Il y en aura toujours pour dire que ce n’était "que" l’Étoile Rouge de Belgrade en face, mardi. Ceux-là ont oublié la défaite à Benfica (2-1) ou le nul à domicile face à Ludogorets (2-2), au début de l’ère qatarie, chaque fois lors de ce dernier match de la phase de poules, qui avaient coûté au PSG la première place de son groupe en Ligue des champions. En Serbie, Paris a donc fait le boulot, et de façon suffisamment carrée pour s’éviter des calculs anxiogènes. Mais ce n’est pas tout.

À l’heure de dresser le bilan de ce premier tour, force est en effet de constater que la bande à Thomas Tuchel, au-delà du contrat rempli, ne nous pas montré la même chose, dans ces six premiers matchs de campagne européenne, que le PSG des années précédentes, sous les mandats de Laurent Blanc puis d’Unai Emery. C’est, bien sûr, dû à la difficulté inhabituelle du groupe, avec Liverpool et Naples, qui a logiquement poussé le club parisien à élever son niveau dès l'automne.

Le PSG aura beaucoup plus grandi dans cette phase retour que les années précédentes.- Pierre Ducrocq

Avant même de connaître le résultat du match à Belgrade, Pierre Ducrocq, ancien milieu du PSG (de 1994 à 2002), dressait ainsi le constat suivant sur RMC : "Ce match, c'est un virage, soit tu bascules et tu fais des tonneaux parce que tu as été trop vite, et alors il faudra en tirer beaucoup de conclusions, soit tu prends ce virage à la limite de ce qu’il fallait et tu sors qualifié de ce groupe, alors tu as une ligne droite où tu auras appris beaucoup de choses. En tout cas, le PSG aura beaucoup plus grandi dans ces trois matchs de la phase retour que les années précédentes."

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Avant, il y avait eu les trois premiers matchs, une défaite inaugurale à Liverpool (3-2), un carton à domicile face à l’Étoile Rouge (6-1), puis un nul arraché miraculeusement contre Naples (2-2) au Parc des Princes. Ont suivi un nul cette fois malheureux à Naples (1-1), une victoire face à Liverpool (2-1) et donc celle à Belgrade (1-4). En parallèle, au classement, Paris s’est retrouvé quatrième du groupe au soir de la 1ère journée, troisième aux soirs des 2e, 3e et 4e journées, deuxième au soir de la 5e journée, puis premier en conclusion. Ce qui figure une montée en puissance, en contraste avec les déclins ronronnants des dernières années.

La patte Tuchel

Et il faut se souvenir qu’au départ, les manques de ce PSG semblaient criants, notamment au milieu de terrain, où un n°6 était attendu cet été mais n’est jamais venu. Ce qui a conduit Tuchel à y repositionner le défenseur Marquinhos, pour un résultat d’abord mitigé, convaincant ensuite. Plus largement, ce qui frappe, sur ces six matchs, c’est la variété des systèmes de jeu utilisés, et la large revue d’effectif réalisée par l’entraîneur pour faire jouer la concurrence, via les jeunes pousses du centre de formation, et finalement sortir les cadres du vestiaire de leur zone de confort.

Chacun s'est remis en question.- Kylian Mbappé

Sur le plan tactique, le PSG n’a jamais géré, jouant toujours l’attaque. Tuchel, lundi en conférence de presse : "On veut la possession du ballon, c'est clair. Mais une possession isolée, ce n'est rien. C'est important d'avoir une possession agressive, puis d'avoir des occasions de but. On doit attaquer dans l'axe et sur les côtés mais, quand tu as beaucoup le ballon, c'est très, très serré en Ligue des champions. Alors si on fait un bon contre-pressing, on aura la possibilité d'avoir des contre-attaques." Et surtout un style aussi esthétique qu’efficace, y compris face à de grosses équipes. Autre nouveauté.

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"À un moment, on a eu un peu peur de ne pas aller en 8es de finale, mais on a réussi à tirer du positif de ces moments difficiles, analysait pour sa part Thiago Silva tard mardi soir. Je crois que mentalement, après Naples, j’ai beaucoup changé, car le nul là-bas était de ma faute. L’équipe jouait très bien et elle a été pénalisée par mon erreur. Alors, face à Liverpool, j’ai beaucoup poussé les joueurs qui en avaient besoin, car si on faisait nul, on était éliminés. Le fait d’avoir battu cette équipe, qui a les moyens d’aller en finale et de la gagner, nous a fait beaucoup de bien."

On joue plus comme une équipe maintenant.- Thiago Silva

Comme lui, Mbappé a tenu à évoquer cette victoire charnière face aux Reds, vice-champions d’Europe : "Ce qu'on produisait avant n'était pas suffisant, il fallait relever la tête et montrer un autre visage à nos fans et à nous-mêmes. La prise de conscience a eu lieu de la part de chaque joueur, chacun s'est remis en question. Il faut se dire les choses entre bonhommes quand ça ne va pas, c'est ce qu'on a fait et on est récompensés."

Le dernier mot revient à Thiago Silva et à son sens de la formule : "Maintenant, même quand on prend un but, on réussit à rester tranquilles, patients avec le ballon, et mentalement forts. Je suis content de la façon dont on a joué, car je sens que l’on joue plus comme une équipe. Je ne sais pas exactement ce qui a changé, mais j’espère que ça va durer jusqu’à la fin de la saison." Management, tactique, état d’esprit né dans la difficulté : les ressorts de Tuchel pour faire gagner son Paris.

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