Ligue des champions : le PSG à un match de voir son rêve "en grand"

Célébration Di Maria lors de PSG-OL. Le club parisien n'est plus qu'à une marche de devenir "plus grand".

Photo prise le 9 février 2020
Football

HISTOIRE - Paris est en finale ! Solide vainqueur de Leipzig (3-0), le Paris Saint-Germain va disputer ce dimanche la première finale de Ligue des champions de son histoire. La consécration d'un projet qui, avant d'en arriver là, aura connu maints obstacles et d'importantes déceptions.

"Toutes les conditions sont réunies pour faire quelque chose de grand". A la veille du "Final 8" à Lisbonne, Luis Fernandez exprimait son espoir de voir le PSG passer enfin un cap en Ligue des champions. Mettant en avant la qualité de l'effectif et le format particulier de la compétition, l'ancien joueur et entraîneur parisien se montrait particulièrement confiant. Et il a vu juste quand bien même le passé récent du Paris Saint-Germain n'incitait pas à l'optimisme. 

Parfois décevant. Souvent frustrant. Raillé pour ses échecs. Sur la scène continentale, le Paris Saint-Germain en a fait voir de toutes les couleurs à ses supporters depuis le début de l'ère qatarie. Incapable de franchir les quarts de finale de Ligue des champions, le club a même parfois semblé véritablement maudit : blessés, défaillances mentales, malchance, décisions arbitrales défavorables, rien ne lui a été épargné. Retour sur toutes ces années européennes du projet QSI, entre vains succès et amères déceptions. 

Le temps de l'apprentissage

La Ligue des champions a d'abord été synonyme d'apprentissage pour le Paris Saint-Germain. Lors de son arrivée en 2011, Qatar Sport Investments (QSI) ne cache pas son ambition pour le club : gagner la plus prestigieuse des compétitions de clubs. Longtemps privée d'une participation à la compétition reine durant les années 2000, l'équipe parisienne montre rapidement les crocs. En 2012-2013, pour sa première participation de l'ère qatarie, le PSG de Carlo Ancelotti impressionne. Après une phase de groupe rondement menée, il se qualifie pour les quarts de finale en écartant Valence (3-2 score cumulé). Opposés au FC Barcelone pour une place dans le dernier carré, les Parisiens ne déméritent pas et ne sortent de la compétition qu'à cause de la règle du but à l'extérieur (3-3 score cumulé). 

Par la suite, le club de la capitale va faire preuve d'une régularité remarquable pour un néophyte à ce niveau de la compétition en alignant trois nouveaux quarts de finale en autant de saisons. Les scénarios à ce stade de la compétition vont, eux aussi, se ressembler. En 2014, les coéquipiers de Zlatan Ibrahimovic passent tout près de la qualification, ne cédant que sur un but de Demba Ba à la 87e minute contre Chelsea (3-1, 0-2). Ils sortent, encore une fois, à la merci de la règle du but à l’extérieur. Continuant de rafler les trophées en France, le PSG prend sa revanche sur le club londonien dès la saison suivante. Dans un match épique, il réussit à arracher sa qualification pour les quarts malgré une expulsion prématurée du "Z". Mais cette année-là, la bête noire barcelonaise est trop forte. Les Catalans s'imposent à deux reprises (2-0, 3-1) et mettent encore fin au rêve de toute une ville.  

La dure loi de la Ligue des champions

Lors de la saison 2015-2016, l'histoire européenne du PSG version QSI prend un nouveau tournant. Convaincants en début de compétition et solide face à Chelsea (4-2 au cumulé) en huitièmes, les hommes de Laurent Blanc mordent encore une fois la poussière aux portes du "Final 4". Cette fois, un Manchester City, pourtant loin d'être étincelant, se place en travers de leurs routes. Un coup tactique manqué et une absence de révolte dans le jeu plus tard, les Parisiens s'inclinent au match retour (1-0) et laissent encore passer leur chance. Des regrets qui vont se multiplier au fil des saisons suivantes durant lesquelles ils ne parviendront plus à rejoindre les quarts de finale. 

Traumatisme et malédiction

Animés par de nouvelles idées avec l'arrivée d'Unaï Emery, les Parisiens retentent leur chance la saison suivante. Pas souverains lors des poules, ils se voient confrontés au FC Barcelone dès les huitièmes de finale. Un véritable défi doublé d'une possibilité de revanche. Survoltés et étouffants, le PSG corrige les Catalans (4-0). Un match référence qui doit ouvrir en grand les portes de la qualification... C'est du moins ce qu'on croyait. 

Lors du retour au Camp Nou, les Parisiens se noient. Agressés d'entrée, ils encaissent un but dès les premières minutes puis un second avant la mi-temps. Les Barcelonais continuent de pousser. Messi triple la mise dès le retour des vestiaires pour permettre aux siens d'envisager une "remontada" historique. Des ambitions que tout le monde pensent douchées lors de la réalisation de Cavani à l'heure de jeu. Qu'à cela ne tienne, les Parisiens vont véritablement s'écrouler dans les dernières minutes, encaissant trois nouveaux buts qui finiront de sceller leur destin. "J’ai connu des déceptions mais rien de comparable à ce match" dira Zoumana Camara ce soir-là. 6-1, une claque doublée d'un traumatisme. Une malédiction, certains crieront même à l'injustice à cause d'un arbitrage "pro-Barça", qui va hanter le club lors des deux éditions suivantes.

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L'année d'après, le Paris Saint-Germain sort par la petite porte dès les huitièmes, écarté par un Real Madrid pas souverain, malgré un recrutement pléthorique. Surtout, un soir de mars 2019, les joueurs de la capitale succombent à leurs démons. Placés dans une situation favorable après une victoire convaincante à Old Trafford (0-2), ils craquent totalement face à une équipe remaniée de Manchester United. Un penalty dans les ultimes instants les enterre (1-3). Thomas Tuchel confie : "c'était impossible de perdre et on a perdu". Les moqueries se multiplient, les critiques affluent. Le projet PSG semble avoir du plomb dans l'aile.

Et enfin, la délivrance...

Après tant de traumatismes, les supporters parisiens voient finalement la lumière cette saison. Le PSG finit en tête de sa poule, invaincu, et bénéficie d'un tirage relativement favorable avec le Borussia Dortmund. Malgré une courte défaite à l'aller (2-1), les Parisiens réussissent une solide performance dans un Parc des Princes, pourtant à huis-clos (2-0). Le verrou semble avoir sauté, Paris fait son retour parmi les huit meilleures équipes européennes.

Cette nouvelle résilience trouve un écho tout particulier lors du match face à l'Atalanta Bergame. Pas favoris, des blessures de joueurs clés, une équipe joueuse et sans complexe en face. Tout était réuni pour que le PSG se prenne une nouvelle fois les pieds dans le tapis. Longtemps mené 1-0, il a pourtant su réagir au meilleur des moments en inscrivant deux buts dans le "money time". Eric-Maxim Choupo-Moting le héros. Le PSG enfin délivré, comme un symbole le soir de ses 50 ans.

En demi-finale, pas de frayeur pour le Paris Saint-Germain. Les joueurs de la capitale, supérieurs dans tous les compartiments du jeu, ont écarté sans ménagement le surprenant RB Leipzig (3-0). Étouffants et haut sur le terrain, les joueurs de Thomas Tuchel n'ont jamais laissé respirer leur adversaire. En pleine confiance, les Parisiens ont démontré leur supériorité technique pour museler la jeune équipe allemande. Après l'ouverture du score rapide (Marquinhos, 21'), les coéquipiers d'un Di Maria étincelant font le break juste avant la pause. Malgré une timide rébellion, les Allemands ne reviendront jamais dans la rencontre. Ils encaisseront même un troisième but (Bernat, 56'), enterrant définitivement leurs ambitions. Particulièrement sérieux et solide, le PSG se hisse donc sur la dernière marche à la poursuite de son histoire. Ira t'il jusqu'au bout de son ambition européenne ? 

Toute l'info sur

Le "Final 8" de la Ligue des champions

L'équipe qui a longtemps représenté la "loose" sur la scène européenne (ne pas oublier la remontée de La Corogne 4-3 en 2001) n'est plus. Place à celle qui veux rêver "plus grand". Celle qui peut rêver plus grand. Celle qui doit rêver plus grand. Le plafond brisé, direction les étoiles ?  

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