Élimination du PSG : au-delà de l'humiliation sportive, un coup dur pour les finances du club

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PERTE SÈCHE - Battu mercredi soir par Manchester United (1-3), le PSG a pris la porte dès les huitièmes de finale de la Ligue des champions. Cette élimination va peser à moyen ou long terme dans les comptes du club parisien, qui attendait beaucoup du parcours en Coupe d'Europe pour rester dans les clous du fair-play financier.

Le PSG touché au portefeuille. Au-delà de l'humiliation - jamais dans l'histoire de la Ligue des champions une équipe qui l'avait emporté 0-2 à l'extérieur au match aller ne s'était fait éliminer au retour - et des conséquences sportives désastreuses, l'élimination du PSG par Manchester United (0-2, 1-3) porte un sérieux coup aux finances parisiennes. En quittant prématurément la scène européenne, les champions de France ont notamment fait une croix sur un chèque de 10,5 millions d'euros promis par l'UEFA à tous les quarts de finalistes ainsi que sur les revenus liés à la billetterie du Parc des Princes, potentiellement conséquents (environ une dizaine de millions d'euros) dans le cas d'une rencontre jouée à guichets fermés.


À court terme, en dépit de cette élimination surprise et cruelle, Paris reste pourtant assuré d'empocher au minimum 80 millions d'euros. Une belle enveloppe, en hausse par rapport à la saison passée (62 millions d'euros) grâce à un nouveau système de répartition des gains. Ainsi, aux 15,25 millions d'euros alloués aux équipes qualifiées pour la phase de groupe de la Ligue des champions, il faut ajouter les primes de résultat (quatre victoires et deux nuls, soit 12,6 millions d'euros) et la prime de qualification pour les huitièmes de finale (9,5 millions d'euros). 

Le club de la capitale bénéficie aussi d'un bonus lié à ses performances européennes sur les dix dernières saisons. Chelsea et Arsenal, les deux équipes qui le précédent dans ce classement établi par l'UEFA n'étant pas qualifiées pour la C1, le PSG passe de la 11e à la 9e place et encaisse 26,6 millions d'euros. Le club parisien va en outre toucher les revenus liés aux droits télévisuels calculés à l'issue de la compétition (environ 20 millions d'euros).

Des joueurs vendus d'ici le 30 juin

À moyen ou long terme en revanche, la perte sèche que représente l'élimination en huitièmes de finale s'avère plus préjudiciable, en sachant que les dirigeants franciliens cherchent par tous les moyens à rester dans les clous du fair-play financier. Le PSG est toujours sous le coup d'une enquête de l'UEFA rouverte en septembre 2018 dans le cadre du FPF. Le Tribunal arbitral du sport (TAS), saisi, doit rendre son jugement dans les jours à venir. Il devrait vraisemblablement donner raison au club de la capitale mais, en attendant cette décision soit officielle, Paris se voit dans l'obligation d'assurer ses arrières, l'instance européenne l'ayant à l'œil.

D'autant que les projections financières réalisées sur la base d'une qualification en quarts, l'objectif affiché, et les recettes, celles issues du sponsoring en particulier, vont devoir être revues à la baisse. En somme, le PSG va devoir trouver des liquidités pour contourner la règle adoptée par l'UEFA en mai 2010 visant à empêcher les clubs à dépenser plus que ce qu'ils ne gagnent. 


Pour compenser la perte du juteux contrat de sponsoring avec Qatar Tourism Authority (QTA), l'office du tourisme du Qatar, dont l'instance européenne a refusé le renouvellement, la direction parisienne espérait atteindre au moins les quarts de finale de la C1. En effet, le contrat de sponsoring signé avec Accor Hotels (environ 60 millions d'euros par an, plus de deux fois que ce que verse Fly Emirates, l'actuel sponsor maillot) et le partenariat noué avec la marque Jordan, qui a boosté ses recettes commerciales avec près d'un million de maillots écoulés, ne permettront pas de renflouer les caisses comme attendu. 

Après avoir multiplié les partenariats en tout genre (Lovebet, Hubside, MSC Croisières) ces dernières semaines, le PSG pensait pouvoir dans un avenir proche renégocier son deal avec Nike. Les Parisiens perçoivent actuellement 25 millions d'euros de la part de l'équipementier américain. Ils aimeraient faire doubler, voire tripler, ces revenus pour se rapprocher des plus grosses écuries européennes sous pavillon américain telles que Chelsea (68 millions d'euros) et Barcelone (105 millions d'euros). Sauf qu'avec la nouvelle déroute en Coupe d'Europe, Paris ne semble plus en position de force pour négocier le contrat à la hausse.


Obligé de compenser les pertes (145 millions d'euros, le contrat perdu avec QTA) pour respecter les règles du fair-play financier et financer ses futurs achats sur le marché des transferts, le club de la capitale va être contraint de se tourner vers la vente de ses joueurs d'ici au 30 juin 2019. Une situation à laquelle sont habitués les dirigeants parisiens. Il y a moins d'un an, le PSG avait dû céder en urgence pour 60 millions d'euros, ce qu'il avait réussi à faire en envoyant Yuri Berchiche à l'Athletic Bilbao et Javier Pastore à l'AS Rome. Bis repetita l'été prochain, avec sans doute cette fois-ci la vente d'un joueur à forte valeur marchande. 

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