PSG-Manchester United : fallait-il siffler penalty sur la main de Kimpembe ?

Football

INTERPRÉTATION - Renversé mercredi soir par Manchester United (1-3), le PSG est la première victime de l'arbitrage vidéo en Ligue des champions. Les Parisiens ont concédé le but de l'élimination sur un penalty décisif accordé aux Red Devils par l'arbitre Damir Skomina après visionnage du VAR suite à une main de Kimpembe.

Penalty ou pas penalty ? Mercredi soir, on joue la 90e minute du huitième finale retour entre le PSG et Manchester United. Paris, mené 2-1, tient sa qualification. À 20 mètres, la frappe de Diogo Dalot est détournée en corner du bras par Presnel Kimpembe. Chong s'apprête à tirer le corner lorsque Damir Skomina, l'arbitre, dessine un rectangle avec ses doigts après avoir été appelé par l'arbitre vidéo. L'incompréhension s'empare du Parc des Princes en quelques secondes. Le Slovène se rend sur le bord de la touche pour visionner l'action au ralenti. Après le recours au VAR, il désigne le point de penalty à la stupeur générale. Dans la minute, Marcus Rashford transforme la sentence (90e+4, 1-3) et plonge le PSG en plein cauchemar. 

Dès le coup de sifflet final, Neymar dégaine son smartphone et s'en prend à l'arbitrage vidéo. "C'est une honte ! Vous mettez quatre mecs qui pigent rien au foot et qui regardent des ralentis sur une télé. Ce n'est pas possible ! Comment voulez-vous que Kimpembe mette ses mains dans le dos ? Allez vous fair f....e", s'emporte, furieux, le Brésilien, qui a suivi des tribunes du Parc des Princes puis sur le bord du terrain en fin de match l'élimination surprise de son équipe. "C'est si facile de prendre une telle décision contre le PSG. C'est plus difficile contre d'autres clubs", fustige dans la foulée le président Nasser al-Khelaïfi sur RMC Sport.

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Que dit la loi 12 du règlement ?

Mais alors Dario Skomina a-t-il eu tort de siffler penalty ? Au lendemain du nouvel échec du PSG, la troisième de suite en huitièmes de finale de la Ligue des champions, la décision de l'arbitre slovène prête à débat. Selon le règlement de la Fifa, la loi 12 sur les "fautes et incorrections" indique que "toucher le ballon de la main implique un geste délibéré de la part du joueur pour toucher le ballon de la main ou du bras". Autrement dit, une condition d'intentionnalité. Mais cette règle du jeu, plus complexe qu'il n'y paraît, laisse aussi une grande place à l'interprétation de l'arbitre. Il est ainsi invité "à tenir compte du mouvement de la main vers le ballon, de la distance entre l'adversaire et le ballon (et) de la position de la main."

À la vue des ralentis, la décision de Damir Skomina semble sévère comme l'ont noté plusieurs observateurs du football. Mark Clattenburg, arbitre anglais qui a officié lors des finales de C1 et de l'Euro 2016, a ainsi assuré au Daily Mail qu'il n'aurait pas pas sifflé "puisque Presnel Kimpembe ne voulait pas toucher le ballon délibérément avec la main." Selon lui, son collègue "a fait appel au VAR (...) et aurait pu ne pas siffler (le penalty car) le joueur était tourné et a essayé de retirer son bras." Au moment de sauter pour détourner la frappe de Dalot, le ballon touche d'abord la cuisse du défenseur parisien avant de venir taper son avant-bras.

Un argument qui n'a pas visiblement pas été retenu par le Slovène lors de sa prise de décision. Ce dernier a considéré, après avoir consulté la vidéo, qu'en se retournant, Kimpembe a agrandi sa surface d'opposition avec un geste qui n'était pas naturel. "La règle précise aussi que lorsqu'un joueur écarte les bras, augmente ainsi sa surface corporelle pour tenter d'intercepter le ballon, c'est aussi sanctionnable, c'est ce cas de figure qui à mon avis a été retenu par l'arbitre", a expliqué Bruno Derrien, ancien arbitre international, interrogé par RTL. Une notion totalement absente des textes officiels mais bien inscrite dans l'esprit des arbitres. Subtil. 

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