Ligue des champions : 5 choses à savoir sur le RB Leipzig, adversaire de l’AS Monaco et symbole du foot business décomplexé

Ligue des champions : 5 choses à savoir sur le RB Leipzig, adversaire de l’AS Monaco et symbole du foot business décomplexé

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FOOTBALL – Pour son entrée en lice en Ligue des champions, ce mercredi soir, l’AS Monaco se déplace chez le vice-champion d’Allemagne, le RB Leipzig. Présentation d'un club peu banal.

Si peu de gens, en France, connaissent le RB Leipzig, premier adversaire de l’AS Monaco cette saison en Ligue des champions (ce mercredi soir à 20h45), combien sont-ils à avoir entendu parler du SSV Markanstädt ? Encore moins, bien sûr. Eh bien faut justement savoir qu’il s’agit du même club, et qu’en 2009, il végétait encore en 6e division allemande… Voici donc ce qui était initialement un petit club de quartier aujourd’hui assis à la table des plus grandes équipes d’Europe, par la grâce de sa 2e place en Bundesliga la saison passée, acquise aux dépens de mastodontes tels que le Borussia Dortmund ou Schalke 04. Focus sur une trajectoire peu banale, qui ne laisse personne indifférent en Allemagne, loin de là…

Un club créé artificiellement

C’est donc en 2009 que le RB Leipzig est né, des suites de son rachat par la firme Red Bull. Laquelle a vite flairé le bon coup : les deux autres clubs de la ville restant englués en 4e division depuis un bail, l’injection de plusieurs centaines de millions d’euros allait vite permettre de se mettre dans la poche toute la population locale (600.000 personnes), en manque de foot de haut niveau. Résultat : le RB Leipzig a connu quatre montées en sept saisons, quand il faut quinze ans en moyenne à la plupart des clubs allemands pour atteindre l’élite nationale… Cela contribuera à rendre le club particulièrement impopulaire (on y reviendra), y compris en Allemagne de l’est, et ce bien qu’il s’agisse du seul représentant de l’ex-RDA en Bundesliga.

Un "naming" qui ne dit pas son nom

Pourquoi donc Red Bull n’a-t-il pas accolé son nom à celui du club, comme il l’avait fait avec le Red Bull Salzburg ou les New York Red Bulls ? Tout simplement parce que cette pratique commerciale, dite du "naming", est interdite en Allemagne. Mais les dirigeants ont trouvé une astuce, en nommant le club "RB Leipzig". "RB" pour Red Bull ? Pas du tout, il s’agit, officiellement, des initiales de "RasenBallsport" ("sport de balle sur gazon"). Quant aux deux taureaux rouges sur l’écusson du club, ils n’ont évidemment rien à voir avec le logo de la marque de boisson énergisante...

Une direction qui aime les entourloupes

Il existe une autre règle ancestrale dans le football allemand : un seul et même actionnaire n’est pas autorisé à détenir plus de 49% du capital d’un club, les 51 restants devant revenir aux supporters. C’est pourquoi plusieurs membres du conseil de surveillance du RB Leipzig se sont emparés d’une (très) grosse partie desdits 51%, en se présentant comme des supporters. Ni vus, ni connus. Ou presque.

Un club détesté dans toute l’Allemagne

Ce sont tous ces aspects cumulés qui ont poussé les supporters des autres clubs du pays à prendre en grippe le RB Leipzig. La concrétisation la plus fameuse de ce phénomène est la (vraie) tête de taureau jetée devant le parcage des supporters de Leipzig par ceux de Dresde, en août 2016, durant un match de Coupe d’Allemagne.

Il existe d’autres exemples, principalement à travers des chants et banderoles insultants, voire par des jets de pavés avant les matchs (comme ci-dessous, à Dortmund, en février dernier).

Une page Facebook a même été dédiée à cette cause. Elle se nomme "Deutschland sagt nein zu RB Leipzig" ("l’Allemagne dit non au RB Leipzig"), compte 105.000 abonnés et recueille notamment des dons (!) pour financer les prochaines manifestations de haine. Bien conscients de leur situation, et de leur peu flatteuse réputation de nouveaux riches, les supporters de Leipzig ont désormais l’habitude de tourner la chose en dérision à chaque match, en entonnant le chant suivant : "On est des porcs, on ne paye pas nos places et on boit du champagne au lieu de la bière !"

Un club qui aime bien les Français, mais surtout les jeunes

Comme le Bayern Munich, le RB Leipzig compte trois Français dans son effectif. Mais ils sont plus jeunes et bien moins connus que Franck Ribéry, Kingsley Coman et Corentin Tolisso : Dayot Upamecano (ex-Salzbourg) et Ibrahima Konaté (ex-Sochaux), deux défenseurs de 18 ans, et Jean-Kevin Augustin, attaquant de 20 ans, acheté au PSG contre 13 millions d’euros. Si les Parisiens se sont frotté les mains en encaissant le chèque, ils risquent peut-être de perdre leur sourire quand ils verront combien le même sera revendu... Le club allemand, comme... Monaco, s’est en effet fait une spécialité de l’achat-vente avec forte plus-value, au point de n’acheter aucun joueur de plus de 24 ans. Avec un certain succès : le milieu guinéen Naby Keita (22 ans) rejoindra, à titre d’exemple, Liverpool l’été prochain, pour 70 millions d’euros. Il avait été acheté 15 millions en 2016.

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